Claude Montana, de son vrai nom Claude Montamat, est un couturier et styliste français né le 29 juin 1947 à Paris, mort le 23 février 2024, dont les silhouettes aux épaules surdimensionnées et tailles de guêpe ont redéfini le prêt-à-porter des années 1980.
Né d'un père d'origine catalane et d'une mère protestante allemande dans un milieu bourgeois parisien, Claude Montana suit sa scolarité au lycée Condorcet à Paris. Après l'obtention de son baccalauréat, il est brièvement figurant à l'Opéra de Paris, puis quitte la France en 1967 pour le Swinging London, attiré par la scène underground britannique. Ses parents, désapprouvant ses choix de vie, rompent définitivement les liens. A Londres, sans permis de travail, il fabrique des bijoux en papier mâché qui attirent l'attention du magazine Vogue britannique. De retour à Paris à la fin des années 1960, il vend des croquis à plusieurs magazines de mode avant de rejoindre Mac Douglas, maison spécialisée dans le cuir, comme assistant du styliste John Voigt. Il y acquiert la maîtrise de la coupe et du travail du cuir qui resteront les marques distinctives de son identité créatrice.
En 1975, Claude Montana organise son premier défilé à Paris avec Danielle Luquet de Saint Germain, transfuge de la maison Yves Saint Laurent. Ses modèles font aussitôt les couvertures des magazines Elle, Vogue et Marie-Claire. Il crée sa propre marque en 1979, assisté de sa soeur cadette Jacqueline, et s'impose dans les années 1980 comme l'une des références du prêt-à-porter français. Ses défilés théâtraux, qualifiés de grands shows par Christian Lacroix, font événement. En 1989, il refuse la proposition de Bernard Arnault de prendre la direction artistique de Christian Dior et rejoint en 1990 la maison Lanvin, qui célèbre son centenaire. Ses collections pour Lanvin lui valent deux Dés d'or consécutifs pour les saisons automne-hiver 1990-1991 et printemps-été 1991, distinction sans précédent dans l'histoire de la haute couture. En redressement judiciaire fin 1997, il cède sa marque, rachetée en 2000 sous le nom Montana Création.
En 2008, Claude Montana est agressé à son domicile parisien par un homme qu'il avait rencontré en boîte de nuit. L'agression lui laisse de graves séquelles. L'agresseur engage ensuite une procédure judiciaire contre Montana, l'accusant de lui avoir transmis l'hépatite B. Ces faits sont documentés par l'AFP et plusieurs sources de presse nationale. Par ailleurs, le suicide de Wallis Franken le 9 mai 1996, sa femme, par défenestration depuis leur appartement de la rue de Lille à Paris, a suscité des déclarations publiques de la famille de la défunte faisant état d'antécédents de violences dans le couple. Les autorités françaises ont conclu à un suicide après autopsie. Aucune poursuite judiciaire n'a été engagée contre Claude Montana dans ce dossier.
1947 : naissance le 29 juin à Paris de Claude Montamat, dit Claude Montana, d'un père d'origine catalane et d'une mère allemande
1963 : figurant dans Don Carlos de Verdi à l'Opéra de Paris
1967 : départ pour Londres, création de bijoux en papier mâché remarqués par le magazine Vogue
1970 : retour à Paris, vente de croquis à des magazines de mode, début comme assistant chez Mac Douglas aux côtés de John Voigt
1975 : premier défilé à Paris avec Danielle Luquet de Saint Germain ; ses modèles font les couvertures d'Elle, Vogue et Marie-Claire
1979 : création de la marque Claude Montana, assisté de sa soeur Jacqueline
1985 : prix Meilleure Collection Femme Eté à Paris
1989 : prix Balenciaga à Madrid ; refus de la direction artistique de Christian Dior proposée par Bernard Arnault
1990 : nomination comme directeur artistique de la maison Lanvin pour son centenaire
1991 : premier Dé d'or pour la collection Lanvin automne-hiver 1990-1991
1992 : deuxième Dé d'or pour la collection Lanvin printemps-été 1991
1993 : mariage avec la mannequin américaine Wallis Franken, le 22 juillet, mairie du 7e arrondissement de Paris
1996 : suicide de Wallis Franken le 9 mai, par défenestration, rue de Lille à Paris
1997 : redressement judiciaire et cession de la marque Claude Montana
2000 : rachat de la maison par Jean-Jacques Layani, renommée Montana Création
2010 : publication de l'ouvrage Montana, coécrit avec la journaliste Marielle Cro
2014 : promotion au grade de commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres par la ministre Aurélie Filipetti
2024 : décès le 23 février à l'hôpital Bretonneau, Paris, à l'âge de 76 ans
Claude Montana naît d'un père d'origine catalane et d'une mère protestante allemande, dans un milieu bourgeois parisien ouvert sur les arts. Sa soeur cadette Jacqueline est la seule de la famille à croire en sa vocation : elle le rejoint comme assistante et l'accompagne pendant des années dans ses projets professionnels. En 1993, Montana épouse la mannequin américaine Wallis Franken, sa muse et amie de longue date. La cérémonie civile se tient à la mairie du 7e arrondissement de Paris, suivie d'une réception à l'Institut du monde arabe en présence de personnalités comme Yves Saint Laurent. Le mariage surprend, Montana n'ayant jamais dissimulé son homosexualité.
Habitué assidu du Palace, la boîte de nuit parisienne des années 1980, Claude Montana fréquente la génération de créateurs dont Thierry Mugler et Karl Lagerfeld. Reconnaissable à son allure d'Easy Rider, blouson de cuir, pantalon et santiags, il entretient une relation passionnelle avec le cuir qui dépasse le cadre professionnel. Son oeuvre est saluée par plusieurs créateurs de la génération suivante : Alexander McQueen lui rend hommage dans ses collections, Dries van Noten présente ses créations en 2014 dans l'exposition Inspirations au musée des arts décoratifs de Paris, et Gareth Pugh réédite en 2019 pour Farfetch onze pièces de cuir de la période 1979-1994.
Claude Montana décède le 23 février 2024 à l'hôpital Bretonneau, dans le 18e arrondissement de Paris, à l'âge de 76 ans. Il souffrait depuis plusieurs années de la maladie d'Alzheimer et était placé sous tutelle au moment de sa mort, dans une grande solitude selon son entourage. Aucune cérémonie publique n'est organisée. La ministre de la Culture Rachida Dati salue dans un communiqué officiel du ministère son audace créatrice et sa vision d'une élégance féminine associée à la force. La cause précise du décès au-delà de la pathologie neurologique n'a pas été rendue publique par la famille. Il est incinéré au crématorium du Père-Lachaise.
Claude Montana est incinéré au crématorium-columbarium du Père-Lachaise à Paris, institution qui accueille les cendres de nombreuses personnalités françaises. Le lieu de dépôt définitif de ses cendres n'a pas fait l'objet d'une communication publique de la part de la famille. Aucun mémorial ou monument officiel à sa mémoire n'a été inauguré dans l'espace public à ce jour.
1 - A 16 ans, Claude Montana se glisse en cachette à l'Opéra Garnier avec sa soeur Jacqueline pour tenir un rôle de figurant dans Don Carlos de Verdi, à l'insu de ses parents bourgeois qui refusaient toute carrière artistique.
2 - A Londres en 1967, sans permis de travail ni revenus, Montana fabrique ses premiers bijoux en papier mâché avec du papier toilette et des strass, vendus sur des marchés, avant d'être repéré par le magazine Vogue britannique.
3 - En 1989, Bernard Arnault lui propose la direction artistique de Christian Dior, pour piloter simultanément haute couture et prêt-à-porter. Montana décline et se tourne vers Lanvin, où il décroche deux Dés d'or consécutifs.
4 - Gareth Pugh déclare en 2019 au sujet de Montana que son influence est immense et réédite pour Farfetch onze pièces de cuir de la période 1979-1994, témoignant de la longévité de l'esthétique Montana auprès des créateurs britanniques.
5 - Reconnaissable à son éternel look Easy Rider, blouson de cuir, pantalon et santiags, Montana qualifiait lui-même sa carrière de succession de très hauts et de très bas, résumant en quelques mots un parcours hors norme.
- Métier(s) : couturier, styliste
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Wallis Franken (épouse, 1993-1996, décédée)
- Enfants : aucun documenté
- Distinctions : Dé d'or 1985 (Meilleure Collection Femme Eté, Paris) ; prix Balenciaga 1989 (Madrid) ; deux Dés d'or 1991 et 1992 (Lanvin) ; commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2014)
« Oui, la mode me manque... terriblement. »
— Gala, 2016
« Une sorte d'aboutissement de ma carrière. »
— Le Monde, février 1992 (à propos de ses Dés d'or chez Lanvin)
« Je suis un vétéran désormais. On m'a oublié. »
— Gala, 2016