Résumé biographique
Acteur et créateur visionnaire, Patrick McGoohan a marqué l'histoire de la télévision mondiale avec la série culte Le Prisonnier. Figure insoumise au talent magnétique, il a redéfini les codes de la fiction d'espionnage par une exigence artistique et philosophique sans concession.
Parcours
Patrick McGoohan naît dans le Queens à New York, mais grandit en Irlande puis en Angleterre dans une famille catholique pratiquante. Après avoir exercé divers métiers manuels, il s'oriente vers le théâtre à Sheffield, où il gravit rapidement les échelons jusqu'à devenir un acteur de premier plan sur les scènes londoniennes. Sa présence physique imposante et sa voix autoritaire lui ouvrent les portes du cinéma et de la télévision à la fin des années 1950. En 1960, il accède à la célébrité internationale en incarnant l'agent secret John Drake dans la série Destination Danger (Danger Man). Devenant l'acteur le mieux payé du Royaume-Uni, il refuse pourtant le rôle de James Bond pour des motifs moraux, préférant développer ses propres projets. Ce désir d'indépendance conduit à la création de la série Le Prisonnier en 1967, une œuvre allégorique et révolutionnaire qu'il produit, écrit et réalise en grande partie.
Après le séisme culturel provoqué par Le Prisonnier, Patrick McGoohan s'installe aux États-Unis pour poursuivre sa carrière à Hollywood. Il se distingue dans des rôles de méchants mémorables, notamment aux côtés de Clint Eastwood dans L'Évadé d'Alcatraz ou dans Braveheart, où il incarne le cruel roi Édouard Ier sous la direction de Mel Gibson. Il entretient également une collaboration unique avec son ami Peter Falk, apparaissant et réalisant plusieurs épisodes de la série Columbo, ce qui lui vaut deux Emmy Awards. Malgré son succès, il reste un homme de l'ombre, sélectionnant ses apparitions avec une extrême rigueur. Sa carrière est celle d'un artiste complet qui n'a jamais sacrifié ses convictions à la facilité commerciale, laissant derrière lui une œuvre qui continue d'influencer les scénaristes contemporains par sa profondeur psychologique et sa critique acerbe de l'aliénation sociale.
Repères chronologiques
1928 : Naissance le 19 mars à New York, États-Unis.
1951 : Mariage avec l'actrice Joan Drummond.
1955 : Succès au théâtre dans Moby Dick mis en scène par Orson Welles.
1960 : Début de la série Destination Danger sur ITV.
1967 : Lancement de la série Le Prisonnier (17 épisodes).
1968 : Réalisateur et scénariste de l'épisode final polémique Le Dénouement.
1975 : Premier Emmy Award pour son rôle dans Columbo.
1979 : Incarne le directeur de la prison dans L'Évadé d'Alcatraz.
1981 : Rôle majeur dans le film de science-fiction Scanners de David Cronenberg.
1990 : Second Emmy Award pour l'épisode Votez pour moi de Columbo.
1995 : Interprète le roi Édouard Longshanks dans Braveheart.
2002 : Dernière apparition au cinéma (voix) dans La Planète au trésor.
2009 : Décès le 13 janvier à Santa Monica, États-Unis.
Vie personnelle et engagements
Patrick McGoohan est le fils de Thomas McGoohan et Rose Fitzpatrick, des agriculteurs irlandais ayant émigré aux États-Unis avant de retourner en Irlande. En 1951, il épouse Joan Drummond, avec qui il restera marié jusqu'à la fin de sa vie, soit près de soixante ans d'union. Le couple a eu trois filles : Catherine, Anne et Frances. Sa vie privée était marquée par une foi catholique profonde et une moralité stricte qui l'amenait à refuser systématiquement toute scène d'embrassade ou de violence gratuite à l'écran. Il vivait de manière très recluse en Californie, fuyant les mondanités d'Hollywood pour se consacrer à l'écriture et à sa famille.
Sur le plan intellectuel, McGoohan était un ardent défenseur des libertés individuelles face aux systèmes de surveillance et à la technocratie, thèmes centraux de son œuvre. Ses amitiés étaient rares mais solides, notamment celle qui le liait à Peter Falk, avec qui il partageait une passion pour l'exigence technique sur les plateaux de tournage. Il refusait d'avoir un agent publicitaire et n'accordait que très peu d'entretiens à la presse, préférant laisser ses créations parler pour lui. Passionné par la poésie et la philosophie, il considérait l'art comme une quête de vérité et non comme un divertissement, ce qui lui a valu une réputation d'homme difficile mais respecté par ses pairs pour son intégrité absolue.
Contexte du décès
Patrick McGoohan s'éteint le 13 janvier 2009 à l'âge de 80 ans au centre de soins Saint John's à Santa Monica. Il décède des suites d'une courte maladie, dont la nature exacte n'a pas été rendue publique par sa famille. Ses obsèques se sont déroulées dans la plus stricte intimité à Los Angeles. Son gendre, le producteur Dan Ireland, a salué la mémoire d'un homme qui a lutté pour son indépendance créative jusqu'au bout. Sa disparition, survenue le même jour que celle de l'acteur Ricardo Montalbán, a suscité de nombreux hommages dans la presse internationale, soulignant son statut d'icône de la contre-culture télévisuelle. Il n'y a pas eu de cérémonie publique, conformément à son souhait permanent de discrétion.
Lieux de référence
Sa sépulture est privée, mais le village de Portmeirion au Pays de Galles, lieu de tournage principal du Prisonnier, fait office de mémorial permanent pour ses admirateurs. Une statue et une plaque commémorative y célèbrent son génie créateur au sein de cette cité architecturale unique.
Anecdotes
1 - Il a refusé le rôle de James Bond dans James Bond 007 contre Dr No car il désapprouvait le comportement de séducteur du personnage et la violence gratuite du scénario.
2 - Pour la série Le Prisonnier, il a lui-même conçu le design du "Rôdeur" (Rover), la sphère blanche chargée de capturer les fugitifs, après l'échec technique d'un engin robotisé.
3 - Orson Welles le considérait comme l'un des meilleurs acteurs de sa génération après l'avoir dirigé au théâtre dans une adaptation de Moby Dick.
4 - Il a écrit le dernier épisode du Prisonnier en seulement quelques jours sous une pression immense, créant une fin si abstraite qu'il a dû se cacher pour éviter la colère des téléspectateurs déroutés.
5 - Dans tous ses contrats, il exigeait de ne jamais avoir à embrasser sa partenaire féminine à l'écran, par respect pour son épouse Joan.
Points clés
- Métier(s) : Acteur, Producteur, Réalisateur
- Résidence principale : Santa Monica (États-Unis)
- Relations de couple : Joan Drummond
- Enfants : Catherine, Anne, Frances
- Distinctions : 2 Emmy Awards (1975, 1990)






