Guy Roux, entraîneur de football français né le 18 octobre 1938 à Colmar, a dirigé l'AJ Auxerre pendant 44 ans, menant le club de la cinquième division jusqu'au titre de champion de France en 1996, et détient le record français de 894 matchs dirigés en première division.
Guy Roux naît en Alsace mais grandit à Appoigny, dans l'Yonne, où sa famille se réfugie pendant la Seconde Guerre mondiale. Interne au lycée d'Auxerre dans les années 1950, il joue d'abord pour l'AJ Auxerre comme milieu de terrain entre 1954 et 1957, avant des passages au Stade Poitevin puis à Limoges. En 1961, à 23 ans, il obtient le poste d'entraîneur-joueur de l'AJ Auxerre, alors en division d'honneur. Son service militaire interrompt son mandat de 1962 à 1964. À son retour, il conduit méthodiquement le club vers le sommet du football français : Auxerre monte en Division 3 en 1970, accède au football professionnel en Division 2 en 1974, puis intègre la Division 1 en 1980. Cette progression repose sur une gestion financière rigoureuse et le développement d'un centre de formation, deux leviers qui permettent à Roux de révéler des joueurs comme Éric Cantona et Laurent Blanc avant leur consécration internationale.
Établi en première division, l'AJ Auxerre atteint la finale de la Coupe de France dès 1979, alors que le club évoluait encore en Division 2, puis remporte le titre en 1994, 1996, 2003 et 2005. La saison 1995-1996 constitue l'apogée : Auxerre décroche simultanément le championnat de France et la Coupe, et Roux reçoit le prix UNFP du meilleur entraîneur de Ligue 1. Parmi les autres joueurs formés ou révélés sous sa direction figurent Basile Boli, Alain Goma, Djibril Cissé et Philippe Mexès. En 1993, l'AJA atteint les demi-finales de la Coupe UEFA. En 2000, Roux reçoit le Prix du Président de l'UEFA pour l'ensemble de sa carrière. Il quitte définitivement Auxerre en juin 2005, remplacé par Jacques Santini, après avoir dirigé environ 2 000 matchs toutes compétitions confondues. En 2007, il signe au RC Lens mais démissionne le 25 août, lors d'une défaite 2-1 à Strasbourg, après seulement quatre rencontres de championnat sans victoire.
1938 : Naissance le 18 octobre à Colmar (Haut-Rhin)
1954 : Premières sélections en équipe première de l'AJ Auxerre
1961 : Nommé entraîneur-joueur de l'AJ Auxerre, alors en division d'honneur
1970 : Retraite de joueur ; Auxerre promu en Division 3 nationale
1974 : Auxerre accède au football professionnel (Division 2)
1979 : Finale de la Coupe de France avec Auxerre, alors en Division 2
1980 : Première saison de l'AJ Auxerre en Division 1
1994 : Première Coupe de France remportée
1996 : Champion de France et Coupe de France ; prix UNFP du meilleur entraîneur de Ligue 1
2000 : Prix du Président de l'UEFA ; première retraite sportive
2003 : Troisième Coupe de France remportée
2005 : Quatrième Coupe de France ; départ de l'AJ Auxerre en juin
2007 : Court passage au RC Lens, démission le 25 août après quatre matchs de championnat
2017 : Décès de son épouse Simone Roux
Guy Roux est fils de Marcel Roux, officier de l'armée française fait prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, et d'Alice Lory, décédée en 1963. Après la guerre, la famille s'établit à Appoigny, dans l'Yonne, où l'enfant découvre le football en se glissant aux abords du stade de l'AJ Auxerre. Au début des années 1950, il est interne au lycée d'Auxerre. Il épouse Simone Roux, décédée en 2017, avec qui il a un fils, François, né en 1964. Nommé citoyen d'honneur d'Auxerre, il réside depuis des décennies dans cette ville. En juin 2015, il est hospitalisé au centre hospitalier d'Auxerre pour un problème cardiaque.
Secrétaire général de l'UNECATEF (Union nationale des entraîneurs et cadres techniques du football) de 1977 à 2000, Guy Roux s'investit dans la défense de la profession aux côtés notamment de Georges Boulogne, fondateur de l'association. Il entretient des liens étroits avec certains de ses anciens joueurs, plusieurs d'entre eux décrivant en lui une figure paternelle, relation évoquée dans son autobiographie Entre nous. Amateur de vins de Bourgogne et de Chablis, il cultive un attachement profond à sa région d'adoption. En août 2026, il accorde un long entretien à L'Équipe sur son passage au RC Lens, se déclarant en pleine forme à 87 ans.
1 - En 2007, Guy Roux est simultanément sollicité par Monaco, les Girondins de Bordeaux et le RC Lens. Il confie à Europe 1 avoir préféré Lens, redoutant de ne pas savoir gérer les joueurs brésiliens présents à Bordeaux.
2 - Réputé pour son sens de l'économie, Guy Roux vérifiait personnellement les compteurs d'eau et d'électricité du centre d'entraînement et cadenassait les vélos des joueurs pour éviter tout vol ou dépense superflue du club.
3 - En 1980, avant la première saison en Division 1, Roux renonce à signer l'attaquant international Olivier Rouyer, alors à Nancy, pour affecter cette somme à la construction d'un centre de formation.
4 - Roux avait pour habitude de conduire de nuit à travers l'Europe pour observer des adversaires ou repérer de nouveaux talents, bien avant que les outils vidéo ne démocratisent ce type de recrutement.
5 - Durant les longs trajets en bus vers les matchs à l'extérieur, Guy Roux partageait régulièrement sa passion pour la musique de Léo Ferré avec ses joueurs, dont Éric Cantona.
- Métier(s) : Entraîneur de football, consultant médias
- Résidence principale : Auxerre
- Relations de couple : Simone Roux (épouse, décédée en 2017)
- Enfants : François (né en 1964)
- Distinctions : Champion de France 1996, Coupe de France 1994, 1996, 2003 et 2005, Prix du Président de l'UEFA 2000, prix UNFP du meilleur entraîneur de Ligue 1 1996
J'y suis allé à reculons.
— Europe 1, émission Face aux auditeurs (sur son passage au RC Lens en 2007)
Je ne regrette pas (le choix de Lens), je regrette de ne pas leur avoir fait plaisir.
— Europe 1, émission Face aux auditeurs
Bien sûr que je suis en forme, en pleine forme même. Comment pourrais-je me plaindre ?
— L'Équipe, 19 août 2026
Lens me correspondait plus, ça ressemblait plus à Auxerre. Et puis il y avait des joueurs sud-américains à Bordeaux, du genre qui aiment faire la fête. Je me suis dit que je travaillerais mieux à Lens.
— L'Équipe, 19 août 2026