Cette année marque le 50ᵉ anniversaire de sa disparition.
Albert Dubout, de son nom complet Charles Albert Dubout, dessinateur humoristique, illustrateur, affichiste, peintre et cinéaste français né le 15 mai 1905 à Marseille et mort en 1976, est l'auteur des affiches des films de Marcel Pagnol et de scènes de foule devenues emblématiques.
Né à Marseille dans une famille modeste, Charles Albert Dubout fréquente le lycée de Nîmes, où il a pour camarade le futur écrivain Jean Paulhan, puis entre à l'École des Beaux-Arts de Montpellier. Il y rencontre Renée Altier, qui deviendra sa première épouse. Il monte à Paris en 1922 et publie ses premiers dessins dans L'Écho des étudiants de Montpellier en 1923. Sa rencontre avec Philippe Soupault, directeur littéraire aux éditions Kra, est déterminante : en 1929, ce dernier lui confie l'illustration des Embarras de Paris de Boileau, son premier livre. Suivent Le Barbier de Séville de Beaumarchais la même année, Carmen de Mérimée en 1930, puis Gargantua de Rabelais en 1931. La même année, il collabore à divers titres de presse parisienne, parmi lesquels Le Rire, Marianne, Candide, Gringoire, Paris-Soir et Ici Paris, et impose son style fait de foules denses, de petits messieurs à chapeaux et de fortes dames.
En 1936, Marcel Pagnol lui commande l'affiche de César. Cette commande inaugure une collaboration qui se prolongera jusqu'en 1965 et donnera lieu à 22 affiches de cinéma et à l'illustration de sept ouvrages, dont la trilogie marseillaise Marius, Fanny, César et Topaze. Il croque pour Pagnol les visages de Raimu, Fernandel, Pierre Fresnay et Orane Demazis. En parallèle, il illustre Cervantes, Balzac, Racine, Voltaire, Rostand, Edgar Poe, Georges Courteline, le Clochemerle de Gabriel Chevallier et, à partir de 1965, la série des San-Antonio à la demande de Frédéric Dard. Au cinéma, il signe en 1947 deux courts métrages d'animation, Anatole fait du camping et Anatole à la tour de Nesle, réalisés avec Lucienne Berthon et Marcel Bouret, puis scénarise La Rue sans loi en 1950 et Anatole chéri en 1954, deux longs métrages qui ne rencontrent pas leur public.
1905 : naissance le 15 mai à Marseille
1922 : installation à Paris après les Beaux-Arts de Montpellier
1923 : premiers dessins publiés dans L'Écho des étudiants de Montpellier
1925 : mariage avec Renée Altier le 23 juin
1929 : illustration des Embarras de Paris de Boileau aux éditions Kra
1936 : première affiche pour Marcel Pagnol, César
1937 : publication du premier recueil personnel, Du bout de la lorgnette
1947 : sortie des courts métrages d'animation Anatole fait du camping et Anatole à la tour de Nesle
1953 : entrée au Petit Larousse et décoration de la Légion d'honneur par le président Vincent Auriol
1965 : illustration des aventures de San-Antonio à la demande de Frédéric Dard
1967 : installation à Mézy-sur-Seine avec sa seconde épouse Suzanne Ballivet
1968 : mariage avec Suzanne Ballivet le 20 mai à Saint-Aunès
1976 : mort le 27 juin à Saint-Aunès
1992 : ouverture du musée Albert Dubout dans la redoute de Ballestras à Palavas-les-Flots
2018 : prix Alphonse-Allais décerné à titre posthume par l'Académie Alphonse-Allais
Charles Albert Dubout naît à Marseille de Charles-Albert Dubout et d'Anne Chaix. Sa scolarité au lycée de Nîmes, où il croise Jean Paulhan, futur directeur de La Nouvelle Revue française, précède son entrée à l'École des Beaux-Arts de Montpellier de 1922 à 1924. Il y rencontre Renée Altier, jeune artiste née comme lui en 1904, qu'il épouse à Paris le 23 juin 1925. Le couple a un enfant dont la famille a préservé l'identité publique. Après le décès de Renée Altier en 1967, Dubout épouse le 20 mai 1968 à Saint-Aunès la peintre et illustratrice Suzanne Ballivet, née en 1904. Le couple partage sa vie entre Mézy-sur-Seine, dans les Yvelines, et Palavas-les-Flots, dans l'Hérault.
Les proches de Dubout évoquent un travailleur acharné, secret jusqu'à interdire l'accès de son atelier à sa propre famille, selon les correspondances et les anecdotes rapportées par le musée de Palavas. Son cercle inclut le dramaturge Marcel Pagnol, avec lequel il entretient une amitié de près de trente ans, et plus tard l'écrivain Frédéric Dard, créateur de San-Antonio. Marcel Aymé écrit la préface de son recueil Du bout de la lorgnette. Passionné de tauromachie, Dubout consacre à ce thème une partie de ses 70 peintures à l'huile, longtemps restées à l'écart du public. Son petit-fils Didier Dubout veille aujourd'hui sur sa mémoire à Palavas-les-Flots.
Albert Dubout meurt le 27 juin 1976 à Saint-Aunès, dans l'Hérault, à l'âge de 71 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Sa seconde épouse Suzanne Ballivet, alors âgée de 71 ans également, lui survit jusqu'en 1985. L'artiste avait reçu en 1953 la Légion d'honneur des mains du président Vincent Auriol et son nom était entré la même année au Petit Larousse, simultanément à celui de Pablo Picasso. Aucune cérémonie nationale n'est organisée, conformément au caractère discret de l'artiste. Ses obsèques se tiennent à Saint-Aunès dans un cadre familial.
Albert Dubout est inhumé au cimetière Saint-Fulcrand de Saint-Aunès, dans l'Hérault, où Suzanne Ballivet l'a rejoint en 1985. Depuis 1992, un musée lui est consacré dans la redoute de Ballestras, ancien fort côtier du XVIIIe siècle situé dans le parc du Levant à Palavas-les-Flots. La ville de Montpellier a baptisé une avenue à son nom, suivie de Marseille, Palavas-les-Flots et Lunel.
1 - Au lycée de Nîmes, Albert Dubout a pour camarade de classe Jean Paulhan, futur directeur de La Nouvelle Revue française, comme le rappellent les notices biographiques officielles et le site officiel de l'artiste.
2 - Bourreau de travail, Dubout dessinait toujours à l'encre de Chine et à la loupe, sur des planches dépassant rarement le format 60 par 80 centimètres, certaines pouvant contenir jusqu'à mille personnages distincts.
3 - Selon le musée de Palavas, son atelier était son sanctuaire : personne n'y avait accès, pas même sa famille, et ses rencontres avec Marcel Pagnol se déroulaient toujours chez Pagnol ou dans le restaurant parisien Alexandre.
4 - Dubout se présentait lui-même non comme un illustrateur célèbre, mais comme « le fou dessinant », selon une formule reprise par la Bibliothèque nationale de France dans le titre du catalogue qui lui est consacré.
5 - En 1953, son nom entre dans le Petit Larousse en même temps que celui de Pablo Picasso, la même année où Vincent Auriol lui remet la Légion d'honneur.
6 - Au début de la Seconde Guerre mondiale, mobilisé à Montpellier pour le classement des cartes d'état-major, Dubout met à profit son temps libre pour travailler à ses premiers projets de dessins animés autour du personnage d'Anatole.
- Métier(s) : dessinateur humoristique, illustrateur, affichiste, peintre, cinéaste
- Résidence principale : Mézy-sur-Seine et Palavas-les-Flots de 1967 à 1976
- Relations de couple : Renée Altier (1925-1967, décès), puis Suzanne Ballivet (1968-1976)
- Enfants : un enfant dont l'identité n'a pas été rendue publique
- Distinctions : Légion d'honneur (1953), prix Alphonse-Allais à titre posthume (2018)
« Je suis le fou dessinant. »
— Formule autoproclamée reprise par la Bibliothèque nationale de France comme titre du catalogue Albert Dubout, le fou dessinant (éditions BnF/Gallimard)
« Je suis le fou dessinant. »
— Formule autoproclamée reprise par la Bibliothèque nationale de France comme titre du catalogue Albert Dubout, le fou dessinant (éditions BnF/Gallimard)