Louis Renault, industriel français né à Paris le 12 février 1877, est le cofondateur des Usines Renault et l'inventeur en 1899 de la transmission à prise directe, brevet adopté par l'ensemble des constructeurs automobiles de son époque. Arrêté en septembre 1944 pour commerce avec l'ennemi, il meurt à Paris sans avoir été jugé.
Né dans une famille bourgeoise parisienne, Louis Renault est le fils d'Alfred Renault, commerçant en tissus et boutons, et de Louise-Berthe Magnien. Il fréquente le lycée Condorcet mais abandonne rapidement les études pour se consacrer à la mécanique, passant une partie de son adolescence dans l'atelier de Léon Serpollet, constructeur de voitures à vapeur. En décembre 1898, il adapte un tricycle De Dion-Bouton en un quadricycle motorisé doté d'une transmission à prise directe, d'une boîte à trois vitesses et d'une marche arrière. Le 24 décembre 1898, lors de l'ascension de la côte de la rue Lepic à Paris, il reçoit douze commandes fermes. Le 9 février 1899, il dépose le brevet n°285.753, adopté par Panhard et Levassor, Peugeot, Mors et la plupart des constructeurs européens. Le 25 février 1899, ses frères Marcel Renault et Fernand Renault apportent chacun 60 000 francs-or pour créer la société Renault Frères, dont Louis assure la conception et la production.
La mort de Marcel Renault lors de la course Paris-Madrid en mai 1903 conduit Louis à abandonner la compétition à titre personnel. Fernand, affaibli par la maladie, cède ses parts en 1908 puis décède en mars 1909 ; Louis rachète l'ensemble et renomme la société Société des Automobiles Renault. En 1905, une visite des usines de Henry Ford aux États-Unis l'amène à introduire les méthodes du taylorisme à Billancourt. Durant la Première Guerre mondiale, les usines livrent des camions, des ambulances et des munitions. À la demande du colonel Jean-Baptiste Estienne et avec l'approbation du général Joseph Joffre, Louis Renault conçoit le char léger Renault FT, doté d'une tourelle rotative à 360 degrés et d'un moteur situé à l'arrière ; engagé en mai 1918, ce blindé contribue aux offensives du maréchal Ferdinand Foch. Dans l'entre-deux-guerres, il introduit le travail à la chaîne à l'île Seguin en 1922, rivalise avec André Citroën et étend la marque à 49 pays, portant ses effectifs à 20 000 employés en 1928.
En mars 1935, Louis Renault rencontre Adolf Hitler lors du salon de l'automobile de Berlin. Sous l'Occupation, les Usines Renault de l'île Seguin passent sous contrôle allemand et produisent camions et matériels militaires pour la Wehrmacht. Contrairement à des industriels comme les dirigeants de Michelin ou de Peugeot, Louis Renault refuse de nouer des liens avec la Résistance. Le 23 septembre 1944, trois semaines après la libération de Paris, il se présente volontairement au palais de justice avec son directeur général René de Peyrecave : tous deux sont inculpés de commerce avec l'ennemi et incarcérés à la prison de Fresnes. Déjà sérieusement malade et atteint d'aphasie, Louis Renault est transféré le 10 octobre à la clinique Saint-Jean-de-Dieu à Paris, où il décède le 24 octobre 1944 sans avoir été jugé. L'ordonnance du 16 janvier 1945, signée par le général Charles de Gaulle, nationalise les Usines Renault, seule entreprise française à subir une telle sanction à titre pénal. Les registres d'incarcération à Fresnes se révèlent manquants. Sa veuve Christiane Boullaire affirme dès 1956 qu'il a été maltraité en prison. Les petits-enfants de Louis Renault engagent en 2011 une procédure pour réviser la nationalisation, sans succès.
1877 : naissance le 12 février à Paris, 8e arrondissement
1898 : construction de la première voiturette Renault Type A ; douze commandes reçues lors de l'ascension de la côte de la rue Lepic le 24 décembre
1899 : dépôt du brevet n°285.753 de la transmission à prise directe (9 février) ; fondation de Renault Frères (25 février)
1903 : décès de Marcel Renault lors de la course Paris-Madrid
1905 : commande de 250 taxis pour Paris ; visite des usines Ford aux États-Unis
1908 : lancement de la production de moteurs d'avion
1909 : décès de Fernand Renault ; société rebaptisée Société des Automobiles Renault
1917 : conception du char léger Renault FT en collaboration avec le colonel Jean-Baptiste Estienne
1918 : décoration de la Légion d'honneur pour la contribution de l'entreprise à la victoire ; mariage avec Christiane Boullaire le 26 septembre à Herqueville
1920 : naissance du fils unique Jean-Louis Renault (24 janvier)
1922 : introduction du travail à la chaîne à l'île Seguin (Boulogne-Billancourt)
1928 : 20 000 employés dans le groupe ; présence de la marque dans 49 pays
1933 : rachat de la société des avions Caudron ; prise de participation dans Air France
1935 : rencontre d'Adolf Hitler lors du salon de l'automobile de Berlin
1944 : arrestation le 23 septembre pour commerce avec l'ennemi ; décès le 24 octobre à Paris
Fils d'Alfred Renault, commerçant en tissus et boutons, et de Louise-Berthe Magnien, Louis Renault grandit dans un milieu bourgeois parisien et fréquente le lycée Condorcet avant d'abandonner les études après le baccalauréat. Le 26 septembre 1918, il épouse à Herqueville Christiane Boullaire, 21 ans, soeur du peintre et lithographe Jacques Boullaire ; il a alors 40 ans. Leur fils unique, Jean-Louis Renault, naît le 24 janvier 1920 et décède en 1982, laissant huit petits-enfants issus de quatre mariages. La famille partage sa vie entre un hôtel particulier au 90 avenue Foch à Paris et le château d'Herqueville dans l'Eure.
Passionné d'aviation, Louis Renault cofonde en 1919 la Compagnie des messageries aériennes et fournit des moteurs à de nombreux pionniers de l'air ; en 1928, Jean Mermoz franchit la cordillère des Andes à bord d'un Latécoère 25 propulsé par un moteur Renault. Louis Renault développe une rivalité intense avec André Citroën, employant à son égard des formules antisémites documentées par les historiens. À Herqueville, il constitue progressivement un domaine de plus de 4 000 hectares avec une façade de 3 kilomètres sur la Seine, y édifiant logements et équipements pour ses employés locaux. Il acquiert également des propriétés aux îles Chausey et dans la presqu'île de Giens.
Atteint d'aphasie depuis 1942 et d'une affection rénale diagnostiquée en 1934 et non traitée, Louis Renault est arrêté le 23 septembre 1944 et incarcéré à la prison de Fresnes pour commerce avec l'ennemi, déjà gravement affaibli. Son état de santé se détériorant rapidement, il est transféré le 10 octobre 1944 à la clinique Saint-Jean-de-Dieu, rue Oudinot à Paris, à la demande de sa famille. Il décède le 24 octobre 1944 d'une hémorragie cérébrale, quatre semaines après son incarcération, sans avoir pu se défendre devant un tribunal. Aucun hommage officiel institutionnel ne lui est rendu au moment de sa mort ; le gouvernement provisoire procède au contraire à la confiscation de ses biens industriels le 15 novembre 1944. Ses obsèques se déroulent le 28 octobre 1944, dans un contexte de disgrâce nationale.
Louis Renault est inhumé au cimetière communal d'Herqueville, dans l'Eure (Normandie), commune où il s'était marié en 1918 et où il avait constitué son domaine de 4 000 hectares en bordure de Seine. La mairie d'Herqueville, reconstruite à ses frais et à son initiative après déplacement, demeure un témoignage de son ancrage dans cette commune normande.
1 - Le brevet de transmission à prise directe n°285.753, déposé le 9 février 1899, est rapidement acheté par l'ensemble des constructeurs automobiles de l'époque - Belleville, Hotchkiss, Mors, Panhard et Levassor, Peugeot - constituant l'une des sources de financement initiales de la Société Renault Frères.
2 - Contacté en décembre 1915 par le colonel Jean-Baptiste Estienne pour concevoir un char léger, Louis Renault refuse. C'est lors d'une rencontre fortuite en juillet 1916 qu'il accepte, donnant naissance au Renault FT, premier blindé équipé d'une tourelle rotative à 360 degrés et d'un moteur à l'arrière.
3 - Pour agrandir son domaine d'Herqueville jusqu'à plus de 4 000 hectares et 3 kilomètres de façade sur la Seine, Louis Renault fait déplacer la mairie du village, finançant en contrepartie la construction d'un bâtiment identique à un emplacement de son choix.
4 - En 1925, Renault adopte le losange comme logo de la marque, en réponse au logo à chevrons d'André Citroën. Le losange est en réalité constitué de deux chevrons disposés tête-bêche, une réponse visuelle à la fois facétieuse et agressive dans la rivalité entre les deux constructeurs.
5 - Dans ses usines de Billancourt, Louis Renault est connu de ses ouvriers sous le surnom de l'Ogre de Billancourt, hérité de ses méthodes de direction autoritaires, de sa méfiance envers les syndicats et de la surveillance constante imposée à ses employés de l'île Seguin.
6 - La première voiture de série Renault, la Type A, vendue le 24 décembre 1898 à un ami du père de Louis, est présentée à l'Exposition universelle de Paris en 1900, première apparition de Renault Frères comme constructeur reconnu sur la scène internationale.
- Métier(s) : industriel, inventeur, pilote de course automobile
- Résidence principale : Paris (avenue Foch)
- Relations de couple : Christiane Boullaire (épouse en 1918)
- Enfants : Jean-Louis Renault (1920-1982)
- Distinctions : Légion d'honneur
31 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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Je suis très heureux d'avoir Monsieur Citroën comme concurrent, car il fait travailler et oblige à la lutte.