Alain De Greef, dirigeant de la télévision française né en 1947, fut directeur des programmes de Canal+ de 1986 à 2000. On lui doit la mise à l'antenne des Guignols de l'info, de Nulle part ailleurs et de Groland, programmes fondateurs de l'esprit Canal.
Né à Boulogne-Billancourt, Alain De Greef débute à la télévision comme chef-monteur à l'ORTF en 1971, avant de rejoindre Antenne 2 en 1976. Promu chef d'atelier de production en avril 1980, puis directeur de production des variétés, il y rencontre Pierre Lescure, alors son supérieur, avec qui il se lie d'amitié autour d'une passion commune pour le cinéma et le rock. Ensemble, ils participent en 1982 à la création de l'émission musicale Les Enfants du rock, animée par Antoine de Caunes. Lorsque Lescure part fonder Canal+ aux côtés d'André Rousselet en 1983, il engage De Greef comme directeur de production dès le lancement de la chaîne à péage, en novembre 1984. De Greef y reste près de dix-huit ans et façonne progressivement la ligne éditoriale de l'antenne en clair, sa partie accessible sans abonnement.
Nommé directeur des programmes en 1986, puis directeur général chargé des programmes de février 1994 à décembre 2000, De Greef impose une grille singulière. Il met à l'antenne Nulle part ailleurs, Les Guignols de l'info, La Grande Famille, Groland et Les Deschiens, et accompagne les débuts de Karl Zéro, Jamel Debbouze, Jules-Édouard Moustic, Benoît Delépine ou Benoît Poelvoorde. Il est aussi à l'origine de la diffusion mensuelle de films pornographiques sur la chaîne. Les journalistes lui attribuent la paternité de l'esprit Canal, mélange d'audace, de liberté et d'humour impertinent. En décembre 2000, après la prise de contrôle de Canal+ par Vivendi, alors dirigé par Jean-Marie Messier, il est écarté de la direction des programmes. Chargé en 2001 de réformer la chaîne d'information i-Télévision qu'il avait contribué à créer, il négocie son départ du groupe en 2002, peu après celui de Lescure.
1947 : naissance à Boulogne-Billancourt
1971 : chef-monteur à l'ORTF
1976 : entrée à Antenne 2
1982 : coproduction de Les Enfants du rock avec Pierre Lescure
1984 : directeur de production au lancement de Canal+
1986 : directeur des programmes de Canal+
1987 : lancement de Nulle part ailleurs
1988 : création de l'émission de marionnettes devenue Les Guignols de l'info (29 août)
1991 : apparition de sa propre marionnette dans l'émission
1994 : directeur général chargé des programmes (février)
2000 : éviction de la direction des programmes (décembre)
2002 : départ du groupe Canal+
2005 : publication de Vous regardez trop la publicité
2015 : mort à Saint-Saturnin-lès-Apt (29 juin)
Alain Gabriel Jean Jacques De Greef naît le 4 juin 1947 à Boulogne-Billancourt. Son père, Robert De Greef, est d'origine belge, sa mère se nomme Jacqueline Chauveau. Il a un frère, Alexis De Greef. La particule De, en réalité un article néerlandais, s'écrit avec une majuscule selon l'usage belge, le patronyme étant repris de sa grand-mère paternelle, Jeanne Catherine Védastine De Greef. Personnage réputé taciturne et secret, De Greef s'installe après sa carrière télévisuelle à Saint-Saturnin-lès-Apt, dans le Vaucluse, loin des plateaux parisiens, où il se décrit lui-même comme un paisible retraité provincial.
Sur le plan amical, sa relation avec Pierre Lescure, nouée à Antenne 2, structure toute sa carrière, les deux hommes quittant Canal+ à quelques mois d'intervalle en 2002. En 2005, il cosigne avec le journaliste Gilles Verlant un essai critique sur la télévision française, Vous regardez trop la publicité, publié chez Flammarion. Mélomane, De Greef recentre sa retraite autour du jazz et des arts plastiques. Il fait par ailleurs quelques apparitions à l'écran, notamment dans son propre rôle au sein de la série Platane en 2011, et entretient des liens professionnels durables avec des animateurs comme Antoine de Caunes.
Alain De Greef meurt le 29 juin 2015 à Saint-Saturnin-lès-Apt, à l'âge de 68 ans, des suites d'un cancer de la mâchoire pour lequel il avait été opéré, après plusieurs années marquées par des problèmes de santé. Il est incinéré. Canal+ lui consacre une page d'hommage sur son site, et l'équipe des Guignols de l'info publie un message, À tchao Alain, en référence à sa marionnette. Antoine de Caunes lui rend hommage au début du Grand Journal, saluant le mentor et le chef. Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma, et le sénateur David Assouline expriment publiquement leur reconnaissance, comme le ministère de la Culture.
Alain De Greef ayant été incinéré, aucune sépulture publique ne lui est associée. Sa mémoire reste attachée à Canal+, qui lui a dédié une page commémorative, ainsi qu'à sa marionnette des Guignols de l'info, devenue l'un des symboles durables de l'esprit Canal qu'il avait contribué à façonner durant ses années à la direction des programmes de la chaîne.
1 - Parmi toutes les marionnettes des Guignols de l'info, la sienne, apparue en 1991, est la seule à n'avoir jamais été facturée à Canal+, offerte par ses fabricants. Elle le représentait en patron débonnaire et perpétuellement aviné.
2 - Le patronyme De Greef vient de sa grand-mère paternelle, Jeanne Catherine Védastine De Greef, son grand-père n'ayant pu, pour des raisons militaires, reconnaître dans les délais son fils Robert, né en 1913. La particule, d'origine belge, garde une majuscule.
3 - Discret à l'écran, De Greef apparaît pourtant dans le film Dobermann, où il incarne un client accoudé au comptoir d'une boîte de nuit. On le retrouve aussi dans la série H et dans Platane, en 2011, dans son propre rôle.
4 - En 2005, il cosigne avec Gilles Verlant l'essai Vous regardez trop la publicité, réquisitoire contre la domination de TF1. Il y cite la formule de Patrick Le Lay sur le temps de cerveau humain disponible vendu aux annonceurs.
5 - Dans Les Guignols, son personnage passait ses nuits du Festival de Cannes en discothèque, dansant sur The Rhythm of the Night du groupe Corona, caricature de l'homme réputé taciturne que ses pairs jugeaient pourtant fin stratège.
- Métier(s) : directeur des programmes et dirigeant de télévision (Canal+)
- Résidence principale : Saint-Saturnin-lès-Apt (Vaucluse)
- Relations de couple : non documentées publiquement
- Enfants : non documentés publiquement
- Distinctions : aucune distinction officielle documentée
« J'ai été opéré d'un cancer de la mâchoire. »
— Propos rapportés par Satellifax, cités par France 24, 30 juin 2015
« Je vis au rythme de mes maladies diverses et variées. »
— Propos rapportés par Satellifax, cités par France 24, 30 juin 2015
« Que les choses soient claires : je ne suis absolument pas candidat à la succession de Marc Tessier à la présidence de France-Télévisions. J'ai voulu ce livre parce que notre PAF a besoin d'un rééquilibrage radical. »
— Vous regardez trop la publicité, Flammarion, 2005
« J'ai été opéré d'un cancer de la mâchoire. »
— Propos rapportés par Satellifax, cités par France 24, 30 juin 2015
« Je vis au rythme de mes maladies diverses et variées. »
— Propos rapportés par Satellifax, cités par France 24, 30 juin 2015
« Que les choses soient claires : je ne suis absolument pas candidat à la succession de Marc Tessier à la présidence de France-Télévisions. J'ai voulu ce livre parce que notre PAF a besoin d'un rééquilibrage radical. »
— Vous regardez trop la publicité, Flammarion, 2005