Jeanne Herry, réalisatrice, scénariste et actrice française née le 19 avril 1978 à Paris. Fille de l'actrice Miou-Miou et du chanteur Julien Clerc, elle se forme au Conservatoire national supérieur d'art dramatique avant de bifurquer vers la mise en scène. Auteure de tous ses scénarios, elle construit une oeuvre de fiction documentée, ancrée dans des dispositifs sociaux méconnus du grand public : adoption, justice restaurative, relations parasociales. Son troisième long métrage Je verrai toujours vos visages (2023) dépasse le million d'entrées en salles.
Jeanne Herry grandit entre les tournages de sa mère et les tournées de son père. À dix ans, elle tient un petit rôle dans Milou en mai (1990) de Louis Malle, aux côtés de Michel Piccoli, Dominique Blanc et Michel Duchaussoy. Elle décrit ce tournage de deux mois comme ses "premiers pas dans la comédie, un peu mal assurés mais avec une légèreté, une sorte d'insouciance totale" (Europe 1, août 2023). Après un baccalauréat économique, elle part une année à Londres où elle s'inscrit à la London and International School of Acting. De retour à Paris, elle intègre le Conservatoire national supérieur d'art dramatique, promotion 2002.
Au Conservatoire, elle découvre la mise en scène autant que le jeu, formée notamment par Catherine Hegel, Dominique Vadier et Muriel Mayette, qu'elle décrit comme "des femmes qui avaient un point de vue tellement aiguisé sur le jeu et sur le plateau en général" (Women In Motion, Kering, Cannes, mai 2023). Elle observe que son plaisir est davantage dans le regard porté sur le jeu des autres que dans le fait de jouer elle-même. Elle joue au théâtre dans Le Loup-garou de Roger Vitrac et Le Belvédère, mis en scène par Jacques Vincey. Au cinéma, elle tient un rôle dans Gabrielle (2005) de Patrice Chéreau, et apparaît dans des séries télévisées dont Maigret et Clara Sheller. En 2005, elle publie un roman, 80 étés, aux éditions Gallimard. Elle décrit ce livre avec lucidité : "très cliché du premier livre, très autobiographique à la première personne... j'avais conscience que j'avais écrit un livre que je n'aurais jamais acheté moi en librairie" -- ce qui l'oriente vers une écriture de personnages et de récit charpenté plutôt que vers l'autofiction. (Women In Motion, Kering, Cannes, mai 2023)
En 2009, elle réalise son premier court métrage, Marcher, interprété par Miou-Miou. En 2014, elle sort son premier long métrage, Elle l'adore, comédie policière avec Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte. Le film est nommé au César du meilleur premier film 2015. Kiberlain remporte plusieurs prix d'interprétation dans les festivals francophones. Entre 2014 et 2018, elle réalise deux épisodes de la série Dix pour cent et l'adaptation française de Fleabag de Phoebe Waller-Bridge sous le titre Mouche, avec Camille Cottin, pour Canal+. En 2018, elle sort Pupille, portrait choral des coulisses d'une adoption en France, avec Élodie Bouchez et Gilles Lellouche. Le film réunit 400 000 spectateurs dans ses deux premières semaines d'exploitation et reçoit sept nominations aux César 2019, dont meilleur film et meilleure réalisation, sans remporter de statuette. En 2023, Je verrai toujours vos visages, consacré à la justice restaurative, obtient neuf nominations aux César et remporte le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Adèle Exarchopoulos ainsi que le César des lycéens. En 2026, son quatrième long métrage, Garance, avec Adèle Exarchopoulos, est sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes.
1978 : naissance le 19 avril à Paris
1981 : séparation de ses parents Miou-Miou et Julien Clerc
1990 : premier rôle au cinéma dans Milou en mai de Louis Malle
1998 : départ à Londres, formation à la London and International School of Acting
2002 : diplôme du Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris
2005 : publication du roman 80 étés chez Gallimard ; rôle dans Gabrielle de Patrice Chéreau
2009 : premier court métrage, Marcher, avec Miou-Miou
2014 : premier long métrage, Elle l'adore, avec Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte
2015 : nomination au César du meilleur premier film
2016 : deux épisodes de Dix pour cent ; mise en scène de L'Or et la paille au Théâtre du Rond-Point
2018 : sortie de Pupille ; adaptation de Fleabag en Mouche pour Canal+
2019 : sept nominations aux César pour Pupille
2023 : sortie de Je verrai toujours vos visages ; César de la meilleure actrice dans un second rôle (Adèle Exarchopoulos) et César des lycéens
2026 : Garance sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes
Jeanne Herry est la fille de Miou-Miou (Sylvette Herry) et de Julien Clerc (Paul-Alain Leclerc). Elle a grandi avec sa soeur aînée Angèle, née d'une précédente relation de Miou-Miou, légalement adoptée par Julien Clerc à sa majorité. Elle décrit sa famille recomposée élargie comme "un très grand bâtiment, avec plein de dépendances, mais qui tient vachement bien" (Gala, décembre 2018). Elle a deux enfants, Antoine, né le 3 avril 2007, et Margaux, née en 2010.
Elle cite Truffaut, Hitchcock, Claude Sautet, Yves Robert et Sydney Pollack comme influences fondatrices, et salue Kathryn Bigelow parmi les réalisatrices. Elle décrit ses parents comme des modèles non de posture artistique mais de travail et d'artisanat : "la posture n'existait pas du tout chez nous. Et c'était du boulot." Elle refuse de qualifier ses films de "sociaux" au sens militant : "Je ne suis pas quelqu'un de super révoltée... je pense que je suis bonne pour dire 'ça, c'est formidable' ou 'ça, c'est précieux'." (Women In Motion, Kering, Cannes, mai 2023)
Sur son rapport au monde, elle se dit "plutôt optimiste" mais sensible à la violence du débat public contemporain. Elle déclare à France Inter en mars 2023 : "Le manque de dialogue, la polarisation, ce clivage dans les débats, cette valorisation du clash, je trouve ça très compliqué à vivre. C'est décourageant." La justice restaurative représente pour elle "un endroit où l'on s'écoute, où l'on se parle, où l'on se répare par le collectif et le dialogue." (France Inter, Léa Salamé, 27 mars 2023)
Jeanne Herry est née et vit à Paris. Elle a grandi entre Paris et la région bordelaise, entre les domiciles de ses parents après leur séparation. Elle a étudié à Londres. Ses recherches documentaires pour ses films l'ont conduite plusieurs fois en Bretagne (pour Pupille) et au Québec (pour Je verrai toujours vos visages), où la justice restaurative est plus développée qu'en France.
Laisser des bons souvenirs.
— Talk Women In Motion, Kering, Cannes, 19 mai 2023 (conseil qu'elle a gardé en tête)
Le réel ne me contraint jamais, il m'inspire.
— La Croix, mars 2023
Ma place a été plutôt là que de l'autre côté de la caméra, ça c'était flagrant pour moi, je me sentais bien et je me sentais mieux outillée.
— Europe 1, Club de l'été, août 2023
Le manque de dialogue, la polarisation, ce clivage dans les débats, cette valorisation du clash, je trouve ça très compliqué à vivre. C'est décourageant.
— France Inter, Léa Salamé, 27 mars 2023
Je ne suis pas quelqu'un de super révoltée... je pense que je suis bonne pour dire 'ça, c'est formidable' ou 'ça, c'est précieux' ou 'ça, il faudra en prendre soin'.
— Talk Women In Motion, Kering, Cannes, 19 mai 2023
C'est coûteux pour moi de faire un film, d'écrire : c'est coûteux émotionnellement, c'est coûteux intellectuellement. J'y mets beaucoup de moi, et beaucoup de ce qui m'obsède.
— Talk Women In Motion, Kering, Cannes, 19 mai 2023
Laisser des bons souvenirs.
— Talk Women In Motion, Kering, Cannes, 19 mai 2023 (conseil qu'elle a gardé en tête)
Le réel ne me contraint jamais, il m'inspire.
— La Croix, mars 2023
Ma place a été plutôt là que de l'autre côté de la caméra, ça c'était flagrant pour moi, je me sentais bien et je me sentais mieux outillée.
— Europe 1, Club de l'été, août 2023
Le manque de dialogue, la polarisation, ce clivage dans les débats, cette valorisation du clash, je trouve ça très compliqué à vivre. C'est décourageant.
— France Inter, Léa Salamé, 27 mars 2023
Je ne suis pas quelqu'un de super révoltée... je pense que je suis bonne pour dire 'ça, c'est formidable' ou 'ça, c'est précieux' ou 'ça, il faudra en prendre soin'.
— Talk Women In Motion, Kering, Cannes, 19 mai 2023
C'est coûteux pour moi de faire un film, d'écrire : c'est coûteux émotionnellement, c'est coûteux intellectuellement. J'y mets beaucoup de moi, et beaucoup de ce qui m'obsède.
— Talk Women In Motion, Kering, Cannes, 19 mai 2023