Naissance
Bourg-sur-Gironde, France
Décès
tué par l'ennemi
Nationalité
Astrologie

Biographie

Léo Lagrange, homme politique socialiste français né le 28 novembre 1900 à Bourg-sur-Gironde, est le premier sous-secrétaire d'État à l'organisation des loisirs et des sports de l'histoire de France, artisan des congés payés et du sport de masse sous le Front populaire de Léon Blum. Il meurt au combat le 9 juin 1940 à Évergnicourt.


Parcours

Après des études brillantes au lycée Henri-IV à Paris, Léo Lagrange s'engage volontairement dans l'armée au printemps 1918, à 17 ans, avant d'être démobilisé fin 1919. Il s'inscrit alors à la faculté de droit et à l'Institut d'études politiques de Paris. En 1921, il adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), dirigée par Paul Faure, Jean Longuet et Léon Blum, et intègre le groupe des étudiants socialistes. Reçu au barreau de Paris en 1923, il se spécialise dans la défense des victimes de guerre, notamment les tuberculeux et les gazés. Il rédige une chronique d'actualité judiciaire pour Le Populaire, organe de presse de la SFIO. Battu aux législatives de 1928 dans le XIe arrondissement de Paris, il est élu député socialiste de la première circonscription d'Avesnes-sur-Helpe, dans le Nord, lors des élections de mai 1932, puis réélu en mai 1936. À la Chambre, il est membre de la commission de l'armée et de la commission de la législation civile et criminelle, et se range dans le camp des anti-munichois, soutenant les thèses du colonel Charles de Gaulle sur le réarmement.

Le 4 juin 1936, Léon Blum le nomme sous-secrétaire d'État à l'organisation des loisirs et des sports auprès du ministre de la Santé publique Henri Sellier. C'est la première fois qu'un tel portefeuille est créé en France. En dix-neuf mois, Lagrange conduit une politique de démocratisation sans précédent : il négocie avec les compagnies ferroviaires la création du billet populaire de congés annuels accordant 40 % de réduction, dont 600 000 exemplaires sont vendus dès l'été 1936 et 1,7 million en 1937. Il impulse le développement des auberges de jeunesse, dont le nombre passe de 250 à 400 en un an, crée le Brevet sportif populaire le 1er mars 1937 et lance une politique d'infrastructures sportives dotée de 24 millions de francs en 1936, puis de 39 millions en 1937. Il soutient également les Olympiades populaires de Barcelone, organisées en contrepoint aux Jeux olympiques de Berlin instrumentalisés par le régime nazi, et préside en personne les épreuves qualificatives au stade Pershing à Paris le 4 juillet 1936. Il exerce ses fonctions successivement dans le gouvernement Blum I, le gouvernement Chautemps III, puis le gouvernement Blum II, jusqu'au 10 avril 1938. À la déclaration de guerre, en septembre 1939, bien que non mobilisable en tant que parlementaire, il s'engage volontairement, suit le peloton d'élèves officiers de réserve à Poitiers et en sort sous-lieutenant au 61e régiment d'artillerie.


Repères chronologiques

1900 : naissance le 28 novembre à Bourg-sur-Gironde (Gironde), domicile familial au 17, rue Berthollet à Paris
1905 : entrée en classe enfantine du lycée Henri-IV à Paris
1918 : engagement volontaire dans l'armée, affecté au 32e régiment d'artillerie
1919 : démobilisation ; inscription à la faculté de droit et à l'Institut d'études politiques de Paris
1921 : adhésion à la SFIO
1923 : inscription au barreau de Paris ; prise en charge de la défense des victimes de guerre
1924 : mariage avec Madeleine Weiller le 18 novembre à la mairie de Passy (Paris)
1925 : naissance de son fils Serge, le 16 septembre
1932 : élection comme député socialiste d'Avesnes-sur-Helpe (Nord), le 8 mai
1936 : réélu député le 3 mai ; nommé sous-secrétaire d'État aux loisirs et aux sports le 4 juin par Léon Blum ; billet populaire de congés annuels accordant 40 % de réduction sur le rail
1937 : création du Brevet sportif populaire (1er mars) ; maintien au poste dans le gouvernement Chautemps III à partir du 22 juin
1938 : retour au gouvernement Blum II du 13 mars au 10 avril ; fin de l'exercice ministériel
1939 : engagement volontaire à la déclaration de guerre en septembre, formation d'officier de réserve à Poitiers
1940 : mort au combat le 9 juin à Évergnicourt (Aisne), à 39 ans, d'un éclat d'obus lors d'une mission d'observation


Vie personnelle et engagements

Fils unique de François Lagrange, fonctionnaire du ministère des Colonies et ancien soldat de la mission Marchand, et de Marie Dehors, fille de propriétaires terriens de Bourg-sur-Gironde, Léo Lagrange grandit dans un foyer laïque et républicain à Paris, au 17, rue Berthollet dans le 5e arrondissement. Il obtient ses deux baccalauréats à 16 ans au lycée Henri-IV, où il a notamment pour condisciple le futur romancier Jean Prévost, avec lequel il se liera d'une amitié profonde. En 1922, il rencontre à la faculté de droit Madeleine Weiller, avocate issue d'une famille alsacienne laïque et fille du docteur Louis Weiller, qu'il épouse le 18 novembre 1924 à la mairie de Passy. Madeleine devient l'une des toutes premières avocates de France et partage les engagements politiques de son mari au sein de la SFIO. Leur fils Serge naît le 16 septembre 1925.

Au sein du bouillonnement intellectuel des années 1930, Léo Lagrange fréquente André Malraux et Clara Malraux, avec lesquels il entretient des liens d'amitié durables, ainsi que l'écrivain Jean-Richard Bloch et l'essayiste Jean Guéhenno. Il entretient également des échanges réguliers avec le colonel Charles de Gaulle sur les questions de tactique militaire et de réarmement. Engagé de longue date dans le scoutisme laïc, il préside le Comité laïque des auberges de jeunesse après avoir quitté le sous-secrétariat en 1938. Profondément pacifiste, marqué par son expérience de la Première Guerre mondiale, il reste néanmoins antimunichois et hostile à la montée des fascismes, position qui le conduit à s'engager volontairement en 1939.


Contexte du décès

Le 9 juin 1940, lors de l'offensive allemande sur l'Aisne, Léo Lagrange est tué d'un éclat d'obus à Évergnicourt (Aisne) alors qu'il effectue, avec le sous-officier Jacques Chéron et le capitaine Cherpitel, une mission d'observation destinée à relever les positions des pièces d'artillerie pour détruire une usine occupée par l'ennemi. D'abord inhumé provisoirement sur les lieux, son corps est identifié en janvier 1941 par un officier allemand et un cantonnier local, puis transféré au cimetière d'Avaux. Sa mort est confirmée à sa veuve Madeleine le 17 février 1941. En juin 1945, André Malraux prononce à la salle Pleyel un discours d'hommage. Le commissaire à l'éducation Jean Borotra avait prononcé son éloge officiel au stade Jean-Bouin le 5 octobre 1941. L'État français lui décerne à titre posthume la Croix de guerre avec palme et la croix de chevalier de la Légion d'honneur en 1941. En mai 1944, l'Assemblée consultative provisoire d'Alger lui rend hommage à l'unanimité.


Lieux de mémoire

Léo Lagrange repose au cimetière d'Avaux (Aisne), où sa dépouille a été transférée en 1941, après qu'il fut d'abord inhumé près d'Évergnicourt. Selon le Maitron, ses cendres auraient également été rapatriées à Bourg-sur-Gironde, sa ville de naissance. De nombreux équipements publics portent son nom en France, dont la station de métro Villejuif-Léo Lagrange à Paris et le parc Léo-Lagrange à Reims. La Fédération Léo Lagrange, fondée en 1950, perpétue son action dans le domaine de l'éducation populaire.


Anecdotes

1 - À 16 ans, Léo Lagrange obtient ses deux baccalauréats, puis suit une année d'hypokhâgne au lycée Henri-IV où il est l'élève du philosophe Alain. Parmi ses condisciples figure un jeune boursier taciturne auquel il ne témoigne d'abord que peu de sympathie : le futur romancier Jean Prévost, qui deviendra l'un de ses meilleurs amis et qui lui donnera les traits d'un avocat dans son roman Les Frères Bouquinquant.
2 - Son père, François Lagrange, fonctionnaire du ministère des Colonies, avait séjourné plusieurs années au Soudan comme soldat de la mission Marchand avant de s'élever jusqu'au poste de chef de bureau à la Préfecture de Police de Paris. Titulaire de la Légion d'honneur, il avait publié dans sa jeunesse un recueil de poèmes intitulé Rimes premières.
3 - Lagrange s'oppose publiquement et avec constance au développement du sport professionnel. Le 3 décembre 1937, à la tribune de la Chambre des députés, il déclare : « Je m'opposerai au développement du sport professionnel dans notre pays. Je détiens au Parlement la charge de servir les intérêts de toute la jeunesse française, et non de créer un nouveau spectacle de cirque. »
4 - À son retour du front en novembre 1918, Léo Lagrange refuse de punir des soldats trouvés endormis ou absents à leur poste de garde d'une casemate désaffectée. Cette décision de principe lui vaut la perte de ses galons de brigadier.
5 - Quand sa mort est confirmée en février 1941, les hommages viennent de tous bords, y compris de Charles Maurras, directeur de L'Action française, qui salue dans son journal le 20 février 1941 : « Léo Lagrange, ayant voulu la guerre, l'a faite et bien faite : il y est resté. Nous le saluons. »


Points clés

- Métier(s) : avocat, homme politique (SFIO), député du Nord (1932-1940), sous-secrétaire d'État aux loisirs et aux sports (1936-1938)
- Résidence principale : Paris (5e arrondissement, rue Berthollet)
- Relations de couple : Madeleine Weiller (épouse, mariés le 18 novembre 1924, veuve en juin 1940)
- Enfants : Serge (né le 16 septembre 1925)
- Distinctions : Croix de guerre 1939-1945 avec palme (à titre posthume, 1941), chevalier de la Légion d'honneur (à titre posthume, 1941)


Postérité

376 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

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Autres responsables politiques nés dans les années 1900

Citations

« Nous voulons que l'ouvrier, le paysan et le chômeur trouvent dans le loisir la joie de vivre et le sens de leur dignité. »

— Léo Lagrange, discours de 1937 (cité par Wikisource et sources institutionnelles)

« il ne peut s'agir dans un pays démocratique de caporaliser les distractions et les plaisirs des masses populaires et de transformer la joie habilement distribuée en moyen de ne pas penser. »

— Léo Lagrange, discours, 1936 (cité par Wikipédia FR et sources institutionnelles)

« Notre but simple et humain, est de permettre aux masses de la jeunesse française de trouver dans la pratique des sports, la joie et la santé et de construire une organisation des loisirs telle que les travailleurs puissent trouver une détente et une récompense à leur dur labeur. »

— discours radiodiffusé de Léo Lagrange, 10 juin 1936

« Aussi, de toutes mes forces et quelles que soient les critiques, parfois sévères, dont mon action pourra être l'objet, je m'opposerai au développement du sport professionnel dans notre pays. Je détiens au Parlement la charge de servir les intérêts de toute la jeunesse française, et non de créer un nouveau spectacle de cirque. »

— discours à la tribune de la Chambre des députés, 3 décembre 1937

« Nous voulons que l'ouvrier, le paysan et le chômeur trouvent dans le loisir la joie de vivre et le sens de leur dignité. »

— Léo Lagrange, discours de 1937 (cité par Wikisource et sources institutionnelles)

« il ne peut s'agir dans un pays démocratique de caporaliser les distractions et les plaisirs des masses populaires et de transformer la joie habilement distribuée en moyen de ne pas penser. »

— Léo Lagrange, discours, 1936 (cité par Wikipédia FR et sources institutionnelles)

« Notre but simple et humain, est de permettre aux masses de la jeunesse française de trouver dans la pratique des sports, la joie et la santé et de construire une organisation des loisirs telle que les travailleurs puissent trouver une détente et une récompense à leur dur labeur. »

— discours radiodiffusé de Léo Lagrange, 10 juin 1936

« Aussi, de toutes mes forces et quelles que soient les critiques, parfois sévères, dont mon action pourra être l'objet, je m'opposerai au développement du sport professionnel dans notre pays. Je détiens au Parlement la charge de servir les intérêts de toute la jeunesse française, et non de créer un nouveau spectacle de cirque. »

— discours à la tribune de la Chambre des députés, 3 décembre 1937

Questions autour de Léo Lagrange

Quel était le rôle de Léo Lagrange dans le gouvernement du Front populaire ?
Léo Lagrange a été nommé sous-secrétaire d'État à l'organisation des loisirs et des sports le 4 juin 1936 par Léon Blum. C'est la première fois qu'un tel portefeuille existait en France. Il a exercé ces fonctions dans trois gouvernements successifs jusqu'en avril 1938.
Qu'a accompli Léo Lagrange pour les congés payés ?
Léo Lagrange a négocié avec les compagnies ferroviaires la création d'un billet accordant 40 % de réduction sur les transports, surnommé le "billet Lagrange". Environ 600 000 exemplaires ont été vendus dès l'été 1936, et 1,7 million l'année suivante.
Comment Léo Lagrange est-il mort ?
Léo Lagrange est mort au combat le 9 juin 1940 à Évergnicourt, dans l'Aisne, tué par un éclat d'obus lors d'une mission d'observation d'artillerie pendant la bataille de France. Bien que parlementaire et non mobilisable, il s'était engagé volontairement en 1939.
Qui était Madeleine Weiller, l'épouse de Léo Lagrange ?
Madeleine Weiller était avocate, l'une des toutes premières en France, et militante socialiste à la SFIO. Elle a épousé Léo Lagrange le 18 novembre 1924 et a travaillé à ses côtés au sous-secrétariat d'État. Après la mort de son mari, elle a été élue à l'Assemblée constituante en 1945.
Qu'est-ce que le Brevet sportif populaire créé par Léo Lagrange ?
Le Brevet sportif populaire (BSP) est un examen sportif créé le 1er mars 1937 par Léo Lagrange pour démocratiser la pratique physique auprès des classes populaires. Il visait à mesurer les aptitudes sportives de base et fut rendu obligatoire au certificat d'études.
Qui est né le même jour que Léo Lagrange ?
Jean-Charles de Castelbajac, Pierre Joxe, Joe Dante, James Karen et Karen Gillan sont nés le 28 novembre comme Léo Lagrange.
À quel âge est mort Léo Lagrange ?
Léo Lagrange est mort à 39 ans, le 9 juin 1940.
Qui est mort le même jour que Léo Lagrange ?
Philippe d'Orléans, James Last, Alain Touraine, Néron et Charles Dickens sont morts le 9 juin comme Léo Lagrange.
Quels responsables politiques français sont du signe Sagittaire comme Léo Lagrange ?
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