Cette année marque le 75ᵉ anniversaire de sa naissance.
Cette année marque le 1er anniversaire de sa disparition.
Auteur, interprète et figure singulière de la chanson française, Jean Guidoni est né le 3 mai 1951 à Toulon et mort le 21 novembre 2025 à Bordeaux. D'origine corse, il a marqué la scène par un répertoire théâtral et sulfureux, scellé par sa collaboration historique avec le parolier Pierre Philippe.
Jean Guidoni grandit à Toulon dans une famille modeste, puis travaille comme coiffeur à Marseille, dans un salon installé au sein d'un hammam de la rue Thubaneau. En février 1971, il quitte la cité phocéenne pour Paris, où il poursuit le métier dans le 18e arrondissement avant de prendre des cours de chant. Une maquette enregistrée par son professeur séduit Marcel Rothel, directeur artistique des éditions Michel Legrand. En 1975, il enregistre trois titres sur le triple album-concept Paris Populi, écrit par Francis Lemarque et Georges Coulonges, puis grave pour Polydor son premier 45 tours, La Leçon d'amour. Le succès radiophonique du Têtard, écrit par Jacques Lanzmann en 1977, lui vaut d'assurer la première partie de Serge Lama en remplacement d'Alain Souchon. Son premier album paraît la même année, suivi en 1978 d'un deuxième disque incluant Nana, inspiré du roman d'Émile Zola.
Au tournant des années 1980, sa rencontre avec le journaliste et parolier Pierre Philippe transforme son répertoire. L'album Je marche dans les villes (1980) reçoit le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros. En 1981, l'éditeur de Guidoni contacte Astor Piazzolla, qui réside alors rue Saint-Louis-en-l'Île à Paris : le maître argentin compose en une semaine la musique de Crime passionnel, opéra pour un homme seul créé en 1982 au Théâtre des Bouffes-du-Nord et primé au Grand Prix du Disque audiovisuel européen. Suivent Le Rouge et le Rose (1983), avec des compositions de Carlos d'Alessio, Yánnis Spanós et Lewis Furey, puis Putains (1985), boycotté par les grandes radios. Devenu lui-même parolier, il signe en 1987 Tigre de porcelaine, qui lui vaut un second prix de l'Académie Charles-Cros, avec les titres Tramway Terminus Nord et Mort à Venise.
1951 : naissance à Toulon le 3 mai
1971 : départ pour Paris à l'âge de vingt ans
1975 : participation au triple album Paris Populi
1977 : succès radio du Têtard, premier album studio
1980 : sortie de Je marche dans les villes
1981 : Grand Prix de l'Académie Charles-Cros, premier Olympia le 9 juin
1982 : création de Crime passionnel aux Bouffes-du-Nord avec Pierre Philippe et Astor Piazzolla
1985 : album Putains, spectacle au Cirque d'Hiver
1987 : album Tigre de porcelaine, second prix de l'Académie Charles-Cros
1995 : album Vertigo en collaboration avec Michel Legrand
1999 : spectacle Fin de siècle au Théâtre Silvia-Monfort
2007 : album La Pointe rouge
2024 : coffret anthologique Y'a un climat chez EPM Musique
2025 : sortie d'Eldorado(s) le 18 avril, dernier concert au Café de la Danse le 24 juin
2025 : mort à Bordeaux le 21 novembre
Issu d'une famille d'origine corse, Jean Guidoni grandit à Toulon avec son frère, élevé par sa mère, femme au foyer, et sa grand-mère paternelle Julie Guidoni, cuisinière dans un restaurant. Son père, marin de la marine marchande, effectue de longs voyages au Vietnam et au Japon, d'où il rapporte des œufs de lump, des graines de lotus et des poupées geishas. Le père meurt d'un cancer du poumon au début des années 1980, et le chanteur lui dédie en 1993 le titre Le Commandeur, sur l'album Cas particulier !. Sa grand-mère paternelle l'emmène enfant à l'Opéra de Toulon assister à des concerts de Gilbert Bécaud. Aucune information publique ne documente l'existence d'un conjoint ou d'enfants.
Au fil de sa carrière, Jean Guidoni tisse des compagnonnages artistiques durables : Pierre Philippe pendant plus de vingt ans, le compositeur Michel Cywie pour Je marche dans les villes, Michel Legrand pour Vertigo, puis Romain Didier et Arnaud Bousquet pour ses derniers albums. Il chante en duo avec Juliette sur Chasse à l'enfant de Jacques Prévert, et inspire la jeune chanteuse au point qu'elle reprend Lames sur son premier album. En novembre 1998, il donne un concert de soutien à Radio Libertaire, station anarchiste parisienne. Son univers scénique, marqué par le maquillage blanc, les bas résille et les talons hauts, dialogue avec la chanson réaliste de Marianne Oswald, Damia et Édith Piaf, ainsi qu'avec le cabaret berlinois.
Jean Guidoni est mort le vendredi 21 novembre 2025 dans la matinée, à Bordeaux, à l'âge de 74 ans. Selon Wikipédia s'appuyant sur des sources documentées, il a succombé à des complications d'un cancer du poumon ; son attachée de presse, citée par Le Figaro et l'AFP, a parlé d'une maladie fulgurante. Avant les obsèques, il a été veillé à la chambre funéraire Soulacaise de Soulac-sur-Mer, en Gironde, du 26 au 28 novembre 2025. Les funérailles ont été célébrées le mardi 2 décembre 2025 à 13h30 au crématorium du Père-Lachaise à Paris, suivies de la crémation à 17h00. France Musique a diffusé la chanson Les Draps blancs en hommage le jour de l'annonce du décès. Les médias ont salué une figure singulière de la chanson française, restée à l'écart des standards commerciaux pendant plus de cinquante ans de carrière.
Jean Guidoni a été incinéré le 2 décembre 2025 au crématorium du Père-Lachaise, à Paris (75020). Aucun lieu d'inhumation des cendres n'a été rendu public à ce jour. Son site officiel, jeanguidoni.com, demeure en ligne et publie depuis novembre 2025 un extrait de la chanson Néant Néon en mémoire de l'artiste.
1 - Avant la chanson, Jean Guidoni a exercé comme coiffeur dans un hammam de la rue Thubaneau, à Marseille, un quartier interlope où il côtoyait prostituées, travestis et délinquants, expérience qui nourrira plus tard son répertoire sur les marges urbaines.
2 - L'éditeur du chanteur est parvenu à joindre Astor Piazzolla en pleine préparation de Crime passionnel : le maître argentin résidait alors rue Saint-Louis-en-l'Île, à Paris, et a composé les douze titres de l'opéra en seulement une semaine durant l'été 1981.
3 - Sur l'album Cas particulier ! (1993), Jean Guidoni reprend en duo avec sa propre grand-mère la chanson corse Ô Signore, cosa c'é, témoignage discret de ses racines insulaires.
4 - En 1985, il rend hommage à Marianne Oswald en chantant Toute seule de Jacques Prévert avec l'autorisation de la veuve du poète, prolongeant un héritage de chanson réaliste auquel il se rattachait.
5 - Le coffret anthologique Y'a un climat, sorti en décembre 2024 chez EPM Musique, contient pour la première fois en version officielle l'enregistrement de son tout premier Olympia, daté du 9 juin 1981, dont la bande n'avait jamais été écoutée par l'artiste lui-même avant sa redécouverte.
- Métier(s) : chanteur, parolier
- Résidence principale : non documentée, présence attestée à Bordeaux et Soulac-sur-Mer en fin de vie
- Relations de couple : aucune relation rendue publique
- Enfants : aucun enfant connu publiquement
- Distinctions : Grand Prix de l'Académie Charles-Cros (1981), Grand Prix du Disque audiovisuel européen (1982), prix de l'Académie Charles-Cros (1987)
Je ne me suis jamais positionné comme un donneur de leçons mais j'ai eu envie de parler des choses telles qu'elles pourraient être. D'évoquer la fin des combats.
— Interview We Culte, avril 2025
Oui, parce que j'estime que j'ai beaucoup de chance de pouvoir faire le métier que je fais et surtout de pouvoir perdurer. Donc je ressens toujours ça comme un privilège.
— Entretien franceinfo, Le monde d'Élodie Suigo, 18 avril 2025
Après Paris-Milan, j'ai songé à tout arrêter. J'en avais marre et je ne supportais plus la compétition. À un moment, je disais même que je vieillissais à chaque spectacle. Aujourd'hui, j'essaie de ne plus trop m'écouter. Je me sens tellement chanceux de pouvoir continuer.
— Interview We Culte, avril 2025
Je ne me suis jamais positionné comme un donneur de leçons mais j'ai eu envie de parler des choses telles qu'elles pourraient être. D'évoquer la fin des combats.
— Interview We Culte, avril 2025
Oui, parce que j'estime que j'ai beaucoup de chance de pouvoir faire le métier que je fais et surtout de pouvoir perdurer. Donc je ressens toujours ça comme un privilège.
— Entretien franceinfo, Le monde d'Élodie Suigo, 18 avril 2025
Après Paris-Milan, j'ai songé à tout arrêter. J'en avais marre et je ne supportais plus la compétition. À un moment, je disais même que je vieillissais à chaque spectacle. Aujourd'hui, j'essaie de ne plus trop m'écouter. Je me sens tellement chanceux de pouvoir continuer.
— Interview We Culte, avril 2025