Armand Peugeot, industriel français né le 18 juin 1849 à Valentigney (Doubs), est le fondateur de la Société des automobiles Peugeot. Ingénieur centralien issu d'une famille de métallurgistes protestants, il convertit une entreprise de quincaillerie en l'un des premiers constructeurs automobiles de France, avant de mourir le 4 février 1915 à Neuilly-sur-Seine.
Diplômé de l'École centrale des arts et manufactures de Paris en 1881, Armand Peugeot entre à vingt ans dans l'entreprise familiale Peugeot Frères Aînés, alors spécialisée dans la fabrication de lames de scie, de ressorts et de moulins à café. Dès 1865, il partage la direction des ateliers avec son cousin Eugène Peugeot. En 1881, un séjour de formation à Leeds, en Angleterre, le convainc du potentiel industriel du vélocipède. Lors de la réunion des associés du 6 juin 1885, il déclare : "Nous devons nous intéresser à la fabrication de vélocipèdes et de tricycles." Pour accélérer la production, il cède une partie de son jardin personnel à l'usine. Dès 1882, les premiers grands-bis sortent des ateliers, suivis en 1885 par des bicyclettes à chaîne. La production atteint 16 000 unités en 1897. A l'Exposition universelle de Paris de 1889, il présente quatre prototypes de tricycles à vapeur équipés de chaudières conçues par Léon Serpollet, accueillis avec des réserves par la presse technique. Sur ce même stand, il découvre le moteur à explosion de Gottlieb Daimler, fabriqué sous licence par Panhard et Levassor : il opte immédiatement pour cette technologie.
En janvier 1891, Peugeot commercialise ses premières voitures à moteur à pétrole, la Type 2 et la Type 3, dont les moteurs en V bicylindre sont produits par Émile Levassor chez Panhard selon la licence Daimler. En septembre 1891, pour démontrer la fiabilité de son Type 3, il fait escorter la grande course cycliste Paris-Brest-Paris par son véhicule : piloté par l'ingénieur Louis Rigoulot et le mécanicien Auguste Doriot, la voiture parcourt 2 045 km de Valentigney à Brest et retour à 14,7 km/h de moyenne, un exploit retentissant. En 1892, il écrit au conseil de gérance pour demander un investissement de 500 000 francs dans la branche automobile, arguant que "la locomotion automobile est appelée à prendre un développement énorme." Face au refus d'Eugène Peugeot d'engager les capitaux nécessaires, Armand fonde le 2 avril 1896 la Société anonyme des automobiles Peugeot à Audincourt, rompant avec l'entreprise familiale. Il y construit une usine entièrement dédiée aux véhicules à moteur à combustion interne, et lance en 1897 ses propres moteurs, coupant définitivement le lien avec Panhard et Levassor. Avant la Première Guerre mondiale, Peugeot produit près de la moitié des automobiles françaises. En 1909, il devient le premier président de la chambre syndicale des constructeurs automobiles, fonction qu'il occupe jusqu'en 1913. Sans héritier mâle depuis le décès de son fils Raymond en 1896, il accepte en février 1910 la fusion de sa société avec l'entreprise d'Eugène Peugeot, qui donne naissance à la Société anonyme des automobiles et cycles Peugeot. L'usine de Sochaux, inaugurée en 1912 pour la fabrication de camions, s'impose comme le nouveau coeur industriel du groupe.
1849 : Naissance le 18 juin à Valentigney (Doubs), au sein de la dynastie industrielle Peugeot.
1865 : Rejoint la direction de Peugeot Frères Aînés aux côtés de son cousin Eugène Peugeot.
1881 : Diplômé de l'École centrale des arts et manufactures de Paris ; séjour de formation à Leeds.
1882 : Lancement de la fabrication de bicyclettes Grand-bi dans les ateliers Peugeot.
1885 : Production des premières bicyclettes à roues égales et transmission par chaîne.
1889 : Présentation du tricycle à vapeur Type 1 (chaudière Léon Serpollet) à l'Exposition universelle de Paris ; nommé chevalier de la Légion d'honneur le 29 octobre.
1891 : Commercialisation de la Type 3, premier quadricycle Peugeot à moteur Daimler ; escorte de la course Paris-Brest-Paris (2 045 km).
1896 : Fondation de la Société anonyme des automobiles Peugeot à Audincourt le 2 avril ; décès de son fils Raymond.
1897 : Inauguration de l'usine d'Audincourt, première usine française exclusivement dédiée à l'automobile.
1900 : Peugeot produit 500 voitures annuelles ; participation à la commission d'automobilisme de l'Exposition universelle.
1904 : Promu officier de la Légion d'honneur le 6 décembre, des mains du président Émile Loubet, au Salon de l'automobile.
1909 : Élu premier président de la chambre syndicale des constructeurs automobiles de France.
1910 : Fusion de sa société avec l'entreprise familiale d'Eugène Peugeot ; création de la Société anonyme des automobiles et cycles Peugeot.
1912 : Inauguration de l'usine de Sochaux, dédiée à la fabrication de camions.
1915 : Décès le 4 février à Neuilly-sur-Seine, à 65 ans.
Armand Peugeot est le fils d'Émile Peugeot, industriel et codirecteur de l'entreprise familiale, et de Mina Ehrmann. Issu d'une famille luthérienne établie dans le pays de Montbéliard depuis le XVe siècle, il grandit à Valentigney au coeur des ateliers paternels, dans une culture d'entreprise marquée par un paternalisme social actif. Il épouse Sophie Léonie Fallot le 10 juin 1872 ; le couple a cinq enfants : Raymond (1873), Elisabeth (1882), Madeleine (1887), Germaine (1889) et Marianne Lucy (1890). Raymond, seul fils, meurt en 1896. Madeleine épouse plus tard Charles Emile Breitling. Engagé dans la vie publique, Armand Peugeot est maire de Valentigney de 1888 à 1900, puis conseiller général du canton d'Audincourt de 1889 à 1904.
Ses relations professionnelles les plus déterminantes sont celles tissées avec Émile Levassor, intermédiaire avec Gottlieb Daimler, et avec Léon Serpollet, pionnier de la propulsion à vapeur. Perpétuant la tradition sociale de la famille, Armand Peugeot finance des caisses de secours mutuel, des logements ouvriers et des soins gratuits pour ses salariés d'Audincourt et de Sochaux. En dehors de l'industrie, il se passionne pour la photographie : dès 1885, il documente la presqu'île de Crozon et la station balnéaire de Morgat (Finistère), à la construction de laquelle il contribue avec les architectes Abel et Gaston Chabal. Il laisse une collection de clichés de la région qui témoigne d'un regard documentaire attentif.
Armand Peugeot s'éteint le 4 février 1915 à Neuilly-sur-Seine, à 65 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille selon les sources primaires consultées ; la presse spécialisée mentionne une affection pulmonaire contractée l'année précédente. Le décès survient en pleine Première Guerre mondiale, alors que les usines Peugeot sont réquisitionnées pour l'effort de guerre. Les obsèques se déroulent dans la sobriété protestante que la famille observait. Louis Renault, concurrent et contemporain, est cité parmi les industriels qui rendent hommage à un précurseur de l'automobile française. La ville de La Garenne-Colombes crée en 2014 une rue à son nom pour marquer la présence historique de Peugeot dans la commune.
Armand Peugeot repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris, dans la 95e division, au sein du caveau familial où sont également inhumés son épouse Sophie Léonie Fallot (1852-1932) et leur fille Madeleine Peugeot, épouse Breitling (1887-1952). Le Musée de l'Aventure Peugeot, à Sochaux, perpétue sa mémoire et expose ses premières créations mécaniques.
1 - En 1885, lors de la réunion des associés Peugeot, Armand cède une partie de son propre jardin à l'entreprise pour accélérer la fabrication des premiers vélocipèdes, une décision prise de sa propre initiative avant tout vote du conseil de gérance.
2 - Lors de la course Paris-Brest-Paris de 1891, la Type 3 pilotée par Rigoulot et Doriot perd vingt-quatre heures en Bretagne à cause d'un pignon de boîte de vitesses défaillant, réparé de fortune par un cordonnier local avant de reprendre la route.
3 - Armand Peugeot passe commande des premiers moteurs Daimler en France chez Panhard et Levassor dès la fin de l'Exposition universelle de 1889, soit quelques semaines seulement après avoir vu le moteur fonctionner pour la première fois sur le stand allemand.
4 - Passionné de photographie, il constitue dès 1885 un fonds iconographique de la presqu'île de Crozon : ses clichés de Morgat, des grottes côtières et de l'arche naturelle de la Pointe de Dinan figurent aujourd'hui parmi les premières images documentaires de ce littoral.
5 - En 1899, une grève générale éclate dans toutes les usines Peugeot après le licenciement d'un ouvrier syndiqué à Beaulieu ; Armand Peugeot fait appel à l'armée pour briser le mouvement, contredisant l'image du patronat social que sa famille cultivait depuis les années 1850.
- Métier(s) : Industriel, ingénieur, fondateur des automobiles Peugeot
- Résidence principale : Valentigney (Doubs), puis Neuilly-sur-Seine
- Relations de couple : Sophie Léonie Fallot (épouse, 1872-1915)
- Enfants : Raymond (1873-1896), Elisabeth (1882), Madeleine (1887-1952), Germaine (1889-1977), Marianne Lucy (1890)
- Distinctions : Chevalier de la Légion d'honneur (29 octobre 1889) ; Officier de la Légion d'honneur (6 décembre 1904) ; Officier d'académie (1882) ; Automotive Hall of Fame (1999)
12 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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Nous devons nous intéresser à la fabrication de vélocipèdes et de tricycles.
— Réunion des associés Peugeot, 6 juin 1885, retranscrite par Geneanet/Wikifrat et l'association L'Aventure Peugeot
Je suis persuadé que la locomotion automobile est appelée à prendre un développement énorme. Si nous sommes assez hardis et habiles, nous ferons de Peugeot l'une des plus grandes affaires industrielles de France.
— Lettre au conseil de gérance de Peugeot, 1892, citée dans Contrepoints, novembre 2016, et exposée au Musée de l'Aventure Peugeot, Sochaux
Je suis persuadé que la locomotion automobile est appelée à prendre un développement énorme.