Vittorio Gassman, né le 1er septembre 1922 à Gênes et mort à Rome le 29 juin 2000, est un acteur et metteur en scène italien surnommé « il mattatore ». Présent au théâtre comme au cinéma pendant près de six décennies, il remporte en 1975 le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour Parfum de femme.
Né Vittorio Gassmann le 1er septembre 1922 dans le quartier génois de Struppa, d'un père allemand, Heinrich Gassmann, ingénieur civil originaire de Karlsruhe, et d'une mère italienne de confession juive, Luisa Ambron, il grandit à Rome dès l'âge de six ans. Élève au lycée Torquato Tasso aux côtés de Raimondo Vianello, il intègre l'Académie nationale d'art dramatique Silvio-D'Amico où il côtoie Paolo Stoppa, Rina Morelli et Nino Manfredi. Durant ses études, il se distingue comme joueur de basket-ball au niveau universitaire. Il débute sur scène en 1943 à Milan sous la direction d'Alda Borelli dans La Nemica de Dario Niccodemi, puis rejoint le Teatro Eliseo avec Tino Carraro et Ernesto Calindri. C'est au sein de la compagnie de Luchino Visconti qu'il acquiert la reconnaissance de ses pairs, incarnant Stanley Kowalski dans Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams. Au cinéma, après des débuts en 1946, il signe un premier grand succès avec Riz amer de Giuseppe De Santis en 1949, l'un des jalons du néoréalisme naissant.
En 1952, Gassman cofonde avec Luigi Squarzina le Teatro d'Arte Italiano, produisant la première version complète d'Hamlet en Italie ainsi que des oeuvres rares de Sénèque et d'Eschyle. Une parenthèse hollywoodienne (1952-1954), motivée par son mariage avec Shelley Winters, donne lieu à quatre films qu'il juge sévèrement. Le véritable tournant survient en 1958 avec Le Pigeon de Mario Monicelli, aux côtés de Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale et Totò : Gassman révèle un talent comique inattendu. Les collaborations avec Dino Risi s'enchaînent : Le Fanfaron (1962) avec Jean-Louis Trintignant, Les Monstres (1963), Parfum de femme (1974). Avec Ettore Scola, il tourne Nous nous sommes tant aimés (1974), La Terrasse (1980) et La Famille (1987). Il participe également à des productions internationales : Guerre et Paix de King Vidor (1956), Un mariage de Robert Altman (1978), La vie est un roman d'Alain Resnais (1983) et Sleepers de Barry Levinson (1996). En 1994, il prête sa voix à Mufasa dans la version italienne du Roi lion des studios Disney.
1922 : naissance le 1er septembre à Gênes (Struppa)
1943 : débuts sur scène à Milan dans La Nemica sous la direction d'Alda Borelli
1943 : mariage avec l'actrice Nora Ricci ; naissance de Paola Gassman en 1945
1949 : succès cinématographique avec Riz amer de Giuseppe De Santis
1952 : cofondation du Teatro d'Arte Italiano avec Luigi Squarzina ; première version complète d'Hamlet en Italie
1952 : mariage avec l'actrice américaine Shelley Winters, séjour à Hollywood (1952-1954)
1956 : rôle dans Guerre et Paix de King Vidor aux côtés d'Audrey Hepburn et Henry Fonda
1958 : révélation comique dans Le Pigeon de Mario Monicelli
1959 : animation de l'émission télévisée Il Mattatore sur la RAI, qui lui vaut son surnom durable
1962 : Le Fanfaron de Dino Risi, avec Jean-Louis Trintignant
1972 : mariage avec l'actrice Diletta D'Andrea ; naissance de Jacopo Gassman en 1980
1974 : Parfum de femme de Dino Risi et Nous nous sommes tant aimés d'Ettore Scola
1975 : Prix d'interprétation masculine au 28e Festival de Cannes pour Parfum de femme
1979 : fondation de la Bottega Teatrale au Théâtre Goldoni de Florence, qu'il dirige jusqu'en 1991
1994 : voix italienne de Mufasa dans Le Roi lion de Disney
Vittorio Gassman a épousé trois actrices et entretenu six relations durables. Nora Ricci, fille des comédiens Renzo Ricci et Margherita Bagni, fut sa première épouse de 1943 à 1952 ; de cette union naquit Paola Gassman en 1945, elle-même comédienne. En 1952, il épouse l'Américaine Shelley Winters, avec qui il a une fille, Vittoria, née le 14 février 1953 ; le couple divorce en 1954. De sa relation avec l'actrice française Juliette Mayniel naît Alessandro Gassman le 24 février 1965, devenu acteur et réalisateur. Sa troisième épouse, Diletta D'Andrea, est la mère de Jacopo Gassman, né le 26 juin 1980, metteur en scène.
Dans ses dernières années, Gassman souffrit de trouble bipolaire accompagné de phases dépressives, une vulnérabilité qu'il évoqua publiquement. Passionné de poésie, il consacra une partie de sa carrière à des lectures publiques de Dante Alighieri et introduisit en Italie des oeuvres étrangères peu connues. De 1979 à 1991, il dirigea la Bottega Teatrale au Théâtre Goldoni de Florence, école qui attira des personnalités telles qu'Anthony Quinn, Giorgio Albertazzi et Ettore Scola. Le Teatro Quirino de Rome lui fut dédié en 2004 sous l'appellation Teatro Quirino-Vittorio Gassman, son fils Alessandro rappelant que posséder un théâtre était le seul rêve inachevé de son père.
Vittorio Gassman meurt d'une crise cardiaque le 29 juin 2000 à Rome, à l'âge de 77 ans. La chambre funéraire est installée le lendemain au Palais sénatorial du Capitole, dans la salle de la Protomothèque. Les funérailles se tiennent le 1er juillet en l'église San Gregorio al Celio, en présence de nombreuses personnalités du cinéma et du spectacle dont Monica Vitti et Fanny Ardant, ainsi que du Premier ministre en exercice. Son corps est incinéré et ses cendres inhumées dans le caveau de la famille D'Andrea, celui de sa troisième épouse Diletta D'Andrea, au cimetière monumental de Verano. La Mostra de Venise lui rend hommage le 1er septembre 2010, date de son quatre-vingt-huitième anniversaire, en projetant le documentaire Vittorio racconta Gassman réalisé par Giancarlo Scarchilli en collaboration avec Alessandro Gassman.
Les cendres de Vittorio Gassman reposent au cimetière monumental de Verano à Rome, dans la tombe de la famille D'Andrea. La municipalité de Rome a dédié deux espaces publics à sa mémoire : le Largo Vittorio Gassman à la Villa Borghese (2003) et le Lungotevere Vittorio Gassman dans le quartier de Portuense (2006). Le Teatro Quirino de Rome porte son nom depuis 2004. La municipalité de Gênes a donné son nom à la rue du quartier de Struppa où il est né.
1 - Avant de se consacrer au théâtre, Gassman était joueur de basket-ball de niveau universitaire, inscrit au club S.S. Parioli à Rome. En 1942, il participa avec l'équipe « Bruno Mussolini Roma » à la finale du Scudetto, compétition nationale.
2 - Lors du tournage du Fanfaron (1962), l'équipe jouait sur l'improvisation car le film devait être doublé : Gassman et Dino Risi inventaient les dialogues entre les prises, Gassman interpellant Risi pour savoir comment réagir à chaque situation imprévue.
3 - Alberto Sordi avait refusé le rôle principal du Fanfaron, estimant que l'autre personnage récolterait tous les honneurs. Après le triomphe du film, il déclarait : « Gassman a copié mon personnage, je le déteste ! » Gassman répondit publiquement : « Ma seule ambition était de faire aussi bien que lui. »
4 - Dans les années 1990, il participa à l'émission télévisée Tunnel où il récitait avec le même sérieux docte qu'il mettait à déclamer Dante des factures de gaz, des menus de restaurant ou des annonces économiques. L'émission devint un succès.
5 - En 1994, il prête sa voix à Mufasa dans la version italienne du Roi lion. Sa voix, réputée pour sa richesse et sa flexibilité, lui valait en Italie la réputation de pouvoir rendre captivant n'importe quel texte lu à voix haute.
6 - L'épitaphe qu'il choisit lui-même pour sa sépulture est « Non fu mai impallato ! » (litt. « Il n'a jamais été empalé ! »), formule empruntée au jargon du cinéma désignant un acteur gêné par le cadrage, détournée ici en trait d'humour posthume sur sa liberté de jeu.
- Métier(s) : acteur, metteur en scène, réalisateur, scénariste, écrivain
- Résidence principale : Rome
- Relations de couple : Nora Ricci (1943-1952), Shelley Winters (1952-1954), Anna Maria Ferrero (1953-1960), Annette Stroyberg (1961-1963), Juliette Mayniel (relation, 1965), Diletta D'Andrea (1972-2000)
- Enfants : Paola Gassman (1945), Vittoria Gassman (1953), Alessandro Gassman (1965), Jacopo Gassman (1980)
- Distinctions : Prix d'interprétation masculine, Festival de Cannes 1975 (Parfum de femme) ; David di Donatello 1957 (Kean) ; Prix du meilleur acteur, Festival de San Sebastián 1971 ; Chevalier grand-croix de l'Ordre du Mérite de la République italienne (1994)
« Pour être acteur il faut être fou. »
— Interview à Monte-Carlo, marie-celine.com (années 1980)
« Le cinéma et le théâtre sont les deux branches d'un même arbre. »
— Interview à Monte-Carlo, marie-celine.com (années 1980)
« Dino Risi fut le premier à oser me donner le rôle d'un homme quelconque. »
— Entretien avec Jean A. Gili, revue Écran n°40, octobre 1975 (Festival de Cannes 1975)
« Je ne travaille pas pour l'éternité, je ne me prends jamais tellement au sérieux. »
— Interview à Monte-Carlo, marie-celine.com (années 1980)
« Pour être acteur il faut être fou. »
— Interview à Monte-Carlo, marie-celine.com (années 1980)
« Le cinéma et le théâtre sont les deux branches d'un même arbre. »
— Interview à Monte-Carlo, marie-celine.com (années 1980)
« Dino Risi fut le premier à oser me donner le rôle d'un homme quelconque. »
— Entretien avec Jean A. Gili, revue Écran n°40, octobre 1975 (Festival de Cannes 1975)
« Je ne travaille pas pour l'éternité, je ne me prends jamais tellement au sérieux. »
— Interview à Monte-Carlo, marie-celine.com (années 1980)