Actrice, réalisatrice et scénariste française née le 14 mai 1966 à Paris, Marianne Denicourt, de son vrai nom Marianne Cuau, s'est imposée dans le cinéma d'auteur français avant d'être nommée au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Hippocrate.
Formée à l'école des Amandiers de Nanterre sous la direction de Patrice Chéreau et Pierre Romans, Marianne Denicourt apparaît pour la première fois à l'écran comme figurante dans L'Argent de Robert Bresson en 1983. Elle tourne ensuite avec Jacques Doillon dans L'Amoureuse en 1987, puis enchaîne dans le cinéma d'auteur avec La Belle Noiseuse de Jacques Rivette en 1991 et La Vie des morts d'Arnaud Desplechin en 1991. Elle tourne ses deux premiers longs métrages avec Desplechin, La Sentinelle en 1992 et Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle) en 1996. Sur la scène, elle joue sous la direction de Patrice Chéreau dans Hamlet et Platonov, et de Luc Bondy dans Le Conte d'hiver, au Théâtre Nanterre-Amandiers et au Festival d'Avignon entre 1987 et 1989.
Au milieu des années 1990, elle joue dans Passage à l'acte de Francis Girod, dans Sade de Benoît Jacquot, où elle donne deux fois la réplique à Daniel Auteuil. Elle figure dans plusieurs comédies signées Romain Goupil, Patrick Timsit, Claude Lelouch et Valérie Guignabodet. En 2005, elle tourne Le Domaine perdu de Raoul Ruiz. À partir de 2010, elle collabore avec une nouvelle génération de réalisateurs : Thomas Lilti dans Hippocrate en 2014 puis Médecin de campagne en 2016, Frédéric Tellier dans L'Affaire SK1 en 2014 où elle interprète Martine Monteil. Elle retrouve ensuite Claude Lelouch dans Chacun sa vie, Les Plus Belles Années d'une vie et Finalement, et joue dans Cocorico de Julien Hervé aux côtés de Christian Clavier et Didier Bourdon.
En 2005, Marianne Denicourt publie avec la journaliste Judith Perrignon Mauvais génie, ouvrage dans lequel elle reproche à Arnaud Desplechin, son ancien compagnon, d'avoir exploité des éléments de sa vie privée dans son film Rois et Reine. Elle saisit la justice et lui réclame 200 000 euros de dommages et intérêts. Le 3 avril 2006, le tribunal de grande instance de Paris la déboute, estimant que l'œuvre de fiction ne porte pas atteinte à la vie privée, tout en reconnaissant qu'elle a pu souffrir de voir ces événements douloureux utilisés par son ancien compagnon. En août 2024, dans un entretien au magazine Elle, elle revient sur cette affaire et accuse Arnaud Desplechin d'emprise et de destruction psychique, témoignage relayé notamment par sa sœur Marie Desplechin et le comédien Emmanuel Salinger.
1966 : naissance le 14 mai à Paris sous le nom de Marianne Cuau
1983 : figurante dans L'Argent de Robert Bresson
1987 : Platonov et Hamlet au Festival d'Avignon avec Patrice Chéreau
1991 : La Belle Noiseuse de Jacques Rivette et La Vie des morts d'Arnaud Desplechin
1992 : La Sentinelle d'Arnaud Desplechin
1995 : Haut bas fragile de Jacques Rivette, dont elle coécrit le scénario
1996 : Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle) d'Arnaud Desplechin
2000 : Sade de Benoît Jacquot
2005 : publication de Mauvais génie, marraine de l'association Afghanistan demain
2008 : réalisation de Nassima, une vie confisquée, documentaire sur l'Afghanistan
2009 : Prix média de la Fondation pour l'enfance pour Nassima, une vie confisquée
2014 : Hippocrate de Thomas Lilti et L'Affaire SK1 de Frédéric Tellier
2015 : nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Hippocrate
2017 : nomination au grade de Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres
2024 : entretien au magazine Elle et Finalement de Claude Lelouch
Marianne Cuau est élevée dans le 13e arrondissement de Paris par Bernard Cuau, professeur de lettres sur le campus de Jussieu, documentariste et membre du comité de rédaction de la revue Les Temps modernes, et par Denise Zigante, ancienne comédienne. Bernard Cuau, ami proche du cinéaste Claude Lanzmann, meurt le 21 août 1995 à Saint-André-de-Valborgne. Sa sœur Emmanuelle Cuau est réalisatrice. À l'adolescence, Marianne suit des cours de danse puis intègre, après le baccalauréat, l'école des Amandiers de Nanterre dirigée par Patrice Chéreau. Au début des années 1980, elle vit avec le comédien Joël Denicourt, dont elle porte le nom. Elle est mère d'un fils issu de cette union.
Au début des années 1990, elle partage la vie d'Arnaud Desplechin, puis, à la fin de la même décennie, celle de Daniel Auteuil, rencontré sur le tournage de Passage à l'acte de Francis Girod. Marraine de l'association Afghanistan demain depuis 2005, elle réalise pour elle deux documentaires tournés à Kaboul, Une maison à Kaboul en 2007 et Nassima, une vie confisquée en 2008. Elle est par ailleurs proche de Juliette Binoche, qui l'avait alertée sur le contenu de Rois et Reine. Elle adapte et joue à partir de 2021 Monsieur Proust, d'après les souvenirs de Céleste Albaret, à la Maison de la Poésie.
1 - Pour que son fils puisse porter le nom de son père défunt Joël Denicourt, mort accidentellement à vingt ans avant la naissance de l'enfant, Marianne Cuau obtient le droit à un mariage posthume sans cérémonie : c'est ainsi qu'elle prend le nom de Denicourt comme nom de scène.
2 - Coscénariste de Haut bas fragile de Jacques Rivette en 1995, elle y tient également l'un des rôles principaux, le cinéaste lui demandant en outre de chanter et de danser à l'écran.
3 - En 2007, elle incarne le rôle-titre de l'opéra Jeanne d'Arc au bûcher d'Arthur Honegger et Paul Claudel à l'Opéra de Bâle, en Suisse.
4 - En 2015, elle siège au jury présidé par Roschdy Zem du 37e Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier.
5 - Dans L'Affaire SK1 de Frédéric Tellier en 2014, elle interprète Martine Monteil, ancienne directrice de la brigade criminelle ayant dirigé l'enquête sur le tueur en série Guy Georges.
6 - Bernard Cuau, son père, est l'auteur en 1979 du documentaire La Saisie, dans lequel Marianne enfant apparaît dans son propre rôle aux côtés de sa sœur Emmanuelle.
- Métier(s) : actrice, réalisatrice, scénariste
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Joël Denicourt (mariage posthume), Arnaud Desplechin, Daniel Auteuil
- Enfants : un fils
- Distinctions : Chevalière de l'ordre des Arts et des Lettres (2017), nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle (2015), Prix média de la Fondation pour l'enfance (2009)
« Ce mariage, je ne l'ai jamais raconté à Arnaud Desplechin. Il a probablement fouillé dans mon livret de famille. Avec ce film, il a violé mon intimité. »
— Magazine Elle, 27 août 2024
« C'était pour lui une obsession d'être avec moi. Il m'a écrit des dizaines de lettres jusqu'à ce que je cède. Notre histoire a duré peu de temps, un an et demi environ. »
— Magazine Elle, 27 août 2024
« Arnaud Desplechin m'a rendue responsable de la mort de deux êtres [le père de son fils et son propre père] qui ont tant compté pour moi. [...] Il s'attaquait à la mémoire de gens qui n'étaient plus là. »
— Magazine Elle, 27 août 2024
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