Résumé biographique

Chanteur et parolier français, Jean Guidoni s’impose dans la chanson d’expression en mêlant écriture narrative, univers scénique théâtralisé et thématiques sociales, de ses débuts dans les années 1970 jusqu’à ses derniers albums comme Eldorado(s), paru en 2025.


Parcours

Né le 3 mai 1951 à Toulon, Jean Guidoni grandit dans un milieu populaire avant de se former à la coiffure. Après un passage par un hammam de la rue Thubaneau à Marseille, il s’installe à Paris en 1971, y travaille comme coiffeur et suit des cours de chant. Repéré par Michel Legrand, il enregistre ses premiers 45 tours en 1975, puis un premier album éponyme en 1977. La rencontre avec le parolier et cinéaste Pierre Philippe, à la fin des années 1970, oriente résolument sa carrière vers une chanson plus théâtrale, avec des œuvres comme Je marche dans les villes et Crime passionnel. Il enchaîne ensuite albums et spectacles, collabore avec Astor Piazzolla, Michel Legrand, puis Romain Didier, publie des hommages (Prévert, Leprest) et poursuit sa discographie jusqu’à Avec des si et Eldorado(s).


Repères de carrière

1975 : Premiers enregistrements sur l’album collectif Paris Populi, puis 45 tours La Leçon d’amour.
1977 : Sortie du premier album Jean Guidoni.
1978 : Second album incluant Nana, premières écritures de textes personnels.
1980 : Album Je marche dans les villes, début du cycle avec Pierre Philippe.
1981 : Grand prix de l’Académie Charles-Cros et premier Olympia.
1982 : Opéra Crime passionnel avec Astor Piazzolla, Grand Prix du Disque Audiovisuel Européen.
1983 : Album Le Rouge et le Rose et Olympia.
1987 : Album Tigre de porcelaine, second Grand prix Charles-Cros.
1990 : Album Aux tourniquets des Grands Cafés.
1993 : Album Cas particulier ! et spectacle au Théâtre de la Ville.
1998–2000 : Spectacle Fin de siècle et reprise de Crime passionnel au Cabaret Sauvage.
2003–2007 : Album Trapèze, puis La Pointe Rouge.
2014 : Album Paris-Milan sur des textes d’Allain Leprest.
2017–2022 : Albums Légendes urbaines puis Avec des si, retour affirmé comme auteur.
18 avril 2025 : Sortie de Eldorado(s), dix-septième album studio.


Vie personnelle et engagements

Issu d’une famille d’origine corse, Jean Guidoni grandit à Toulon auprès de sa mère et de sa grand-mère, tandis que son père marin est souvent en mer. Sa grand-mère l’emmène à l’Opéra de Toulon, où il découvre concerts et spectacles qui marquent durablement son rapport à la scène. Son arrivée à Marseille puis à Paris, dans des milieux populaires et nocturnes, nourrit un imaginaire fait de marges sociales, de bars et de cabarets. Il assume très tôt son appartenance aux cultures homosexuelles et participe à des événements liés à la revue Gai Pied, inscrivant son travail dans l’histoire des scènes LGBT françaises. Ses chansons abordent la pauvreté, le sida, la violence politique, les migrations ou la mémoire des guerres, prolongeant des sensibilités proches de celles de Jacques Prévert et d’Allain Leprest. Sa vie amoureuse reste peu exposée, l’artiste se définissant surtout par son travail d’interprète et d’auteur.


Anecdotes

1 – En 1975, il débute sur le triple album-concept Paris Populi de Francis Lemarque et Georges Coulonges, avant d’enregistrer son premier 45 tours La Leçon d’amour pour Polydor.
2 – En 1976, sa chanson Marie-Valentine arrive deuxième de la sélection française pour le Concours Eurovision de la chanson.
3 – Le cycle Crime passionnel, conçu avec Astor Piazzolla, est créé aux Bouffes-du-Nord puis repris au Cabaret Sauvage, et demeure une pièce centrale de son répertoire scénique.
4 – Il obtient deux fois le Grand prix de l’Académie Charles-Cros, pour Je marche dans les villes (1981) puis Tigre de porcelaine (1988).
5 – En 1983, il se produit à l’Olympia avec un spectacle très construit, costume noir, visage maquillé de blanc et gestes inspirés du cabaret et du théâtre expressionniste.
6 – En 1992, il incarne le « Chanteur » dans le ballet Le Rendez-vous de Roland Petit à l’Opéra Garnier, où il interprète Les enfants qui s’aiment de Prévert et Kosma.
7 – L’album Légendes urbaines (2017) aborde le vieillissement, la transidentité, le travestissement scénique et la question des migrants, confirmant l’ancrage sociétal de son écriture.
8 – Avec Eldorado(s) (2025), inspiré d’un ancien cabaret berlinois, il signe un disque traversé par les thèmes de la mémoire, des amitiés disparues et d’un amour conjugal affirmé dans la chanson Regarde mon amour.


Lieux de mémoire

Jean Guidoni est associé à Toulon, où il grandit, à Marseille, où il travaille dans un hammam, puis à Paris, où il vit et se produit dans des lieux comme l’Espace européen, l’Olympia, les Bouffes-du-Nord, le Cabaret Sauvage, L’Européen et la Cigale. Ses dernières années de carrière le mènent encore en tournée avant son décès à Bordeaux en 2025.


Contexte du décès

Jean Guidoni meurt le 21 novembre 2025 à Bordeaux, à l’âge de 74 ans, « des suites d’une maladie fulgurante », selon le communiqué de son attachée de presse transmis à l’AFP. L’annonce de sa disparition, relayée par de nombreux médias nationaux, souligne la continuité de sa présence sur scène jusqu’aux mois précédant sa mort, notamment avec la sortie de l’album Eldorado(s) au printemps 2025 et un concert au Café de la Danse en juin. Dès le jour de son décès, la presse culturelle, les artistes et les institutions de la chanson française publient hommages et rétrospectives, replacant son œuvre dans l’histoire de la chanson d’auteur et des scènes engagées.


Points clés

• Métier(s) : chanteur, parolier
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : vie sentimentale peu médiatisée, évoquée surtout à travers ses chansons et ses prises de position publiques
• Enfants : informations familiales non rendues publiques
• Distinctions : Grand prix de l’Académie Charles-Cros (1981, 1988), Prix du Premier ministre, Trophée du meilleur chanteur étranger au Japon, Prix international de la jeune chanson, Grand Prix du Disque Audiovisuel Européen (1982), Prix Édith-Piaf de l’interprétation (1983)