Naissance
Hazlehurst, États-Unis
Nationalité
Astrologie

Biographie

Né le 8 mai 1911 à Hazlehurst, dans le Mississippi, et mort le 16 août 1938 à Greenwood, Robert Johnson est un guitariste, chanteur et compositeur de blues américain. Auteur de vingt-neuf chansons enregistrées en 1936 et 1937, il a profondément marqué le Delta blues et inspiré le rock du XXe siècle.


Parcours

Robert Leroy Johnson grandit entre le Mississippi, Memphis et l'Arkansas, ballotté par la séparation de sa mère Julia Major Dodds et de son beau-père Charles Dodds, devenu Charles Spencer après son exil forcé. Adolescent dans les plantations de Robinsonville, il s'initie à la guitare et à l'harmonica auprès des bluesmen Willie Brown, Charley Patton et Son House. Ce dernier raconte plus tard que le jeune Johnson, jugé médiocre, faisait alors fuir le public. Vers 1931, après le décès en couches de sa première épouse Virginia Travis, Johnson retourne dans la région de Hazlehurst où il devient le disciple du guitariste Ike Zimmerman. Il y travaille la guitare des heures durant, parfois la nuit dans un cimetière selon la tradition orale. Quand il revient à Robinsonville deux ans plus tard, sa virtuosité stupéfie Son House : la transformation est telle qu'elle nourrira la légende du pacte avec le diable au carrefour.

Sa carrière discographique tient en deux sessions. Le 23 novembre 1936, Johnson s'installe dans la chambre 414 du Gunter Hotel à San Antonio, Texas, sous la direction du producteur Don Law pour le label Vocalion Records. Seize titres y sont gravés en trois jours, dont Cross Road Blues, Sweet Home Chicago et Terraplane Blues, le seul succès régional de son vivant avec environ 5 000 exemplaires vendus. Une seconde session se tient en juin 1937 à Dallas, dans le Vitagraph Building, où il enregistre treize titres supplémentaires parmi lesquels Hellhound on My Trail, Love in Vain et Me and the Devil Blues. Musicien itinérant, Johnson sillonne ensuite le Sud avec Johnny Shines et David « Honeyboy » Edwards, jouant dans les juke-joints, les rues et jusqu'à Chicago, New York et l'Ontario.


Repères chronologiques

1911 : naissance le 8 mai à Hazlehurst, Mississippi, de Julia Major Dodds et Noah Johnson
1918 : retour auprès de sa mère et de son beau-père Dusty Willis dans le Delta du Mississippi
1929 : mariage en février avec Virginia Travis, âgée de seize ans
1930 : décès de Virginia Travis et de leur enfant lors de l'accouchement
1931 : mariage en mai avec Caletta « Callie » Craft ; naissance le 12 décembre de Claud Johnson, son seul enfant reconnu, avec Virgie Mae Smith
1936 : première session d'enregistrement les 23, 26 et 27 novembre au Gunter Hotel de San Antonio
1937 : seconde session les 19 et 20 juin à Dallas
1938 : empoisonnement le 13 août au Three Forks Store, près de Greenwood, et décès le 16 août
1961 : sortie du LP King of the Delta Blues Singers chez Columbia, qui révèle son œuvre au public mondial
1980 : intronisation au Blues Hall of Fame lors de sa création
1986 : intronisation au Rock and Roll Hall of Fame dans la catégorie « Early Influence »
1990 : Grammy Award du meilleur album historique pour The Complete Recordings
1994 : émission d'un timbre commémoratif par l'United States Postal Service le 17 septembre
1998 : la Cour suprême du Mississippi reconnaît Claud Johnson comme unique héritier ; Cross Road Blues entre au Grammy Hall of Fame
2006 : Grammy Lifetime Achievement Award à titre posthume, reçu par son fils Claud Johnson


Vie personnelle et engagements

Robert Leroy Johnson est le fils de Julia Major Dodds, ouvrière agricole originaire de Hazlehurst, et de Noah Johnson, ouvrier dans une scierie locale. Sa mère étant alors mariée à Charles Dodds, propriétaire terrien et ébéniste contraint de fuir Hazlehurst sous la menace d'une foule, le jeune Robert grandit en partie à Memphis chez son beau-père, qui a pris le nom de Charles Spencer. Il y fréquente la Carnes Avenue Colored School, où il étudie l'arithmétique, la lecture, la musique et la géographie. Sa demi-sœur Annye C. Anderson, fille de Charles Dodds Spencer, témoignera de cette enfance dans l'ouvrage Brother Robert, coécrit avec Preston Lauterbach.

En février 1929, Johnson épouse Virginia Travis, qui meurt l'année suivante en couches. En mai 1931, il se marie secrètement avec Caletta « Callie » Craft, de dix ans son aînée, qui décède peu après. Le 12 décembre 1931 naît son seul enfant reconnu, Claud Johnson, fruit de sa relation avec Virgie Mae Smith à Martinsville. Sur la route, Johnson partage la scène avec Johnny Shines et David « Honeyboy » Edwards, et croise Sonny Boy Williamson dans les juke-joints du Delta. Lecteur assidu, amateur de country et du Grand Ole Opry selon Annye Anderson, il tient des carnets où il consigne textes et idées de chansons.


Contexte du décès

Le 13 août 1938, Robert Johnson se produit au Three Forks Store, juke-joint situé au croisement des routes 82 et 49E, près de Greenwood. Selon les témoignages recueillis auprès de David « Honeyboy » Edwards, il est servi d'un whisky empoisonné, vraisemblablement à la naphtaline ou à la strychnine, par le tenancier rendu jaloux d'une liaison entre Johnson et son épouse. Tombé gravement malade, le bluesman est transporté dans une maison de la plantation Star of the West, au nord de Greenwood, où il agonise pendant trois jours. Il meurt le 16 août 1938 à l'âge de 27 ans. Son certificat de décès, retrouvé en 1968 par le chercheur Gayle Dean Wardlow, ne mentionne aucune cause établie et porte la mention « no doctor ». Aucune poursuite n'a jamais été engagée.


Lieux de mémoire

Le lieu exact de sa sépulture n'est pas officiellement établi. Trois cénotaphes ont été érigés en sa mémoire dans le comté de Leflore, Mississippi : à la Mt. Zion Missionary Baptist Church de Morgan City en 1991, financé par Columbia Records ; à la Payne Chapel près de Quito en 1990 ; et à la Little Zion Missionary Baptist Church au nord de Greenwood, sur la Money Road, où une stèle est installée en 2002 et où il serait effectivement enterré.


Anecdotes

1 - Son House se rappelait que le jeune Johnson lui avait fait fuir le public en s'emparant d'une guitare laissée sans surveillance entre deux sets, lançant la phrase rapportée par Wardlow et Conforth : « tu fais fuir les gens ».
2 - Lors de sa première session à San Antonio, Johnson aurait enregistré certains titres face à un mur, posture interprétée tantôt comme une superstition de bluesman, tantôt comme une recherche de réverbération acoustique selon le producteur Don Law.
3 - Sa demi-sœur Annye C. Anderson assure dans Brother Robert qu'il écoutait assidument le Grand Ole Opry à la radio et jouait régulièrement les standards country de Jimmie Rodgers et Bing Crosby au répertoire de ses concerts.
4 - Pour gagner sa vie sur la route, il jouait sous les initiales « R.L. » pour « Robert Lonnie », en hommage au guitariste Lonnie Johnson, dont il revendiquait la filiation pour attirer le public.
5 - En 1998, après une bataille judiciaire de plusieurs années, la Cour suprême du Mississippi reconnaît Claud Johnson, chauffeur routier retraité de Crystal Springs, comme unique héritier des droits du bluesman, mort intestat soixante ans plus tôt.
6 - Le 17 septembre 1994, l'United States Postal Service émet un timbre commémoratif de 29 cents à son effigie, intégré à la série « Legends of American Music ».


Points clés

- Métier(s) : guitariste, chanteur et compositeur de blues
- Résidence principale : itinérant dans le Delta du Mississippi (Robinsonville, Helena, Memphis, Greenwood)
- Relations de couple : Virginia Travis (1929-1930), Caletta « Callie » Craft (1931-1932), liaison avec Virgie Mae Smith
- Enfants : Claud Johnson (1931-2015)
- Distinctions : Blues Hall of Fame (1980), Rock and Roll Hall of Fame (1986), Grammy du meilleur album historique (1990), Grammy Hall of Fame pour Cross Road Blues (1998), inscription au National Recording Registry (2003), Grammy Lifetime Achievement Award (2006)


Publicité
Explorer

Autres guitaristes nés dans les années 1910

Questions autour de Robert Johnson

Quel est le vrai nom de Robert Johnson ?
Son nom de naissance est Robert Leroy Johnson. Enfant, il a aussi porté les noms de Spencer et de Willis selon le foyer où il vivait.
De quoi est mort Robert Johnson ?
Il est mort le 16 août 1938 près de Greenwood, dans le Mississippi, après avoir bu un whisky vraisemblablement empoisonné à la naphtaline ou à la strychnine au juke-joint du Three Forks Store, trois jours plus tôt. Son certificat de décès ne mentionne aucune cause médicale établie.
Combien de chansons Robert Johnson a-t-il enregistrées ?
Robert Johnson a enregistré vingt-neuf chansons au cours de deux sessions, en novembre 1936 à San Antonio et en juin 1937 à Dallas, auxquelles s'ajoutent treize prises alternatives.
Pourquoi Robert Johnson est-il associé au Club des 27 ?
Mort à 27 ans en 1938, Robert Johnson est considéré comme le premier membre de cette série d'artistes décédés au même âge, parmi lesquels figurent ensuite Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain et Amy Winehouse.
Qui a hérité des droits de Robert Johnson ?
En 1998, après plusieurs années de procédure, la Cour suprême du Mississippi a reconnu Claud Johnson, son fils né hors mariage en 1931, comme unique héritier des droits du bluesman.
Robert Johnson a-t-il été marié ?
Oui, deux fois. Il a épousé Virginia Travis en février 1929, morte en couches en 1930, puis Caletta « Callie » Craft en mai 1931.
Quelles sont les chansons les plus connues de Robert Johnson ?
Parmi ses titres les plus repris figurent Cross Road Blues, Sweet Home Chicago, Hellhound on My Trail, Love in Vain, Terraplane Blues et Me and the Devil Blues.
Qui est né le même jour que Robert Johnson ?
Grand Schtroumpf, Olivia Culpo, Bill de Blasio, Melissa Gilbert et Nicolas Rey sont nés le 8 mai comme Robert Johnson.
À quel âge est mort Robert Johnson ?
Robert Johnson est mort à 27 ans, le 16 août 1938.
Qui est mort le même jour que Robert Johnson ?
Alfredo Stroessner, Stewart Granger, Menie Grégoire, Dominique Davray et Peter Fonda sont morts le 16 août comme Robert Johnson.
Quels musiciens américains sont du signe Taureau comme Robert Johnson ?
Lien copié dans le presse-papier !