Cette année marque le 30ᵉ anniversaire de sa disparition.
Marcello Mastroianni, acteur italien né le 28 septembre 1924 à Fontana Liri (Latium) et mort le 19 décembre 1996 à Paris, est l'une des figures masculines les plus reconnues du cinéma mondial des années 1960, célèbre pour sa collaboration avec Federico Fellini et ses douze films partagés avec Sophia Loren.
Marcello Vincenzo Domenico Mastroianni grandit à Rome après que sa famille, originaire d'Arpino, eut quitté Fontana Liri peu après sa naissance, passant d'abord par Turin. Son père, Ottorino Mastrojanni, menuisier, et sa mère, Ida Irolle, s'installent définitivement dans la capitale italienne en 1933. Après un diplôme de géomètre à l'institut technique Galileo Galilei en 1943, le jeune Marcello est affecté à l'Institut géographique militaire de Florence, alors absorbé par l'Organisation Todt. Il s'évade avec son ami Remo Brindisi pour rejoindre Venise, où il se cache jusqu'à la fin de la guerre. De retour à Rome en 1945, il travaille comme comptable pour la société britannique Eagle Lion Films tout en suivant des cours au Centro universitario teatrale. C'est là qu'il croise Giulietta Masina et, par son intermédiaire, attire l'attention d'un assistant de Luchino Visconti. Sous la direction de Visconti, il interprète de 1948 à 1956 des pièces de Shakespeare, de Tchekhov, d'Arthur Miller et de Tennessee Williams au Teatro Eliseo, où il joue notamment Mitch dans Un tramway nommé désir aux côtés de Vittorio Gassman. Ses débuts au cinéma remontent à 1939, comme figurant dans Marionette de Carmine Gallone, mais c'est seulement en 1957 que Visconti lui offre son premier grand rôle dans Nuits blanches, d'après Dostoïevski.
La consécration internationale survient en 1960 avec La dolce vita de Federico Fellini, dans lequel Mastroianni incarne le journaliste mondain Marcello Rubini. Le film, présenté au Festival de Cannes et Palme d'or, lui colle l'étiquette de "Latin Lover" qu'il ne cessera de contester. La même année, il tourne La Notte de Michelangelo Antonioni, puis en 1961 Divorce à l'italienne de Pietro Germi -- qui lui vaut sa première nomination à l'Oscar du meilleur acteur. En 1963, Huit et demi de Fellini le place parmi les acteurs les plus demandés d'Europe. Aux côtés de Sophia Loren, il forme l'un des couples de cinéma les plus populaires du demi-siècle : ils partagent l'affiche dans douze films, de Dommage que tu sois une canaille (1955) de Alessandro Blasetti à Une journée particulière (1977) d'Ettore Scola. Mastroianni travaille également avec Mario Monicelli, Vittorio De Sica, Marco Ferreri, Bertrand Blier, Agnès Varda, Theo Angelopoulos et Manoel de Oliveira, signant jusqu'à sa mort plus de 170 films en langue italienne, française et anglaise.
1924 : naissance le 28 septembre à Fontana Liri (Latium, Italie)
1933 : installation définitive de la famille à Rome, quartier San Giovanni
1939 : premier rôle de figurant dans Marionette de Carmine Gallone
1943 : diplôme de géomètre ; capturé par l'armée allemande, s'évade et se réfugie à Venise
1945 : emploi de comptable chez Eagle Lion Films ; inscription au Centro universitario teatrale
1948 : premier rôle au théâtre sous la direction de Luchino Visconti, dans Comme il vous plaira de Shakespeare
1950 : mariage avec l'actrice Flora Carabella ; premiers rôles importants au cinéma
1957 : rôle principal dans Nuits blanches de Luchino Visconti
1960 : La dolce vita de Federico Fellini ; Palme d'or à Cannes
1961 : Divorce à l'italienne de Pietro Germi ; première nomination à l'Oscar du meilleur acteur
1963 : Huit et demi de Federico Fellini ; Golden Globe du meilleur acteur
1970 : prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour Drame de la jalousie de Ettore Scola
1972 : naissance de Chiara Mastroianni, sa fille avec Catherine Deneuve
1987 : second prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour Les Yeux noirs de Nikita Mikhalkov
1989 : Coupe Volpi ex aequo à la Mostra de Venise pour Quelle heure est-il ? d'Ettore Scola
1990 : Lion d'or d'honneur pour l'ensemble de sa carrière à la Mostra de Venise
1993 : César d'honneur
1994 : chevalier grand-croix de l'Ordre du Mérite de la République italienne
1996 : décès le 19 décembre à Paris, des suites d'un cancer du pancréas
Fils d'Ottorino Mastrojanni, menuisier, et d'Ida Irolle, Marcello Mastroianni épouse en 1950 Flora Carabella, actrice de théâtre, avec qui il a une fille, Barbara, née en 1951, qui deviendra costumière de cinéma. Le couple se sépare en 1970 sans jamais divorcer. En 1971, sur le tournage de Liza de Marco Ferreri, il rencontre Catherine Deneuve, avec qui il a une fille, Chiara Mastroianni, née le 28 mai 1972 à Paris ; Chiara deviendra actrice et chanteur. Son frère cadet Ruggero Mastroianni, né en 1929, exerce le métier de monteur et collabore notamment avec Fellini sur plusieurs films, dont La Cité des femmes et Ginger et Fred. Leur oncle commun, le sculpteur Umberto Mastroianni, a reçu le premier Praemium Imperiale pour la sculpture en 1989.
À partir de 1976, Mastroianni partage sa vie avec la réalisatrice Anna Maria Tatò, sa compagne pendant vingt-deux ans. Il avait également eu une liaison avec l'actrice Faye Dunaway entre 1968 et 1970, et une brève relation de jeunesse avec Silvana Mangano alors que les deux fréquentaient le même cours de théâtre à Rome. Mastroianni s'est investi dans le soutien à la culture italienne à l'international, notamment au travers de prises de parole sur le rôle social du cinéma. Il résidait principalement à Rome et, dans les dernières années de sa vie, au 91 rue de Seine à Paris.
Marcello Mastroianni est mort d'un cancer du pancréas le 19 décembre 1996, à son domicile privé au 91 rue de Seine, dans le 6e arrondissement de Paris. Atteint de cette maladie en 1996 alors qu'il terminait le tournage de Voyage au début du monde de Manoel de Oliveira au Portugal, il avait demandé lui-même à interrompre la tournée théâtrale des Ultime lune, dont la dernière représentation s'était tenue à Naples. À son chevet au moment du décès se trouvaient Catherine Deneuve, leur fille Chiara Mastroianni, et l'acteur Michel Piccoli. Un hommage public est rendu à Paris en l'église Saint-Sulpice avant le transfert du cercueil en Italie. À Rome, les eaux de la fontaine de Trevi sont arrêtées en signe de deuil. Son frère Ruggero Mastroianni était décédé trois mois auparavant, le 9 septembre 1996.
La dépouille de Marcello Mastroianni est inhumée au cimetière communal monumental de Campo Verano, à Rome. En 2025, la ville de Paris a donné le nom de square Marcello-Mastroianni à une partie de la place Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement, à proximité de son dernier domicile. La Mostra de Venise décerne depuis 1998 un Prix Marcello-Mastroianni au meilleur jeune acteur ou actrice émergent.
1 - En 1943, Mastroianni obtient un diplôme de géomètre à l'institut technique Galileo Galilei de Rome. Affecté à l'Institut géographique militaire de Florence, il s'enfuit avec son collègue Remo Brindisi pour éviter un transfert forcé en Allemagne et se réfugie à Venise jusqu'à la Libération.
2 - Avant de se consacrer au cinéma, Mastroianni travaille comme comptable pour la société britannique Eagle Lion Films à Rome afin de financer ses études. Il suit en parallèle des cours de théâtre au Centro universitario teatrale, où il se retrouve dans la même classe que Silvana Mangano, avec qui il entame une brève relation.
3 - En 1967, les Beatles avaient prévu d'inclure le portrait de Marcello Mastroianni, aux côtés de Sophia Loren, dans la pochette de l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band. Les deux cartons en grandeur nature étaient présents lors de la séance photo, mais dissimulés derrière les statues de cire du groupe ; seule la partie supérieure du chapeau de Mastroianni reste visible au-dessus de la tête de la figurine de Ringo Starr.
4 - En 1966, pour se défaire de son image de paresseux, Mastroianni accepte un rôle chantant et dansant dans la comédie musicale Ciao Rudy, où il incarne Rodolfo Valentino pendant trois mois de représentations quotidiennes à guichets fermés à Milan.
5 - Mastroianni est l'un des trois seuls acteurs de l'histoire à avoir remporté à deux reprises le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes, avec Jack Lemmon et Dean Stockwell. Il reçoit cette récompense en 1970 pour Drame de la jalousie et en 1987 pour Les Yeux noirs de Nikita Mikhalkov.
6 - Pour son dernier film, Voyage au début du monde (1997) de Manoel de Oliveira, Mastroianni tourne au Portugal alors qu'il est déjà gravement malade. Le film, dans lequel il joue le rôle d'un cinéaste retournant aux sources de son enfance, est sorti à titre posthume et est considéré comme son testament cinématographique.
- Métier(s) : acteur
- Résidence principale : Rome (jusqu'aux années 1990), Paris (dernières années)
- Relations de couple : Flora Carabella (épouse, 1950-séparation 1970), Faye Dunaway (1968-1970), Catherine Deneuve (1970-1974), Anna Maria Tatò (1976-1996)
- Enfants : Barbara Mastroianni (1951-2018), Chiara Mastroianni (née le 28 mai 1972)
- Distinctions : Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes (1970, 1987), Coupe Volpi ex aequo à Venise (1989), Lion d'or d'honneur à Venise (1990), César d'honneur (1993), chevalier grand-croix de l'Ordre du Mérite de la République italienne (1994) ; trois nominations à l'Oscar du meilleur acteur (1963, 1978, 1988)
« Être acteur c'est presque plus plaisant que de faire l'amour. Être acteur c'est un jeu. »
— Citation rapportée dans Marcello Mastroianni de Gérard Pangon (Babelio)
« Travailler avec Marcello est une joie : délicat, disponible, intelligent, il prend possession des personnages sur la pointe des pieds. »
— Federico Fellini, cité dans Marcello Mastroianni de Gérard Pangon (Babelio)
« Dans la tradition, les acteurs sont nomades. On dit d'ailleurs que c'est pour cela que les acteurs vivent longtemps, car ils changent souvent d'air. »
— Interview au journal de 13h de l'INA, janvier 1971
« Très souvent, les acteurs, on choisit un film car on a besoin d'argent. Ils ont toujours besoin d'argent. Je ne sais pas pourquoi, parce que pourtant on en gagne ! »
— Interview au journal de 13h de l'INA, janvier 1971
« Je crois à la nature, aux affections, aux amitiés, à mon travail, à mes amis. Moi j'aime les gens, j'aime la vie. C'est peut-être pour cela qu'en retour la vie m'a aimé. Je me considère comme un homme qui a eu beaucoup de chance. »
— Film documentaire Marcello Mastroianni, je me souviens (Anna Maria Tatò, 1997), texte présenté au Festival de Cannes 1997