Jamal Khashoggi est un journaliste saoudien, né à Médine en 1958, ancien rédacteur en chef du quotidien Al Watan puis chroniqueur du Washington Post depuis son exil aux États-Unis, assassiné le 2 octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.
Jamal Ahmad Khashoggi naît à Médine le 13 octobre 1958 dans une famille d'origine turque. Son grand-père, Muhammad Khashoggi, était le médecin personnel du roi Abdelaziz ibn Saoud, fondateur du royaume. Son oncle Adnan Khashoggi était marchand d'armes et Dodi Al-Fayed est son cousin germain. Après le lycée à Médine, il obtient un diplôme de l'Indiana State University en 1982. Il débute comme correspondant du Saudi Gazette, écrit de 1987 à 1990 pour Asharq Al-Awsat et Arab News, puis devient de 1990 à 1999 correspondant à l'étranger d'Al-Hayat. Il couvre la guerre d'Afghanistan, la guerre du Golfe de 1990-1991, l'Algérie et le Soudan, et interviewe à plusieurs reprises Oussama ben Laden. En 1999, il devient rédacteur en chef adjoint d'Arab News, quotidien anglophone d'Arabie saoudite, poste qu'il occupe jusqu'en 2003.
En 2003, Jamal Khashoggi prend la direction du quotidien Al Watan, mais il est limogé en moins de deux mois après des articles critiques envers l'establishment religieux. Il devient alors conseiller média du prince Turki al-Fayçal, ancien chef des renseignements saoudiens et ambassadeur à Londres puis à Washington, jusqu'en 2007, année de son retour à la tête d'Al Watan. Il en est de nouveau écarté en 2010. La même année, le prince Al-Walid ben Talal lui confie la création de la chaîne d'information Al-Arab, lancée depuis Manama le 1er février 2015 et interrompue en moins de onze heures. Fin 2016, il se voit interdire Twitter et sa chronique d'Al-Hayat est supprimée, après avoir mis en garde contre un accueil trop enthousiaste réservé à Donald Trump. Il s'exile aux États-Unis en 2017 et écrit pour le Washington Post, où il critique Mohammed ben Salmane.
Après la disparition de Jamal Khashoggi, l'Arabie saoudite affirme d'abord qu'il a quitté le consulat, puis admet le 20 octobre 2018 sa mort lors d'une rixe, avant de reconnaître une action préméditée. En juin 2019, la rapporteuse spéciale de l'ONU Agnès Callamard conclut à une exécution extrajudiciaire préméditée, dont l'Arabie saoudite est responsable. Un tribunal de Riyad condamne en décembre 2019 cinq hommes à mort ; après le pardon annoncé par ses fils en mai 2020, huit accusés reçoivent en septembre 2020 des peines de sept à vingt ans de prison. Un rapport du renseignement américain publié le 26 février 2021 estime que Mohammed ben Salmane a approuvé l'opération. Washington sanctionne alors Ahmed al-Assiri et la Force d'intervention rapide, et restreint les visas de 76 Saoudiens. Riyad rejette ces conclusions et le prince nie avoir ordonné le meurtre, tout en reconnaissant une responsabilité en tant que dirigeant. En avril 2022, un tribunal d'Istanbul transfère à l'Arabie saoudite le procès par contumace de vingt-six Saoudiens. En décembre 2022, le juge fédéral John Bates rejette la plainte déposée par Hatice Cengiz et l'organisation DAWN, en raison de l'immunité du prince. Le 18 novembre 2025, Donald Trump déclare à la Maison-Blanche que le prince n'était au courant de rien.
1958 : naissance à Médine, le 13 octobre
1982 : diplôme de l'Indiana State University, aux États-Unis
1999 : rédacteur en chef adjoint du quotidien Arab News, jusqu'en 2003
2003 : rédacteur en chef d'Al Watan pendant moins de deux mois, puis conseiller média du prince Turki al-Fayçal jusqu'en 2007
2007 : retour à la direction d'Al Watan, qu'il quitte en 2010
2010 : chargé par le prince Al-Walid ben Talal de créer la chaîne d'information Al-Arab
2015 : lancement d'Al-Arab depuis Manama le 1er février, diffusion interrompue en moins de onze heures
2016 : interdiction de Twitter et suppression de sa chronique dans Al-Hayat
2017 : exil aux États-Unis, première chronique au Washington Post en septembre
2018 : le 2 octobre, disparition après son entrée au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul ; Riyad admet sa mort le 20 octobre
2018 : le 11 décembre, Time l'inclut parmi les journalistes désignés personnalité de l'année
2019 : le 19 juin, rapport de la rapporteuse de l'ONU Agnès Callamard sur une exécution préméditée
2020 : le 7 septembre, verdicts définitifs d'un tribunal de Riyad contre huit accusés
2021 : le 26 février, publication du rapport du renseignement américain sur le rôle de Mohammed ben Salmane
2022 : transfert à l'Arabie saoudite du procès tenu à Istanbul en avril, inauguration de Jamal Khashoggi Way à Washington en juin
Jamal Khashoggi grandit à Médine, au sein d'une famille liée à la monarchie saoudienne. Son grand-père Muhammad Khashoggi était le médecin du roi Abdelaziz ibn Saoud, son oncle Adnan Khashoggi un marchand d'armes impliqué dans l'affaire Iran-Contra, et Dodi Al-Fayed, mort à Paris en 1997, est son cousin germain. Il a quatre enfants, deux fils dont Salah et Abdullah, et deux filles. Salah Khashoggi vit en Arabie saoudite. Installé en Virginie, près de Washington, depuis 2017, Jamal Khashoggi avait acquis avec Hatice Cengiz un appartement à Istanbul, où il prévoyait de vivre une partie de l'année.
Hatice Cengiz, chercheuse turque rencontrée en mai 2018 lors d'une conférence à Istanbul, était sa fiancée à sa mort. Hanan Elatr, ancienne hôtesse de l'air égyptienne, affirme l'avoir épousé lors d'une cérémonie religieuse en Virginie en juin 2018, union que Hatice Cengiz dit avoir ignorée. Parmi ses proches figurent Wadah Khanfar, ancien directeur général d'Al Jazeera, et Fatih Oke, de l'Association des médias turco-arabes. Dans ses chroniques, il a critiqué la guerre au Yémen et défendu la liberté de la presse dans le monde arabe. Il est à l'origine de l'organisation DAWN, qui poursuit son combat pour la démocratie dans la région.
Jamal Khashoggi meurt le 2 octobre 2018 dans le consulat général d'Arabie saoudite à Istanbul, où il s'était rendu pour des formalités de mariage. Le parquet d'Istanbul indique qu'il a été étranglé dès son entrée, puis que son corps a été démembré ; la rapporteuse de l'ONU décrit une injection de sédatif suivie d'une asphyxie. Son corps n'a jamais été retrouvé. Des prières funéraires en son absence ont lieu le 16 novembre 2018 à La Mecque, à Médine, à la mosquée Fatih d'Istanbul et à Londres. Karen Attiah, Fred Ryan et Edward Felsenthal lui rendent hommage au nom du Washington Post et de Time.
Aucune sépulture n'existe, le corps de Jamal Khashoggi n'ayant jamais été retrouvé. Ses fils souhaitaient l'inhumer au cimetière d'Al-Baqi à Médine, auprès de sa famille. À Washington, un tronçon de la New Hampshire Avenue devant l'ambassade d'Arabie saoudite porte depuis le 15 juin 2022 le nom de Jamal Khashoggi Way, décidé par le conseil du district de Columbia.
1 - Avant d'entrer au consulat le 2 octobre 2018, il avait demandé à sa fiancée de prévenir Turan Kislakci, responsable de l'Association des médias turco-arabes, s'il ne ressortait pas du bâtiment.
2 - Le 5 octobre 2018, le Washington Post laisse en blanc l'emplacement de sa chronique du vendredi, avec le titre Une voix qui manque, trois jours après sa disparition et avant toute reconnaissance officielle de sa mort.
3 - Karen Attiah, responsable des pages Global Opinions du Post, reçoit sa dernière chronique de son traducteur le lendemain de sa disparition, la garde en attendant son retour et la publie le 17 octobre 2018.
4 - Le panneau Jamal Khashoggi Way est dévoilé devant l'ambassade saoudite le 15 juin 2022 à 13 h 14, heure à laquelle il était entré au consulat d'Istanbul quatre ans plus tôt.
- Métier(s) : journaliste, rédacteur en chef, chroniqueur, directeur de chaîne d'information
- Résidence principale : Virginie, près de Washington (États-Unis)
- Relations de couple : fiancé de Hatice Cengiz ; Hanan Elatr affirme l'avoir épousé en juin 2018
- Enfants : quatre, deux fils dont Salah et Abdullah, et deux filles
- Distinctions : Time, personnalité de l'année 2018 (collectif de journalistes), à titre posthume
Je peux parler alors que tant d'autres ne le peuvent pas.
— Chronique du Washington Post, septembre 2017 (traduit de l'anglais)
Le monde arabe fait face à sa propre version du rideau de fer.
— Dernière chronique du Washington Post, publiée le 17 octobre 2018 (traduit de l'anglais)
Les gouvernements arabes ont carte blanche pour continuer à museler les médias.
— Dernière chronique du Washington Post, publiée le 17 octobre 2018 (traduit de l'anglais)
Nous souffrons de la pauvreté, de la mauvaise gestion et d'une éducation médiocre.
— Dernière chronique du Washington Post, publiée le 17 octobre 2018 (traduit de l'anglais)