Jirōemon Kimura, né Kinjirō Miyake, est un supercentenaire japonais ayant détenu le titre de doyen de l'humanité. Reconnu par le Guinness World Records, il demeure à ce jour l'homme ayant vécu le plus longtemps dans l'histoire documentée, atteignant l'âge de 116 ans et 54 jours. Son parcours, marqué par une sobriété exemplaire et une carrière de postier, incarne la longévité exceptionnelle de la région de Kyōtango.
Né dans une famille d'agriculteurs de la préfecture de Kyoto, il commence sa vie professionnelle sous l'ère Meiji. En 1914, il intègre les services postaux japonais, une institution au sein de laquelle il officie pendant quarante-cinq ans. Son travail l'amène notamment à servir en Corée durant les années 1920, alors sous administration japonaise. À son retour, il change son patronyme de Miyake pour celui de Kimura après son mariage, intégrant ainsi la lignée de son épouse qui n'avait pas d'héritier mâle.
Après sa retraite administrative en 1959, il ne cesse pas toute activité et se consacre à l'agriculture jusqu'à l'âge de 90 ans. Il aide son fils dans l'exploitation familiale, cultivant principalement du riz et des légumes. Sa longévité exceptionnelle attire l'attention des chercheurs internationaux au début des années 2010. Il attribue sa santé à une discipline stricte, notamment la règle du hara hachi bun me, consistant à ne manger que jusqu'à 80 % de sa satiété.
Jirōemon Kimura a partagé sa vie avec Yae Kimura, décédée en 1978. Le couple a eu sept enfants, dont cinq lui ont survécu. Sa descendance directe comptait, au moment de son décès, 14 petits-enfants, 25 arrière-petits-enfants et 15 arrière-arrière-petits-enfants. Il vivait dans sa maison de Kyōtango avec la veuve de son fils aîné et son petit-fils. Homme de rituels, il commençait ses journées en lisant les journaux avec une loupe et en suivant les débats parlementaires à la télévision, maintenant une acuité intellectuelle constante.
Bien qu'il n'ait pas eu d'engagements politiques officiels, il est devenu un ambassadeur informel de la ville de Kyōtango, célèbre pour sa concentration de centenaires. Il participait volontiers aux études gérontologiques, partageant ses principes de vie basés sur la modération alimentaire, l'absence de tabagisme et une consommation très limitée d'alcool. Son attitude sereine face au temps qui passe et son sens de la gratitude, exprimé par son expression favorite "merci beaucoup", ont marqué les délégations internationales venues le rencontrer.
Jirōemon Kimura s'éteint à l'âge de 116 ans le 12 juin 2013. Il meurt de causes naturelles dans un hôpital de Kyōtango, où il avait été admis quelques semaines plus tôt pour une pneumonie. Le maire de la ville, Yasushi Nakayama, lui rend hommage en soulignant qu'il était un symbole de fierté pour les citoyens. Ses funérailles se déroulent dans l'intimité familiale conformément aux traditions bouddhistes. À sa mort, le titre de doyen de l'humanité est transmis à l'Américaine Misao Okawa.
La ville de Kyōtango, située dans la préfecture de Kyoto, constitue son ancrage géographique unique. Sa maison familiale, où il a résidé pendant plus d'un siècle, est devenue un lieu d'intérêt pour les médias japonais. Il repose au cimetière local de sa commune de naissance.
Manger léger pour vivre longtemps.
— Interview Guinness World Records, 2012
Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai vécu si longtemps. Peut-être est-ce grâce au soleil au-dessus de moi.
— Déclaration lors de son 115e anniversaire
Manger léger pour vivre longtemps.
— Interview Guinness World Records, 2012
Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai vécu si longtemps. Peut-être est-ce grâce au soleil au-dessus de moi.
— Déclaration lors de son 115e anniversaire