Cette année marque le 1er anniversaire de sa disparition.
Jack DeJohnette, batteur, pianiste et compositeur américain né le 9 août 1942 à Chicago, est décédé le 26 octobre 2025 à Kingston (New York) d'une insuffisance cardiaque. Batteur de Miles Davis sur Bitches Brew (1970) et du trio de Keith Jarrett pendant trente ans.
Jack DeJohnette grandit dans le South Side de Chicago, élevé principalement par sa grand-mère maternelle Rosalie Anne Wood. Doté d'une oreille absolue, il commence le piano à quatre ans auprès d'Antoinette Rich, directrice d'un orchestre symphonique exclusivement féminin, puis se tourne vers la batterie à treize ans, formé par Bobby Miller Jr., batteur de jazz du voisinage. Il approfondit sa formation pianistique au Chicago Conservatory of Music. Diplômé du Chicago Vocational School en 1961, il participe à la scène avant-gardiste de Chicago en collaboration avec Muhal Richard Abrams et Roscoe Mitchell, au sein de l'Association for the Advancement of Creative Musicians (AACM, fondée en 1965). Il joue également avec l'Arkestra de Sun Ra. Un épisode symbolique marque ses débuts : alors qu'Elvin Jones, batteur du quintet de John Coltrane, est en retard pour le dernier set d'une résidence en club, DeJohnette le remplace pour trois morceaux.
En 1966, DeJohnette s'installe à New York. Il intègre le Charles Lloyd Quartet, où il rencontre le pianiste Keith Jarrett. En 1968, il rejoint le trio de Bill Evans pour le Montreux Jazz Festival (album Bill Evans at the Montreux Jazz Festival). Une session avec Stan Getz ouvre la voie aux premiers enregistrements avec Miles Davis. En 1969, il remplace Tony Williams dans le groupe live de Davis, aux côtés de Wayne Shorter, Chick Corea et Dave Holland (Lost Quintet), participant aux sessions de Bitches Brew (1969-1970), Live-Evil (1971) et On the Corner (1972). Sous contrat avec ECM dès le milieu des années 1970, il fonde Directions, New Directions et Special Edition (1979, avec David Murray et Arthur Blythe), puis rejoint en 1983 le Standards Trio de Keith Jarrett et Gary Peacock. Il enregistre en parallèle plus de 35 albums en tant que leader, dont Sound Travels (2012) et Skyline (2021, avec Ron Carter et Gonzalo Rubalcaba).
1942 : Naissance le 9 août à Chicago (Illinois).
1961 : Diplômé du Chicago Vocational School ; actif sur la scène jazz de Chicago.
1965 : Participe aux activités fondatrices de l'AACM avec Muhal Richard Abrams et Roscoe Mitchell.
1966 : Installation à New York ; intègre le Charles Lloyd Quartet.
1968 : Montreux Jazz Festival avec le trio de Bill Evans ; publication de The DeJohnette Complex, premier album en tant que leader.
1969 : Remplace Tony Williams dans le groupe live de Miles Davis ; sessions de Bitches Brew.
1972 : Quitte le groupe de Davis ; fonde Compost.
1979 : Lancement de Special Edition (ECM), avec David Murray et Arthur Blythe.
1983 : Formation du Standards Trio avec Keith Jarrett et Gary Peacock.
1990 : Doctorat honorifique du Berklee College of Music.
2007 : Intégration au Modern Drummer Hall of Fame.
2009 : Grammy Award (Best New Age Album) pour Peace Time.
2012 : NEA Jazz Masters Fellowship.
2022 : Grammy Award (Best Jazz Instrumental Album) pour Skyline, avec Ron Carter et Gonzalo Rubalcaba.
2025 : Décès le 26 octobre à Kingston (New York) d'une insuffisance cardiaque congestive.
Jack DeJohnette est le fils de Jack DeJohnette Sr. (1911-2011), ouvrier, et d'Eva Jeanette DeJohnette (née Wood, 1918-1984). Ses parents ayant quitté Chicago pour la Californie, il est élevé par sa grand-mère maternelle Rosalie Anne Wood dans le South Side. Son oncle Roy Wood Sr. (1915-1995), disc-jockey de jazz à Chicago et vice-président co-fondateur du National Black Network, est à l'origine de sa passion pour le jazz. Un premier mariage avec Deatra Davenport se termine par un divorce. Il épouse ensuite Lydia Herman DeJohnette, avec qui il vit cinquante-sept ans. Ensemble, ils ont deux filles, Farah et Minya DeJohnette.
Installé depuis le milieu des années 1970 dans la région de Woodstock (vallée de l'Hudson, New York), DeJohnette développe des liens durables avec des musiciens tels que Herbie Hancock, Pat Metheny et Bill Frisell. Il explore les traditions spirituelles amérindiennes, ce que reflète l'album Music for the Fifth World (1992), enregistré avec Vernon Reid et John Scofield. DeJohnette déclare publiquement porter une ascendance amérindienne, notamment séminole et crow. Il développe une ligne de cymbales portant son nom en partenariat avec la marque Sabian, et donne des concerts de piano solo, notamment au Woodstock Playhouse en 2024.
Jack DeJohnette décède le 26 octobre 2025 à la HealthAlliance Hospital de Kingston (New York) d'une insuffisance cardiaque congestive, entouré de son épouse Lydia, de sa famille et de ses proches. Sa mort est confirmée par son assistante Joan Clancy, qui transmet l'annonce à l'Associated Press, et par son label ECM. The Guardian publie un hommage signé du journaliste Philip Clark ; le New York Times consacre une nécrologie au compositeur-batteur, rédigée par Hank Shteamer. Un concert commémoratif, "Celebrating Jack DeJohnette : Sound Travels", est programmé le 9 août 2026 à l'Ulster Performing Arts Center de Kingston, au profit de Family of Woodstock et de The Table at Woodstock.
Jack DeJohnette résidait depuis le milieu des années 1970 dans la région de Woodstock, dans la vallée de l'Hudson (État de New York), où il est décédé à la HealthAlliance Hospital de Kingston. Aucune information sur son lieu d'inhumation n'a été rendue publique par sa famille. Un concert commémoratif est organisé le 9 août 2026 à l'Ulster Performing Arts Center de Kingston.
1 - La mère de Jack DeJohnette, Eva Jeanette Wood, était compositrice. DeJohnette déclare lors d'un entretien pour la NEA en 2012 qu'elle avait vendu le standard de jazz Stormy Monday au guitariste T-Bone Walker pour 50 dollars.
2 - À ses débuts à Chicago, DeJohnette s'imposait un entraînement quotidien de six heures réparties entre batterie et piano, trois heures chacun. Cet équilibre, attesté par l'obituaire du Times (novembre 2025), lui permit de maintenir une double maîtrise instrumentale tout au long de sa carrière.
3 - Arrivé à New York en 1966, DeJohnette transportait sa batterie Gretsch sans protection dans la soute d'un autocar, avec 27 dollars en poche. Cet épisode, relaté lors du podcast NEA Art Works en 2012, illustre ses débuts dans la ville.
4 - Une tendinite oblige DeJohnette à modifier sa technique de frappe : il abandonne la prise traditionnelle au profit de la prise appariée (matched grip). Ce changement, documenté par la revue Modern Drummer en mai 2004, ne modifie pas la reconnaissance de son style.
5 - Pour les sessions de Bitches Brew (août 1969), Miles Davis recrute quatre batteurs : outre DeJohnette, Billy Cobham, Don Alias et Lenny White participent aux séances. DeJohnette est cependant désigné par Davis comme le responsable de la section rythmique.
- Métier(s) : Batteur, pianiste, compositeur
- Résidence principale : Woodstock (État de New York)
- Relations de couple : Deatra Davenport (premier mariage, divorce) ; Lydia Herman DeJohnette (second mariage, 57 ans)
- Enfants : Farah DeJohnette, Minya DeJohnette
- Distinctions : Grammy Award Best New Age Album 2009 (Peace Time) ; Grammy Award Best Jazz Instrumental Album 2022 (Skyline) ; NEA Jazz Masters Fellowship 2012 ; Modern Drummer Hall of Fame 2007 ; Doctorat honorifique du Berklee College of Music 1990
Elle l'a vendu à T-Bone Walker pour 50 dollars.
— Entretien avec Jo Reed pour la NEA, programme Art Works, 2012 (sur la composition Stormy Monday attribuée à sa mère, traduit de l'anglais)
La batterie est un instrument percussif et musical. On l'accorde. Je pense donc à mon instrument de façon orchestrale.
— Entretien pour la NEA, podcast Art Works, 2012 (traduit de l'anglais)
Le meilleur don que j'ai, c'est la capacité d'écouter. Pas seulement écouter de façon auditive, mais aussi écouter avec mon coeur.
— Profil vidéo pour l'intronisation NEA Jazz Master, 2012 (traduit de l'anglais)
J'ai écouté de l'opéra, de la musique country, du rhythm and blues, du swing, du jazz, de tout. Pour moi, c'était toute la musique, et tout était formidable. J'ai gardé cette vision intégrée de la musique, tous styles confondus.
— Site officiel jackdejohnette.com, cité dans Associated Press, octobre 2025 (traduit de l'anglais)
Miles était dans une humeur créative, un processus consistant à aller au studio chaque jour pour expérimenter avec des grooves. Des jours et des jours de cela. Nous n'avons jamais pensé à l'importance que prendraient ces disques ; on savait juste que c'était important parce que Miles était là et avançait vers quelque chose de différent.
— Interview Associated Press, octobre 2025 (traduit de l'anglais)