Donatien Alphonse François de Sade, dit le Marquis de Sade, né le 2 juin 1740 à Paris et mort le 2 décembre 1814 à Charenton-Saint-Maurice, est un aristocrate, romancier et philosophe français dont le nom a donné naissance au terme "sadisme" et dont l'oeuvre, censurée sous tous les régimes, est entrée à la Bibliothèque de la Pléiade en 1990.
Issu d'une des plus anciennes familles nobles de Provence, Donatien de Sade grandit à Paris dans le luxe de l'hôtel de Condé, sa mère Marie-Éléonore de Maillé de Carman étant dame d'honneur de la princesse de Condé. Son père, Jean-Baptiste François Joseph, comte de Sade, capitaine de dragons et diplomate, est absent lors de sa naissance. De quatre à dix ans, l'enfant est confié à son oncle, l'abbé Jacques-François de Sade, au château de Saumane dans le Vaucluse, avant d'intégrer le collège jésuite Louis-le-Grand à Paris. À quatorze ans, il est reçu à l'école des chevau-légers de la garde royale. Il participe à la guerre de Sept Ans à partir de 1756 et achève sa carrière militaire en 1763 avec le grade de commandant, au terme du traité de Paris. Cette même année, il épouse Renée-Pélagie Cordier de Montreuil, fille d'une famille de noblesse de robe, à l'église Saint-Roch de Paris. Le mariage, arrangé pour renflouer des finances obérées, lui apporte une dot de 300 000 livres, mais dès octobre 1763 un premier scandale de moeurs lui vaut un bref séjour au donjon de Vincennes.
Les décennies suivantes sont ponctuées de scandales judiciaires, de fuites à l'étranger et d'incarcérations. En 1768, l'affaire Rose Keller, une veuve séquestrée et flagellée le dimanche de Pâques dans un pavillon d'Arcueil, lui vaut six mois de prison. En juin 1772, lors de l'affaire de Marseille, il fait ingérer à des prostituées des pastilles de cantharide présentées comme des bonbons aphrodisiaques. L'une d'elles, Marguerite Coste, se croyant empoisonnée, porte plainte. Le parlement d'Aix le condamne à mort par contumace le 12 septembre 1772. Il fuit en Italie avec son valet Latour et sa belle-soeur Anne-Prospère de Launay, est brièvement arrêté à Chambéry sur ordre du roi de Sardaigne, s'évade, et rentre en Provence. En 1778, après que sa femme et sa belle-mère Marie-Madeleine de Plissay de Montreuil ont obtenu la révision du procès devant le parlement d'Aix, la condamnation est commuée en une amende de 50 livres et une interdiction de résidence à Marseille. Mais Sade est maintenu en détention par lettre de cachet, à Vincennes puis à la Bastille, à l'instigation de sa belle-mère. C'est au cours de ces longues années d'enfermement, entre 1782 et 1785, qu'il rédige Les Cent Vingt Journées de Sodome sur un rouleau de papier de douze mètres caché dans les murs de sa cellule. Transféré à Charenton le 4 juillet 1789, il laisse derrière lui ce manuscrit qu'il croit perdu, et pleure selon ses propres termes des larmes de sang. Libéré en 1790 après l'abolition des lettres de cachet par l'Assemblée constituante, il se présente sous le nom de "citoyen Sade" et assume des fonctions politiques dans la section révolutionnaire des Piques à Paris, dont il préside les séances en 1793. Il échappe de justesse à la guillotine sous la Terreur, arrêté en juillet 1794 puis libéré en octobre. En 1801, Napoléon Bonaparte ordonne son arrestation à la suite de la publication anonyme de Justine et de Juliette. Déclaré aliéné en 1803, il est interné définitivement à Charenton jusqu'à sa mort. Son oeuvre romanesque comprend notamment Justine ou les Malheurs de la vertu (1791), La Philosophie dans le boudoir (1795) et Histoire de Juliette (1799). L'éditeur Jean-Jacques Pauvert, défendu par l'avocat Maurice Garçon, publie ses oeuvres complètes sous son propre nom et triomphe en 1958 d'une condamnation pour outrage aux moeurs. En 1990, l'entrée de l'oeuvre dans la Bibliothèque de la Pléiade, sous la direction de Michel Delon, marque la consécration institutionnelle de l'auteur.
La vie du Marquis de Sade est jalonnée de poursuites judiciaires établies. En 1768, il séquestre et fouette Rose Keller dans un pavillon d'Arcueil, ce qui lui vaut une incarcération. En 1772, il administre à des prostituées des pastilles de cantharide à Marseille, l'une d'elles dépose plainte pour empoisonnement : le parlement d'Aix le condamne à mort par contumace pour sodomie et empoisonnement. La sentence, exécutée en effigie le 12 septembre 1772 sur la place des Prêcheurs d'Aix, est révisée en 1778 et commuée en amende. Entre 1774 et 1775, il recrute à Lyon et Vienne plusieurs jeunes domestiques dont des mineures, ce que la famille Montreuil utilise pour prolonger ses incarcérations. Les archives de France Mémoire désignent explicitement des actes de pédophilie et de violences sexuelles parmi les motifs de ses détentions successives. Au total, Sade passe vingt-sept années de sa vie incarcéré, dans onze prisons distinctes, sous tous les régimes : monarchie, République, Consulat et Empire.
1740 : naissance le 2 juin à l'hôtel de Condé, Paris
1750 : entrée au collège jésuite Louis-le-Grand à Paris
1754 : début de la carrière militaire, école des chevau-légers de la garde royale
1763 : mariage le 17 mai avec Renée-Pélagie Cordier de Montreuil à l'église Saint-Roch ; premier emprisonnement à Vincennes en octobre
1767 : naissance de son fils aîné Louis Marie de Sade
1768 : affaire Rose Keller, incarcération au château de Saumur puis à Pierre-Encize
1772 : affaire de Marseille, condamnation à mort par contumace le 12 septembre ; fuite en Italie
1777 : arrestation et incarcération au donjon de Vincennes sur lettre de cachet
1784 : transfert à la Bastille ; rédaction de Les Cent Vingt Journées de Sodome sur rouleau de papier
1789 : transfert à l'asile de Charenton le 4 juillet, laissant derrière lui le manuscrit des 120 journées
1790 : libération après abolition des lettres de cachet ; séparation d'avec Renée-Pélagie ; installation avec Marie-Constance Quesnet
1791 : publication de Justine ou les Malheurs de la vertu
1795 : publication de La Philosophie dans le boudoir
1799 : publication de Histoire de Juliette ou les Prospérités du vice
1801 : arrestation ordonnée par Napoléon Bonaparte
1803 : déclaration d'aliénation mentale, internement définitif à Charenton
1814 : mort le 2 décembre à l'asile de Charenton
Donatien de Sade est le fils unique survivant du comte Jean-Baptiste François Joseph de Sade et de Marie-Éléonore de Maillé de Carman, issue d'une branche cadette des Bourbon-Condé. Il épouse en 1763 Renée-Pélagie Cordier de Montreuil, fille du président à la Cour des Aides, avec qui il aura trois enfants : Louis Marie (né en 1767, mort en 1809), Donatien Claude Armand (né en 1769, mort en 1847) et Madeleine Laure (née en 1771, morte en 1844). Renée-Pélagie, follement attachée à son mari selon le biographe Gérard Badou, lui reste dévouée pendant des années de prison, lui faisant parvenir livres et objets personnels. La séparation est prononcée peu après la libération de 1790. Sa belle-mère Marie-Madeleine de Plissay de Montreuil joue un rôle central dans le maintien de ses incarcérations.
À sa libération en 1790, Sade rencontre Marie-Constance Quesnet, comédienne de trente-trois ans abandonnée par son mari, avec qui il vit jusqu'à sa mort. Elle est autorisée à résider avec lui à Charenton où la direction de l'asile, assurée par l'abbé François de Coulmier, offre aux pensionnaires des conditions inhabituellement libérales. Sade y monte des pièces de théâtre avec des acteurs venant de Paris, une activité que le médecin-chef Antoine Royer-Collard finit par dénoncer aux autorités impériales en 1808, ce qui conduit à l'interdiction de ces représentations. Sade entretient également des liens intellectuels avec des figures des Lumières : son oncle l'abbé Jacques-François de Sade correspondait avec Voltaire et Émilie du Châtelet, un héritage culturel que Donatien revendique.
Le Marquis de Sade meurt le 2 décembre 1814 à midi à l'hospice de Charenton-Saint-Maurice, après deux jours de maladie. La cause exacte n'est pas précisément documentée dans l'acte de décès ; plusieurs sources évoquent une probable affection cardiaque. Il a passé vingt-sept années au total derrière les barreaux, dans onze établissements différents. Son testament, rédigé à Charenton le 30 janvier 1806, stipule qu'il refuse toute autopsie et souhaite être enterré sans inscription dans un bois de sa terre de la Malmaison. Ces volontés sont ignorées : son fils Donatien Claude Armand, exécuteur testamentaire, le fait inhumer religieusement dans le cimetière de la maison de Charenton, sous une croix sans inscription. Quelques années plus tard, lors d'un déplacement du cimetière, le médecin de l'établissement, le docteur L. J. Ramon, récupère son crâne, qui est ensuite étudié puis moulé par le disciple de Franz Joseph Gall, le docteur Johann Spurzheim. Le moulage est aujourd'hui conservé au laboratoire d'anthropologie du Musée de l'Homme à Paris. Le crâne original est porté disparu.
Sade est enterré dans le cimetière de l'ancienne maison de santé de Charenton, commune de Saint-Maurice dans le Val-de-Marne, à l'emplacement aujourd'hui désaffecté. Le château de Lacoste, dans le Luberon (Vaucluse), demeure familiale régulièrement habitée par le marquis et lieu de plusieurs scandales, est aujourd'hui un site de festival. Le manuscrit autographe des Cent Vingt Journées de Sodome, classé trésor national en 2017, est conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal (BnF) à Paris sous la cote MS-15877 depuis son acquisition en juillet 2021 pour 4,55 millions d'euros grâce au mécénat d'Emmanuel Boussard.
1 - Lors de son transfert de la Bastille à Charenton le 4 juillet 1789, dix jours avant la prise de la forteresse, Sade laisse dans sa cellule son manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome, rouleau de douze mètres qu'il croit définitivement perdu et dont la perte lui arrache, selon ses propres écrits, des larmes de sang.
2 - En 1806, son testament rédigé à Charenton demande que son corps ne soit pas autopsié et qu'il soit enterré sans inscription dans un bois. Toutes ces dispositions sont ignorées par son fils Claude-Armand, exécuteur testamentaire, qui fait enterrer son père sous une croix lors d'une cérémonie religieuse.
3 - Le crâne exhumé de Sade après 1814 est étudié par le docteur Johann Spurzheim, disciple du père de la phrénologie Franz Joseph Gall, qui conclut que le crâne du marquis est "en tous points semblable à celui d'un père de l'Église". Le crâne original finit par disparaître au fil de conférences en Europe ; seul un moulage subsiste au Musée de l'Homme.
4 - Sade signe la quasi-totalité de ses actes officiels à partir de 1800 sans titre ni particule, se désignant uniquement comme "D.-A.-F. Sade, homme de lettres", rejetant toute distinction nobiliaire à une époque où l'aristocratie demeure socialement dominante.
5 - L'oncle de Sade, l'abbé Jacques-François de Sade, correspondait régulièrement avec Voltaire, qui lui écrivait que sa façon de penser valait celle de Pétrarque. Donatien a grandi dans cette bibliothèque provençale enrichie de médailles et de cabinets d'histoire naturelle, au château de Saumane.
6 - À Charenton, l'abbé François de Coulmier autorisait Sade à organiser des représentations théâtrales avec des acteurs parisiens invités. La pratique fut dénoncée en 1808 au ministère par le médecin-chef Antoine Royer-Collard, puis interdite par les autorités impériales.
- Métier(s) : romancier, philosophe, dramaturge, militaire (commandant)
- Résidence principale : Charenton-Saint-Maurice (dernières années)
- Relations de couple : Renée-Pélagie Cordier de Montreuil (mariés en 1763, séparés en 1790) ; Marie-Constance Quesnet (compagne de 1790 jusqu'à sa mort)
- Enfants : Louis Marie de Sade (1767-1809), Donatien Claude Armand de Sade (1769-1847), Madeleine Laure de Sade (1771-1844)
- Distinctions : entrée dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1990 ; manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome classé trésor national en 2017 et acquis par la BnF en 2021
Les entractes de ma vie ont été trop longs.
— Écrits personnels, cité dans la notice biographique de Wikipédia FR et de nombreuses sources biographiques
Je défends que mon corps soit ouvert, sous quelque prétexte que ce puisse être.
— Testament du Marquis de Sade, rédigé à Charenton-Saint-Maurice le 30 janvier 1806
Ce sont les égarements du coeur humain que je développe, et je n'en dois laisser aucun pli de caché.
— Histoire de Juliette, in Oeuvres, III, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1998, p. 1129
Impérieux, colérique, emporté, extrême en tout, d'un dérèglement d'imagination sur les moeurs qu'aucune example n'a égalé, athée jusqu'au fanatisme, voilà en deux mots mon portrait.
— Testament du Marquis de Sade, rédigé à Charenton-Saint-Maurice le 30 janvier 1806
Tout est bon quand il est excessif.
La tolérance est la vertu du faible.
Le pouvoir est par nature, criminel.
La tolérance est la vertu des faibles.
L'amour est-il un mal dont on puisse guérir ?
Voir, c'est croire ; mais sentir, c'est être sûr !
Tout le bonheur des hommes est dans l'imagination.
C'est seulement en côtoyant l'excès qu'on trouve la liberté.
Il n'y a point de passion plus égoïste que celle de la luxure.
Je suis l'homme de la nature avant d'être celui de la société.
Partout où les hommes sont égaux, le bonheur n'existera jamais.
C'est dans le silence des lois que naissent les grandes actions.
L'amour nuit plutôt aux transports de la jouissance qu'il n'y sert.
Une jolie fille ne doit s'occuper que de foutre et jamais d'engendrer.
Ne te contiens donc point, nargue tes lois, tes conventions sociales et tes
L'idée de Dieu est, je l'avoue, le seul tort que je ne puisse pardonner à l'homme.
La bienfaisance est bien plutôt un vice de l'orgueil qu'une véritable vertu de l'âme.
Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables.
L'érotisme est un pouvoir sexuel sans bornes, illimité, démesuré. Il faut le craindre.
Adressez-vous plutôt aux passions qu'aux vertus quand vous voudrez persuader une femme.
La soumission du peuple n'est jamais due qu'à la violence et à l'étendue des supplices.
Il n'est pas deux peuples sur la surface du globe qui soient vertueux de la même manière.
Il est un antre obscur où vont s'isoler les amours pour nous séduire avec plus d'énergie.
Les passions de l'homme ne sont que des moyens que la nature emploie pour parvenir à ses desseins.
On déclame contre les passions sans songer que c'est à leur flambeau que la philosophie allume le sien.
Tous les hommes sont fous, et qui n'en veut point voirDoit rester dans sa chambre et casser son miroir.
Tous les hommes sont fous, et qui n'en veut point voir doit rester dans sa chambre et casser son miroir.
La prière est la plus douce consolation du malheureux ; il devient plus fort quand il a rempli ce devoir.
Le système de l'amour du prochain est une chimère que nous devons au christianisme et non pas à la nature.
Il est très doux de scandaliser : il existe là un petit triomphe pour l'orgueil qui n'est nullement à dédaigner.
Il est préferable d'affronter une fois dans sa vie un danger que l'on craint que de vivre dans le soin éternel de l'éviter.
L'homme serait le plus heureux des êtres si du seul besoin qu'il a d'une illusion quelconque ne naissait aussitôt la réalité.
Dieu est absolument pour l'homme ce que sont les couleurs pour un aveugle de naissance, il lui est impossible de se les figurer.
Ce n'est jamais dans l'anarchie que les tyrans naissent, vous ne les voyez s'élever qu'à l'ombre des lois ou s'autoriser d'elles.
Comment voulez-vous que ne périsse pas celui qui par un aveugle égoïsme, voudra lutter seul contre les intérêts réunis des autres.
La route de la vertu n'est pas toujours la plus sûre, et il y a des circonstances dans le monde où la complicité d'un crime est préférable à la délation.
On endurcit difficilement un bon coeur, il résiste aux raisonnements d'une mauvaise tête, et ses jouissances le consolent des faux brillants du bel-esprit.
Il n'est aucune sorte de sensation qui soit plus vive que celle de la douleur ; ses impressions sont sûres, elles ne trompent point comme celles du plaisir.
C'est une chose très différente que d'aimer ou que de jouir ; la preuve en est qu'on aime tous les jours sans jouir et qu'on jouit encore plus souvent sans aimer.
Le bonheur n'est que dans ce qui agite, et il n'y a que le crime qui agite : la vertu, qui n'est qu'un état d'inaction et de repos, ne peut jamais conduire au bonheur.
Les entractes de ma vie ont été trop longs.
— Écrits personnels, cité dans la notice biographique de Wikipédia FR et de nombreuses sources biographiques
Je défends que mon corps soit ouvert, sous quelque prétexte que ce puisse être.
— Testament du Marquis de Sade, rédigé à Charenton-Saint-Maurice le 30 janvier 1806
Ce sont les égarements du coeur humain que je développe, et je n'en dois laisser aucun pli de caché.
— Histoire de Juliette, in Oeuvres, III, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1998, p. 1129
Impérieux, colérique, emporté, extrême en tout, d'un dérèglement d'imagination sur les moeurs qu'aucune example n'a égalé, athée jusqu'au fanatisme, voilà en deux mots mon portrait.
— Testament du Marquis de Sade, rédigé à Charenton-Saint-Maurice le 30 janvier 1806
Tout est bon quand il est excessif.
La tolérance est la vertu du faible.
Le pouvoir est par nature, criminel.
La tolérance est la vertu des faibles.
L'amour est-il un mal dont on puisse guérir ?
Voir, c'est croire ; mais sentir, c'est être sûr !
Tout le bonheur des hommes est dans l'imagination.
C'est seulement en côtoyant l'excès qu'on trouve la liberté.
Il n'y a point de passion plus égoïste que celle de la luxure.
Je suis l'homme de la nature avant d'être celui de la société.
Partout où les hommes sont égaux, le bonheur n'existera jamais.
C'est dans le silence des lois que naissent les grandes actions.
L'amour nuit plutôt aux transports de la jouissance qu'il n'y sert.
Une jolie fille ne doit s'occuper que de foutre et jamais d'engendrer.
Ne te contiens donc point, nargue tes lois, tes conventions sociales et tes
L'idée de Dieu est, je l'avoue, le seul tort que je ne puisse pardonner à l'homme.
La bienfaisance est bien plutôt un vice de l'orgueil qu'une véritable vertu de l'âme.
Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables.
L'érotisme est un pouvoir sexuel sans bornes, illimité, démesuré. Il faut le craindre.
Adressez-vous plutôt aux passions qu'aux vertus quand vous voudrez persuader une femme.
La soumission du peuple n'est jamais due qu'à la violence et à l'étendue des supplices.
Il n'est pas deux peuples sur la surface du globe qui soient vertueux de la même manière.
Il est un antre obscur où vont s'isoler les amours pour nous séduire avec plus d'énergie.
Les passions de l'homme ne sont que des moyens que la nature emploie pour parvenir à ses desseins.
On déclame contre les passions sans songer que c'est à leur flambeau que la philosophie allume le sien.
Tous les hommes sont fous, et qui n'en veut point voirDoit rester dans sa chambre et casser son miroir.
Tous les hommes sont fous, et qui n'en veut point voir doit rester dans sa chambre et casser son miroir.
La prière est la plus douce consolation du malheureux ; il devient plus fort quand il a rempli ce devoir.
Le système de l'amour du prochain est une chimère que nous devons au christianisme et non pas à la nature.
Il est très doux de scandaliser : il existe là un petit triomphe pour l'orgueil qui n'est nullement à dédaigner.
Il est préferable d'affronter une fois dans sa vie un danger que l'on craint que de vivre dans le soin éternel de l'éviter.
L'homme serait le plus heureux des êtres si du seul besoin qu'il a d'une illusion quelconque ne naissait aussitôt la réalité.
Dieu est absolument pour l'homme ce que sont les couleurs pour un aveugle de naissance, il lui est impossible de se les figurer.
Ce n'est jamais dans l'anarchie que les tyrans naissent, vous ne les voyez s'élever qu'à l'ombre des lois ou s'autoriser d'elles.
Comment voulez-vous que ne périsse pas celui qui par un aveugle égoïsme, voudra lutter seul contre les intérêts réunis des autres.
La route de la vertu n'est pas toujours la plus sûre, et il y a des circonstances dans le monde où la complicité d'un crime est préférable à la délation.
On endurcit difficilement un bon coeur, il résiste aux raisonnements d'une mauvaise tête, et ses jouissances le consolent des faux brillants du bel-esprit.
Il n'est aucune sorte de sensation qui soit plus vive que celle de la douleur ; ses impressions sont sûres, elles ne trompent point comme celles du plaisir.
C'est une chose très différente que d'aimer ou que de jouir ; la preuve en est qu'on aime tous les jours sans jouir et qu'on jouit encore plus souvent sans aimer.
Le bonheur n'est que dans ce qui agite, et il n'y a que le crime qui agite : la vertu, qui n'est qu'un état d'inaction et de repos, ne peut jamais conduire au bonheur.