Maurice Garrel, acteur français né en 1923 et mort en 2011, fut un second rôle prolifique du cinéma d'auteur et le patriarche d'une dynastie de comédiens, père du cinéaste Philippe Garrel et grand-père des acteurs Louis et Esther Garrel.
Maurice Garrel grandit au Maroc, à El Jadida, où sa mère institutrice s'installe après le départ de son père, ancien combattant de Verdun. Élève brillant, il obtient son baccalauréat à dix-neuf ans et apprend l'arabe, langue qu'il conserve toute sa vie. Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe à la campagne d'Italie au sein de la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny, sous les ordres du sous-lieutenant Michel Jobert, et reçoit la médaille militaire fin 1944. À la Libération, il se présente au cours de Charles Dullin, encore vêtu de sa capote militaire. Il complète sa formation auprès de Tania Balachova et se consacre au théâtre à partir de 1947, jouant notamment aux côtés de Laurent Terzieff. Il devient pensionnaire de la Comédie-Française de 1983 à 1985.
Au début des années 1960, Maurice Garrel aborde le cinéma grâce à Alex Joffé, qui lui confie un rôle aux côtés de Bourvil dans Fortunat. Il enchaîne ensuite les seconds rôles pour de nombreux cinéastes, parmi lesquels François Truffaut dans La Peau douce, Jacques Rivette dans Merry-Go-Round, Costa-Gavras dans Un homme de trop, Claude Chabrol dans Nada, Claude Lelouch dans Édith et Marcel et Claude Sautet dans Un cœur en hiver. Il tourne régulièrement pour son fils Philippe Garrel, de Marie pour mémoire en 1967 jusqu'à Un été brûlant en 2011. En 1991, son interprétation dans La Discrète de Christian Vincent lui vaut une première nomination au César du meilleur second rôle, suivie d'une seconde en 2005 pour Rois et Reine d'Arnaud Desplechin. Au théâtre, il crée en 1986 le rôle du général de Gaulle dans une pièce de Dominique Féret.
1923 : naissance à Saint-Gervais, dans l'Isère
1944 : médaille militaire à l'issue de la campagne d'Italie
1947 : débuts au théâtre après sa formation chez Charles Dullin
1960 : premiers pas au cinéma dans Fortunat d'Alex Joffé
1963 : rôle de M. Bontemps dans La Peau douce de François Truffaut
1973 : interprétation d'André Épaulard dans Nada de Claude Chabrol
1983 : entrée comme pensionnaire à la Comédie-Française (jusqu'en 1985)
1986 : création du rôle du général de Gaulle au Théâtre national de Strasbourg
1991 : première nomination au César du meilleur second rôle pour La Discrète
1992 : rôle de Lachaume dans Un cœur en hiver de Claude Sautet
2004 : rôle de Louis Jenssens dans Rois et Reine d'Arnaud Desplechin
2011 : dernier film, Un été brûlant de Philippe Garrel, et mort le 4 juin à Paris
Maurice Garrel naît le 24 février 1923 à Saint-Gervais, dans l'Isère. Son enfance se déroule au Maroc, à El Jadida, où sa mère exerce comme institutrice, son père ayant combattu à Verdun durant la Première Guerre mondiale. Il est père de cinq enfants, parmi lesquels le cinéaste Philippe Garrel et le producteur Thierry Garrel. Il est aussi le grand-père de l'acteur Louis Garrel et de l'actrice Esther Garrel, deux figures connues du cinéma français contemporain, ce qui fait de lui le fondateur d'une lignée de comédiens couvrant plusieurs générations. Réputé pour sa discrétion, il a peu évoqué publiquement sa vie privée et l'identité de la mère de ses enfants.
Formé par Charles Dullin et Tania Balachova, Maurice Garrel a partagé la scène avec Laurent Terzieff et travaillé régulièrement sous la direction du metteur en scène Jacques Lassalle, notamment au Théâtre national de Strasbourg. Homme de gauche, il admirait la figure du général Charles de Gaulle, qu'il considérait comme un artiste, et qu'il incarna au théâtre. Il a lui-même signé des mises en scène, adaptant en 1977 une pièce d'Helvio Soto au Petit Odéon. En 2012, le critique Jacques Morice lui a consacré un ouvrage intitulé Maurice Garrel, le veilleur, publié aux éditions Stock.
Maurice Garrel meurt le 4 juin 2011 dans le 13e arrondissement de Paris, à l'âge de 88 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Sa disparition survient environ deux mois après sa dernière apparition sur scène, en avril 2011, où il avait repris le rôle du général de Gaulle. Ayant fait don de son corps à la science, il n'a pas fait l'objet d'obsèques traditionnelles. Sa mort est annoncée par sa famille le dimanche 5 juin et relayée par la presse nationale, dont Le Monde et Le Figaro.
Conformément à sa volonté, Maurice Garrel avait fait don de son corps à la science. Une plaque portant son nom est déposée au cimetière parisien de Thiais. En 2019, sa famille s'est constituée partie civile dans l'affaire du centre du don des corps de l'université Paris-Descartes, qui révéla des conditions de conservation indignes.
1 - Élevé au Maroc, à El Jadida, où sa mère était institutrice, Maurice Garrel y apprit l'arabe dans son enfance et conserva la pratique de cette langue durant toute son existence.
2 - À la Libération, encore vêtu de sa capote militaire, il se présenta au cours de Charles Dullin. Ce dernier décela rapidement ses dispositions et l'encouragea à entamer sans tarder une carrière de comédien.
3 - Le rôle du général de Gaulle encadra la dernière partie de sa carrière : il le créa en 1986 au Théâtre national de Strasbourg, puis le reprit en avril 2011, quelques semaines avant sa mort.
4 - Maurice Garrel ne se limita pas au jeu : il signa plusieurs mises en scène, dont une adaptation d'une pièce du Chilien Helvio Soto présentée en 1977 au Petit Odéon, à Paris.
- Métier(s) : acteur de théâtre et de cinéma, metteur en scène
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : peu documentées publiquement
- Enfants : cinq enfants, dont le cinéaste Philippe Garrel et le producteur Thierry Garrel
- Distinctions : deux nominations au César du meilleur second rôle (1991, 2005), deux nominations aux Molières (1992, 1994), médaille militaire (1944)