Naissance
Bar-le-Duc (55), France
Décès
attaque cérébrale
Nationalité
Astrologie
20 personnalités prénommées Raymond

Biographie

Raymond Poincaré, homme d'État français né à Bar-le-Duc en 1860, fut avocat, plusieurs fois ministre puis président de la République de 1913 à 1920. Surnommé « Poincaré-la-guerre », il stabilisa ensuite le franc comme président du Conseil avant de mourir à Paris en 1934.


Parcours

Né le 20 août 1860 à Bar-le-Duc, dans la Meuse, Raymond Nicolas Landry Poincaré grandit dans une famille bourgeoise lorraine marquée par la défaite de 1870 face à la Prusse. Son père, Nicolas Antonin Poincaré, polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, et sa mère, Nanine Marie Ficatier, l'élèvent aux côtés de son frère Lucien Poincaré, futur physicien et vice-recteur de l'Académie de Paris. Après des études secondaires à Nancy puis une licence de droit à la Faculté de Paris, il prête serment d'avocat en décembre 1880 et devient chroniqueur judiciaire au journal Voltaire. En 1886, à vingt-six ans, il entre en politique comme chef de cabinet du ministre de l'Agriculture Jules Develle, avant d'être élu conseiller général de la Meuse puis, en 1887, député républicain libéral de Commercy. Spécialiste des questions financières, il est nommé ministre de l'Instruction publique en 1893 dans le gouvernement de Charles Dupuy, puis ministre des Finances en 1894.

Sénateur de la Meuse à partir de 1903, Raymond Poincaré est élu à l'Académie française en 1909, où il reçoit notamment le maréchal Ferdinand Foch. Président du Conseil et ministre des Affaires étrangères dès janvier 1912, il est porté à la présidence de la République le 17 janvier 1913, succédant à Armand Fallières. À la veille de la Première Guerre mondiale, il lance le 1er août 1914 la formule « la mobilisation n'est pas la guerre », puis appelle le pays à l'Union sacrée le 4 août. En 1917, malgré une rivalité ancienne, il confie la présidence du Conseil à Georges Clemenceau pour conduire la France jusqu'à la victoire. Revenu au pouvoir comme président du Conseil de 1922 à 1924, il fait occuper la Ruhr pour contraindre l'Allemagne à payer les réparations de guerre, avant de rétablir les finances publiques lors d'un quatrième ministère, de 1926 à 1929, en stabilisant le franc. Affaibli par la maladie, il démissionne en juillet 1929 et rédige ses mémoires, Au service de la France.


Controverse

Raymond Poincaré fut une figure clivante de son vivant comme après sa mort. Son action en faveur du réarmement avant 1914 et son soutien à l'alliance franco-russe lui valurent, notamment dans la presse de langue anglaise, le surnom de « Poincaré-la-guerre » et l'accusation d'avoir contribué au déclenchement du conflit mondial, une thèse que la majorité des historiens ne retiennent plus comme cause principale de la guerre. Sa rivalité personnelle et politique avec Georges Clemenceau, qui lui reconnaissait l'intelligence sans lui accorder d'autre qualité, marqua durablement la vie publique de la IIIe République. L'occupation militaire de la Ruhr, ordonnée en janvier 1923 pour contraindre l'Allemagne à payer les réparations de guerre, fut également critiquée à l'international comme une mesure disproportionnée.


Repères chronologiques

1860 : naissance le 20 août à Bar-le-Duc (Meuse)
1880 : prestation de serment d'avocat à Paris, en décembre
1886 : chef de cabinet du ministre de l'Agriculture Jules Develle
1887 : élection comme député de Commercy (Meuse), le 31 juillet
1893 : ministre de l'Instruction publique dans le gouvernement Dupuy
1903 : élection au Sénat comme sénateur de la Meuse, le 22 février
1904 : mariage avec Henriette Benucci, le 17 août
1909 : élection à l'Académie française, le 18 mars
1912 : président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, le 14 janvier
1913 : élection à la présidence de la République, le 17 janvier
1914 : proclamation de l'Union sacrée au début de la Première Guerre mondiale
1923 : occupation de la Ruhr par les troupes françaises, en janvier
1929 : démission du gouvernement pour raisons de santé, le 26 juillet
1934 : mort à Paris, le 15 octobre, et funérailles nationales


Vie personnelle et engagements

Raymond Poincaré est le fils de Nicolas Antonin Poincaré, ingénieur des Ponts et Chaussées formé à Polytechnique, et de Nanine Marie Ficatier, issue d'une famille de négociants en bois de Neuilly-sur-Seine. Il passe son enfance à Bar-le-Duc avant de suivre ses études secondaires à Nancy. Il est le cousin germain du mathématicien Henri Poincaré et le neveu d'Émile Poincaré, doyen de la faculté de médecine de Nancy. Le 17 août 1904, il épouse civilement à Paris Henriette Benucci, née Henriette Adeline Benucci, pour qui il s'agit d'un troisième mariage ; le couple n'aura pas d'enfant.

Membre de l'Académie française depuis 1909, Raymond Poincaré y prononce en 1920 le discours de réception du maréchal Ferdinand Foch, manifestant son goût pour l'art oratoire. Sa relation avec Georges Clemenceau, auquel il confie pourtant la direction du gouvernement en 1917, reste marquée par une rivalité de plusieurs décennies ; Clemenceau lui reconnaissait « l'intelligence » sans lui accorder d'autre qualité. Entre 1896 et 1906, Poincaré délaisse les portefeuilles ministériels pour développer une clientèle d'avocat réputée, par nécessité financière autant que par lassitude politique. Président du conseil général de la Meuse, il garde des attaches avec Sampigny, village où sa maison fut bombardée pendant la guerre.


Contexte du décès

Raymond Poincaré meurt à Paris le 15 octobre 1934, à l'âge de 74 ans, à la suite d'une attaque cérébrale survenue après une longue maladie ; il avait subi en 1929 une première opération pour une inflammation de la prostate qui avait déjà entamé sa santé. Des funérailles nationales sont organisées par l'État français pour celui que la presse qualifie de dernier grand survivant des dirigeants français de la Grande Guerre. Le gouvernement, présidé alors par Gaston Doumergue, rend un hommage officiel à l'ancien président, tandis que l'Académie française honore son confrère disparu.


Lieux de mémoire

Raymond Poincaré repose dans le petit cimetière familial de Nubécourt, village de la Meuse proche de Bar-le-Duc, où il est inhumé le 20 octobre 1934, après des funérailles nationales célébrées à Paris. Sa résidence meusienne de Sampigny abrite aujourd'hui le Musée Poincaré, village dont il présida longtemps le conseil général et où sa maison fut bombardée pendant la Première Guerre mondiale.


Anecdotes

1 - Entre 1896 et 1906, à l'écart des cabinets ministériels, Raymond Poincaré se consacre presque exclusivement au barreau parisien, où sa réputation de civiliste lui assure une clientèle de choix et des revenus très supérieurs à ceux d'un ministre.
2 - Décrite par son biographe François Roth comme « haute et sèche », la voix de Raymond Poincaré marquait les Chambres lors de ses interventions, renforçant sa réputation d'orateur redouté au Palais Bourbon comme au Sénat.
3 - En août 1929, les chirurgiens Marion et Cosset opèrent Raymond Poincaré d'une inflammation de la prostate ; l'intervention, largement suivie par la presse internationale, précède de quelques mois sa démission du gouvernement pour raisons de santé.
4 - Surnommé « Le Lion » par la presse anglo-saxonne de son temps, Raymond Poincaré devait ce sobriquet à sa détermination politique, en miroir du surnom « Le Tigre » porté par son rival de toujours, Georges Clemenceau.
5 - Avant d'entrer au gouvernement, Raymond Poincaré tient la rubrique judiciaire du quotidien radical Le Voltaire, une expérience de plume qui nourrira plus tard le style soigné de ses nombreux discours et de ses dix volumes de mémoires.


Points clés

- Métier(s) : avocat, homme d'État, président du Conseil, président de la République
- Résidence principale : Sampigny (Meuse), activité politique à Paris
- Relations de couple : marié à Henriette Benucci, de 1904 à son décès en 1934
- Enfants : aucun enfant
- Distinctions : élu à l'Académie française en 1909


Postérité

222 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

Voir le top des personnalités avec le plus de voies à leur nom en France

Autres présidents de la république française

Citations

« La mobilisation n'est pas la guerre. »

— Proclamation du 1er août 1914, Appel à la nation française

« La France sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l'ennemi l'Union sacrée. »

— Message aux Chambres lu par René Viviani, 4 août 1914

La paix est une création continue.
Un banquier est toujours en liberté provisoire.
Une oeuvre d'art n'est jamais immorale. L'obscénité commence où l'art fini.
Une oeuvre d'art n'est jamais immorale. L'obscénité commence où l'art finit.
Les mots, "ces passants mystérieux de l'âme", sont de grands magiciens et de redoutables entraîneurs de foules.
Un livre obscène, c'est tout simplement un livre mal écrit. Le talent n'est jamais obscène. Ni à plus forte raison immoral.

Questions autour de Raymond Poincaré

Qui était l'épouse de Raymond Poincaré ?
Raymond Poincaré épousa civilement Henriette Benucci (1858-1943) le 17 août 1904 à Paris ; le couple n'eut pas d'enfant.
Raymond Poincaré est-il apparenté à Henri Poincaré ?
Oui, Raymond Poincaré était le cousin germain du mathématicien Henri Poincaré, tous deux originaires de Lorraine.
Pourquoi Raymond Poincaré fut-il surnommé « Poincaré-la-guerre » ?
Ce surnom, apparu après la Première Guerre mondiale, visait sa politique de réarmement et son soutien à l'alliance franco-russe avant 1914.
Où est enterré Raymond Poincaré ?
Raymond Poincaré repose dans le cimetière familial de Nubécourt, un village de la Meuse proche de Bar-le-Duc.
Raymond Poincaré a-t-il été élu à l'Académie française ?
Oui, Raymond Poincaré fut élu à l'Académie française le 18 mars 1909, où il occupa un fauteuil jusqu'à sa mort en 1934.
Qui est né le même jour que Raymond Poincaré ?
Patrick Drahi, Mijaín López, Gabriel de Belgique, Robert Plant et Anaïs Croze sont nés le 20 août comme Raymond Poincaré.
À quel âge est mort Raymond Poincaré ?
Raymond Poincaré est mort à 74 ans, le 15 octobre 1934.
Qui est mort le même jour que Raymond Poincaré ?
Paul Allen, Norodom Sihanouk, Thomas Sankara, Jackie Berger et Marie Dubois sont morts le 15 octobre comme Raymond Poincaré.
Quels responsables politiques français sont du signe Lion comme Raymond Poincaré ?
Lien copié dans le presse-papier !