Première femme administratrice générale de la Comédie-Française, Muriel Mayette-Holtz, née le 2 mai 1964 à Paris, est une comédienne et metteure en scène française, sociétaire honoraire, ancienne directrice de la Villa Médicis et directrice du Théâtre national de Nice depuis 2019.
Élève de Michel Bouquet, Claude Régy et Bernard Dort au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, Muriel Mayette-Holtz entre comme pensionnaire à la Comédie-Française en 1985, à vingt ans. Elle y est nommée 477e sociétaire en 1988. Pendant deux décennies, elle interprète le grand répertoire sous la direction d'Antoine Vitez, Jacques Lassalle, Matthias Langhoff, Otomar Krejča ou Catherine Hiegel, jouant Marivaux, Tchekhov, Molière, Goldoni, Strindberg, Büchner et Lorca. Parallèlement, elle se forme à la mise en scène et signe à partir de 1990 plus de quarante spectacles, dont Le Retour au désert de Bernard-Marie Koltès en 2007, Andromaque de Jean Racine en 2010, Bérénice en tournée en 2010-2011 et Le Songe d'une nuit d'été en 2014. Entre 2000 et 2006, elle enseigne au Conservatoire national supérieur d'art dramatique.
Nommée administratrice générale de la Comédie-Française le 4 août 2006 en remplacement de Marcel Bozonnet, elle devient la première femme à diriger l'institution. Pendant deux mandats, elle revendique avoir renouvelé un tiers de la troupe en y faisant entrer Laurent Lafitte, Pierre Niney ou Benjamin Lavernhe, et un taux de remplissage annoncé de 90 %. En septembre 2015, elle est nommée à la tête de l'Académie de France à Rome - Villa Médicis, là encore comme première femme. Elle y lance en 2016 le festival ¡VivaVilla! avec la Casa de Velázquez et la Villa Kujoyama. Élue à l'Académie des beaux-arts au fauteuil de Maurice Béjart le 17 mai 2017, elle est installée sous la Coupole le 15 mai 2019 par Hugues R. Gall.
La fin du mandat de Muriel Mayette-Holtz à la Comédie-Française est marquée par une fronde interne. En décembre 2013, trente-six des trente-sept sociétaires adressent une lettre à la ministre de tutelle pour réclamer le non-renouvellement de son mandat, lui reprochant son dirigisme, des programmations contestées et un manque d'ouverture aux grands metteurs en scène contemporains. Son contrat n'est pas reconduit en juillet 2014. Sa nomination à la Villa Médicis le 3 septembre 2015 déclenche une seconde polémique : une pétition publiée dans Libération, signée notamment par Ellsworth Kelly, Yve-Alain Bois, Djamel Tatah, Serge Guilbault et Jean-Luc Moulène, conteste son absence de compétence en arts plastiques. À Rome, sa réforme du statut des résidents, jugée brutale, suscite à son tour une opposition interne.
1964 : naissance le 2 mai à Paris, dans le quartier de Clichy
1985 : entrée comme pensionnaire à la Comédie-Française à vingt ans
1988 : nomination 477e sociétaire de la Comédie-Française
1990 : première mise en scène, Oh ! mais où est la tête de Victor Hugo ? à l'Odéon
2000 : début de l'enseignement au Conservatoire national supérieur d'art dramatique
2006 : nomination administratrice générale de la Comédie-Française le 4 août
2012 : médaille de vermeil de l'Académie française
2013 : mariage avec Gérard Holtz le 19 avril
2014 : non-renouvellement du mandat à la Comédie-Française en juillet
2015 : prise de fonction à la Villa Médicis en septembre
2017 : élection à l'Académie des beaux-arts au fauteuil de Maurice Béjart le 17 mai
2019 : nomination à la direction du Théâtre national de Nice, prise de fonction le 1er novembre
2023 : prise de direction de la Villa Ephrussi de Rothschild le 1er janvier
2024 : création du Festival de Tragédies aux Arènes de Cimiez avec Phèdre
2025 : reprise de Phèdre et création du Veil Homme et la Mer au Théâtre national de Nice
Muriel Mayette-Holtz naît à Paris dans le quartier de Clichy. Son père a débuté dans la grande distribution avant de fonder une école de commerce. Sa vocation se déclare très tôt dans la boutique de magie de son grand-père, Mayette Magie Moderne, rue des Carmes à Paris, ensuite reprise par Michel Hatte. Adolescente, elle prend des cours de comédie en cachette et passe le concours du Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Dans les années 1980, à la Comédie-Française, elle rencontre l'acteur Jean-Yves Dubois (1958-2003) avec qui elle vit douze ans ; le fils de cinq ans qu'ils élevaient ensemble meurt dans un accident. Elle épouse le 19 avril 2013 le journaliste sportif Gérard Holtz.
Au sein de l'Académie des beaux-arts, Muriel Mayette-Holtz dirige de 2019 à 2021 la Fondation Dufraine, propriété de l'institution dans le Val-d'Oise. Aux côtés du secrétaire perpétuel Laurent Petitgirard, elle se bat pour la création d'une section consacrée à la mise en scène, ouvrant la voie à Coline Serreau et Marjane Satrapi. Depuis Nice, elle s'engage pour la défense des artistes en exil en programmant à la galerie Depardieu, en partenariat avec la Villa Les Pinsons, l'exposition Ombres d'hommes de Najah Albukai et Alireza Shojaian. Elle préside la programmation culturelle de la Villa Ephrussi de Rothschild depuis le 1er janvier 2023.
1 - À vingt ans, lors de son entrée à la Comédie-Française en 1985, elle figure parmi les plus jeunes pensionnaires de la troupe. Trois ans plus tard seulement, en 1988, elle est élue 477e sociétaire de l'institution.
2 - Lors de son installation sous la Coupole le 15 mai 2019, son épée d'académicienne, dessinée par l'architecte Stefano Boeri, a été sculptée dans un bois de kauri vieux de cinquante mille ans, et lui est remise par l'ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres.
3 - Son habit d'académicienne a été confectionné par l'association Renaissance, présidée par Philippe Guilet, à partir de pièces de prêt-à-porter de luxe déconstruites puis réassemblées dans une démarche de réinsertion par la couture.
4 - Le fauteuil de Maurice Béjart auquel elle est élue en 2017 était resté vacant pendant dix ans, le chorégraphe étant décédé à Lausanne en novembre 2007.
5 - À la Villa Médicis, sa programmation a permis une augmentation des recettes de l'institution, selon des chiffres relayés par la presse régionale niçoise lors de son arrivée au Théâtre national de Nice.
6 - En 2025, elle assure en alternance avec Nicolas Maury le rôle d'Œnone dans sa propre mise en scène de Phèdre, aux côtés de Charles Berling, Ève Pereur et Jacky Ido.
- Métier(s) : comédienne, metteure en scène, directrice de théâtre
- Résidence principale : Nice
- Relations de couple : Jean-Yves Dubois (compagnon de 1985 environ à la fin des années 1990) ; Gérard Holtz (époux depuis le 19 avril 2013)
- Enfants : un fils, décédé à l'âge de cinq ans dans un accident
- Distinctions : chevalière de la Légion d'honneur, chevalière de l'ordre national du Mérite, officière de l'ordre des Arts et des Lettres, médaille de vermeil de l'Académie française (2012), académicienne des beaux-arts (élue le 17 mai 2017)
« Je me suis beaucoup battue pour ça. Parce que le théâtre n'était jamais représenté dans l'institution. »
— Sceneweb, propos recueillis sur la création de la section mise en scène à l'Académie des beaux-arts, avril 2026
« Nous avons besoin de célébrer l'humanité dans ce qu'elle a de plus beau et de plus terrifiant : la puissance de l'âme, l'énergie sacrée des sentiments. »
— Journal La Terrasse, à propos du Festival de Tragédies aux Arènes de Cimiez, juin 2024
« La résistance, c'est le bonheur, c'est aimer ce métier et le théâtre passionnément. La grande bataille à mener, c'est de rendre indispensable ce théâtre, pour que les gens le désirent et le défendent. »
— Entretien Journal La Terrasse, présentation de la saison 2025-2026 du Théâtre national de Nice, septembre 2025
« Je me suis beaucoup battue pour ça. Parce que le théâtre n'était jamais représenté dans l'institution. »
— Sceneweb, propos recueillis sur la création de la section mise en scène à l'Académie des beaux-arts, avril 2026
« Nous avons besoin de célébrer l'humanité dans ce qu'elle a de plus beau et de plus terrifiant : la puissance de l'âme, l'énergie sacrée des sentiments. »
— Journal La Terrasse, à propos du Festival de Tragédies aux Arènes de Cimiez, juin 2024
« La résistance, c'est le bonheur, c'est aimer ce métier et le théâtre passionnément. La grande bataille à mener, c'est de rendre indispensable ce théâtre, pour que les gens le désirent et le défendent. »
— Entretien Journal La Terrasse, présentation de la saison 2025-2026 du Théâtre national de Nice, septembre 2025