Résumé biographique
Actrice et mannequin danoise des années 1960, Annette Stroyberg s’est imposée comme figure singulière du cinéma européen, muse de Roger Vadim et visage de films mêlant érotisme et modernité, avant de se retirer dans une vie plus discrète entre Europe et États-Unis.
Parcours
Née à Rynkeby, sur l’île de Fionie, Annette Susanne Strøyberg grandit au Danemark dans une famille marquée par la disparition précoce de son père, médecin, avant de déménager avec sa mère et sa sœur à Copenhague. Très tôt remarquée pour sa beauté, elle devient mannequin et s’impose comme « guldpigen » de Tuborg, dont la silhouette en taille réelle envahit vitrines et panneaux publicitaires. À 19 ans, elle part à Paris, où elle pose pour des maisons de couture et des magazines comme Elle. C’est là qu’elle rencontre le réalisateur Roger Vadim, qui, cherchant une nouvelle héroïne après Brigitte Bardot, la choisit pour incarner Marianne Tourvel dans Les Liaisons dangereuses 1960, lançant sa carrière d’actrice sous le nom d’Annette Vadim.
À partir de la fin des années 1950, Annette Stroyberg enchaîne les tournages en France et en Italie. Elle retrouve Vadim dans le film fantastique Et mourir de plaisir, adaptation libre de Sheridan Le Fanu, et apparaît dans Le Testament d’Orphée de Jean Cocteau. Installée dans le circuit européen, elle tourne ensuite pour Carlo Lizzani avec Il carabiniere a cavallo, pour Vittorio Sala dans I Don Giovanni della Costa Azzurra, et pour Roberto Rossellini dans Âme noire, tout en faisant une apparition non créditée dans Le Fanfaron de Dino Risi. Ses rôles, souvent sensuels et énigmatiques, nourrissent une image de vamp internationale. À partir du milieu des années 1960, les propositions se raréfient et, après Lo scippo, elle se détourne progressivement du cinéma pour privilégier une existence mondaine et cosmopolite, qu’elle racontera plus tard dans son livre Skandaløse forbindelser.
Repères chronologiques
1936 : Naissance à Rynkeby, sur l’île de Fionie, au Danemark
1957 : Installation à Paris comme mannequin et rencontre décisive avec le réalisateur Roger Vadim
1958 : Mariage avec Roger Vadim et début de la collaboration artistique qui la fait connaître comme Annette Vadim
1959 : Rôle de Marianne Tourvel dans le film Les Liaisons dangereuses 1960, qui la révèle au public européen
1960 : Tournage de Et mourir de plaisir et apparition dans Le Testament d’Orphée, au cœur de la nouvelle vague européenne
1962 : Année italienne intense avec I Don Giovanni della Costa Azzurra, Âme noire et une apparition dans Le Fanfaron
1965 : Dernier grand rôle au cinéma dans Lo scippo, avant un retrait progressif des plateaux
1967 : Mariage avec l’industriel Guy Senouf et naissance de leur fils Yan, entre Maroc et New York
1974 : Naissance de Peri (Pericles) Callimanopulos et installation dans un appartement de prestige à New York avec le magnat grec Gregory Callimanopulos
1986 : Son histoire avec Vadim est largement évoquée dans le livre Bardot, Deneuve, Fonda, qui contribue à entretenir sa légende mondaine
2001 : Mariage avec l’avocat danois Christian Lillelund et retour à une vie plus stable au Danemark
2005 : Publication de son autobiographie Skandaløse forbindelser et décès à Copenhague à l’âge de 69 ans
Vie personnelle et engagements
Née Annette Susanne Strøyberg, elle est la fille du médecin Jørgen Strøyberg et de Grethe Betty Jensen, et grandit entre Fionie et Copenhague aux côtés de sa sœur. La disparition précoce de son père la confronte très tôt à une forme de précarité affective, qu’elle compense par une immersion rapide dans les milieux artistiques et mondains. À Paris, elle forge un réseau mêlant couturiers, photographes et cinéastes, devenant l’un des visages emblématiques de la mode scandinave à l’étranger. Plus tard, revenue à Copenhague après des années de vie itinérante, elle fréquente un cercle social où se croisent personnalités culturelles et proches de la famille royale danoise, tout en préservant une certaine discrétion sur ses engagements associatifs ou philanthropiques.
Sa vie sentimentale, largement commentée dans la presse, s’articule autour de plusieurs unions et liaisons avec des figures majeures du cinéma européen et américain. Avec Roger Vadim, elle a une fille, Nathalie, qui choisira à son tour le cinéma comme assistante-réalisatrice. De son mariage avec l’industriel Guy Senouf naît un fils, Yan, puis un second fils, Peri (Pericles) Callimanopulos, voit le jour lors de son union avec le magnat grec Gregory Callimanopulos, dans un environnement partagé entre New York, la Grèce et le Maroc. À partir des années 1990, elle rentre au Danemark et vit ses quinze dernières années avec l’avocat Christian Lillelund, dans un cadre plus posé, entourée de ses trois enfants, auxquels elle laisse le récit structuré de sa trajectoire dans son autobiographie.
Lieux de référence
La trajectoire d’Annette Stroyberg se lit à travers quelques lieux clés. Rynkeby, sur l’île de Fionie, incarne ses racines danoises et une enfance entre campagne et petite ville, avant le déménagement familial vers Copenhague. Paris marque sa véritable naissance publique, entre studios de mode et plateaux de tournage, tandis que Rome et les studios italiens symbolisent son ancrage dans le cinéma européen du début des années 1960. New York, où elle vit dans un vaste appartement de Park Avenue avec Gregory Callimanopulos, correspond à ses années jet-set les plus médiatisées. Dans ses dernières années, elle revient vers un cadre plus calme au Danemark, entre Copenhague et la région côtière de Tisvilde, où son nom reste associé à la fois à la mémoire cinématographique et à un certain art de vivre mondain.
Contexte du décès
Annette Stroyberg s’éteint le 12 décembre 2005 à Copenhague, des suites d’un cancer, quelques jours après son 69e anniversaire, au terme d’une maladie dont elle avait laissé filtrer peu de détails. Installée depuis plusieurs années au Danemark avec son époux, l’avocat Christian Lillelund, elle mène alors une existence plus retirée, partagée entre la capitale et la côte nord de la Zélande. La nouvelle de sa disparition suscite une série de nécrologies dans la presse danoise, britannique et française, qui reviennent sur son image de muse de Roger Vadim et sur son parcours singulier de mannequin devenu actrice, puis figure du jet-set européen. Les hommages soulignent aussi son lien durable avec la culture danoise, malgré une vie passée à voyager entre Paris, Rome, New York et le Maroc, et rappellent qu’elle laisse derrière elle trois enfants impliqués dans les milieux artistiques et culturels.
Où se recueillir ?
Les admirateurs d’Annette Stroyberg peuvent se recueillir à Tibirke Kirkegård, le cimetière attenant à la petite église de Tibirke, près de Tisvildeleje, au nord de Copenhague. Sa tombe s’inscrit dans un paysage de collines sableuses et de pins, typique de cette portion de la côte danoise. L’endroit, relativement isolé et peu fréquenté, offre un cadre sobre et apaisé, loin de l’agitation des lieux où elle vécut autrefois sa vie mondaine. La visite de ce cimetière rural, qui accueille plusieurs personnalités danoises, permet de replacer la trajectoire cosmopolite d’Annette Stroyberg dans un contexte plus intime, où la mer toute proche et la campagne environnante rappellent les paysages de Fionie et de la Zélande qui ont encadré ses premières et ses dernières années.
Anecdotes
1 - Avant même sa carrière au cinéma, Annette Stroyberg devient une icône publicitaire au Danemark sous le surnom de « guldpigen » de Tuborg : sa silhouette grandeur nature, brandissant une bouteille de bière, est installée dans d’innombrables bars et commerces du pays.
2 - Dans Les Liaisons dangereuses 1960, une scène de nudité tournée par Annette Stroyberg est initialement coupée par la censure, avant d’être rétablie après l’intervention de Charles de Gaulle, épisode souvent cité pour illustrer la charge sulfureuse du film et le climat moral de la France de l’époque.
3 - Roger Vadim cherche un temps à faire d’elle une sorte de « nouvelle Brigitte Bardot », misant sur leur ressemblance physique et sur une image de liberté érotique ; cette stratégie la propulse dans la presse internationale, mais fixe aussi durablement sa réputation de vamp plus que de comédienne de composition.
4 - Peu avant sa mort, elle publie au Danemark son livre Skandaløse forbindelser, où elle raconte sans fard ses mariages, ses liaisons avec des acteurs comme Alain Delon ou Omar Sharif, ainsi que les coulisses de la vie mondaine entre Paris, Rome, New York et la Riviera.
Points clés
- Métier(s) : Actrice, mannequin, auteure autobiographique
- Résidence principale : Copenhague (dernières années au Danemark après une longue période entre Paris, Rome, New York et le Maroc)
- Relations : Roger Vadim, Guy Senouf, Gregory Callimanopulos, Christian Lillelund, liaisons médiatisées avec plusieurs acteurs internationaux
- Enfants : Nathalie Vadim, Yan Senouf, Peri (Pericles) Callimanopulos
- Distinctions : Notoriété surtout liée à ses rôles dans Les Liaisons dangereuses 1960, Et mourir de plaisir et à son statut de muse de Roger Vadim






