Ysabelle Lacamp, romancière, actrice et chanteuse française d'ascendance franco-coréenne, est née le 7 novembre 1954 à Neuilly-sur-Seine et décédée le 26 juin 2023 à Paris. Fille du journaliste cofondateur de l'AFP Max Olivier-Lacamp, elle a publié plus d'une quinzaine de romans.
Née à Neuilly-sur-Seine le 7 novembre 1954, Ysabelle Lacamp grandit dans un milieu à la croisée de deux héritages : celui d'une vieille famille huguenote cévenole par son père, Max Olivier-Lacamp, grand reporter au Figaro et cofondateur de l'Agence France-Presse, et celui d'une mère coréenne, Pyong-You Hyun. Après des études de chinois et de coréen à la School of Oriental and African Studies de Londres, puis en langues orientales à l'Institut national des langues et civilisations orientales de Paris, elle se tourne vers la comédie. En 1975, elle fait ses débuts au cinéma dans le deuxième volet d'Emmanuelle, réalisé par Francis Giacobetti, aux côtés de Sylvia Kristel. Au fil des années suivantes, elle enchaîne des rôles dans des productions de Claude Berri, Jacques Deray, Roger Hanin et Tony Gatlif. En 1983, elle apparaît dans Le Marginal de Jacques Deray, avec Jean-Paul Belmondo, puis dans Le Joli Coeur de Francis Perrin en 1984. A la télévision, elle prête sa voix au doublage des séries Dynastie et Twin Peaks.
Au milieu des années 1980, Ysabelle Lacamp entreprend une carrière littéraire qui éclipse progressivement ses activités d'actrice. En 1986, elle publie son premier roman, Le Baiser du dragon, aux éditions Lattès, premier d'une longue série de titres à succès. Suivent La Fille du ciel (Albin Michel, 1988), L'Éléphant bleu (Albin Michel, 1990) et Une jeune fille bien comme il faut (Albin Michel, 1991), qui s'inscrivent dans une veine romanesque mêlant Asie et Occident. En 1987, elle sort un 45 tours intitulé Baby Bop, puis deux autres titres en 1989. A partir de 2003, elle présente l'émission culturelle Hors la ville sur France 3 Limousin Poitou-Charentes pendant trois ans, et coorganise pendant sept ans les rencontres littéraires Racines du ciel à Ajaccio. En 2003, son roman L'Homme sans fusil (Seuil, 2002) lui vaut le Cabri d'or de l'Académie cévenole. En 2018, elle publie Ombre parmi les ombres aux éditions Bruno Doucey, consacré aux dernières heures du poète Robert Desnos au camp de Terezín.
1954 : naissance le 7 novembre à Neuilly-sur-Seine, de Max Olivier-Lacamp et Pyong-You Hyun.
1975 : débuts au cinéma dans Emmanuelle l'antivierge de Francis Giacobetti, aux côtés de Sylvia Kristel.
1980 : rôle dans Je vous aime de Claude Berri.
1983 : apparition dans Le Marginal de Jacques Deray, avec Jean-Paul Belmondo.
1984 : rôle dans Le Joli Coeur de Francis Perrin ; doublage en parallèle de séries télévisées américaines (Dynastie, Twin Peaks).
1986 : publication de Le Baiser du dragon (Lattès), premier roman.
1987 : sortie du 45 tours Baby Bop, lancement de sa carrière musicale.
1991 : publication de Une jeune fille bien comme il faut (Albin Michel).
2002 : apparition dans la série Fabio Montale, aux côtés d'Alain Delon dans le rôle-titre ; publication de L'Homme sans fusil (Seuil).
2003 : prix Cabri d'or de l'Académie cévenole pour L'Homme sans fusil ; début de l'animation de Hors la ville sur France 3.
2008 : publication de Le Jongleur de nuages (Flammarion).
2012 : publication de Marie Durand : non à l'intolérance religieuse (Actes Sud).
2018 : publication de Ombre parmi les ombres (Bruno Doucey), consacré aux dernières heures de Robert Desnos.
2023 : décès le 26 juin à Paris, des suites d'un cancer, à 68 ans.
Ysabelle Lacamp était la fille du journaliste et écrivain Max Olivier-Lacamp et de Pyong-You Hyun, d'origine coréenne. Elle revendiquait volontiers ses doubles racines confucéenne et huguenote. Sa soeur Aude Cox-Olivier est mentionnée dans ses données biographiques. Ysabelle Lacamp a épousé un certain Helmut, dont le nom de famille n'est pas documenté publiquement. De cette union est né Caspar Roth, artiste pluridisciplinaire (rappeur, mannequin, acteur) vivant entre Nîmes et Paris. Pendant les dernières années de sa vie, Ysabelle Lacamp partageait son temps entre Paris et une ferme dans le village cévenol de Saint-Roman-de-Codières, à proximité du domaine familial de Monoblet, dans le Gard.
Sur le plan des engagements, Ysabelle Lacamp a participé au jury du prix Jean-Jacques-Rousseau de l'autobiographie. Elle a coorganisé pendant sept ans les rencontres littéraires Racines du ciel à Ajaccio, événement dédié au dialogue entre les cultures méditerranéennes et orientales. Sa rencontre avec l'éditeur Bruno Doucey et Murielle Szac en 2011 a débouché sur des collaborations éditoriales au sein de la collection Ceux qui ont dit non (Actes Sud Jeunesse), consacrée aux figures de résistance. Passionnée par la poésie de Robert Desnos, elle lui a consacré son dernier roman.
Ysabelle Lacamp est décédée le 26 juin 2023 à Paris, des suites d'un cancer contre lequel elle luttait depuis plus de trois ans. La nouvelle a été annoncée par son éditeur Bruno Doucey dans un communiqué relayé par l'Agence France-Presse. Aucun hommage officiel d'une institution publique ou d'une personnalité politique n'est documenté dans les sources consultées. Son époux Helmut et son fils Caspar Roth ont été cités nommément dans les condoléances publiées par les éditions Bruno Doucey. La presse littéraire française, dont Le Monde et Le Figaro, a consacré des articles à sa disparition.
Après une cérémonie au crématorium du Père-Lachaise à Paris, les cendres d'Ysabelle Lacamp ont été déposées dans le caveau familial du cimetière de Monoblet, dans le Gard, aux côtés de celles de ses parents. Dans ce même village cévenol, une rue perpétue la mémoire de son père, Max Olivier-Lacamp.
1 - Double diplômée de la School of Oriental and African Studies de Londres et de l'Institut national des langues et civilisations orientales de Paris, Ysabelle Lacamp maîtrisait le chinois et le coréen, des compétences linguistiques rares qui ont irrigué l'ensemble de son oeuvre romanesque.
2 - Son roman Ombre parmi les ombres (2018) est né d'une conversation avec son éditrice Murielle Szac, de retour de Terezín après avoir vu une exposition sur les oeuvres des enfants déportés. Ce projet, initialement non prévu, a constitué son dernier livre.
3 - Tout au long de sa carrière d'actrice, Ysabelle Lacamp a été créditée sous au moins quatre noms différents : Isabelle Olivier Lacamp, Isabelle Lacamp, Isabelle Olivier-Lacamp et Isa Lacamp, rendant l'inventaire de sa filmographie particulièrement complexe.
4 - Son père Max Olivier-Lacamp avait rencontré sa mère coréenne Pyong-You Hyun en 1950, lors d'une session culturelle à Séoul, alors qu'il était correspondant de l'AFP en Asie. Le mariage a été conclu dès que le divorce précédent de Max Olivier-Lacamp a été prononcé, en 1954, l'année de naissance d'Ysabelle.
5 - Ysabelle Lacamp a coorganisé pendant sept ans les rencontres littéraires Racines du ciel à Ajaccio, un festival pluriculturel réunissant des auteurs de la Méditerranée et de l'Orient, sans en être la fondatrice mais en y jouant un rôle central de programmatrice et d'interlocutrice éditoriale.
- Métier(s) : romancière, actrice, chanteuse, animatrice de télévision
- Résidence principale : Paris ; résidence secondaire à Saint-Roman-de-Codières (Gard)
- Relations de couple : épouse de Helmut (nom de famille non documenté)
- Enfants : Caspar Roth
- Distinctions : Cabri d'or de l'Académie cévenole (2003)
« Leo Radek est un personnage totalement fictif, mais inspiré des quelques témoignages des rares enfants survivants de Terezín. C'est comme si Leo Radek était une sorte d'alter ego de Desnos. Leur conversation est intime, cet échange a lieu après une sorte de reconnaissance fulgurante, immédiate entre ces deux êtres. »
— Interview Radio Prague International, 2018
« Ombre parmi les ombres d'un de ses poèmes les plus connus : très beau poème qu'il a écrit pour son grand amour, Yvonne Georges. Desnos a eu deux grands amours : Yvonne George et Youki. L'une crépusculaire, l'autre totalement solaire, deux pôles qu'on retrouve dans la personnalité de cet homme qui était très double. »
— Interview Radio Prague International, 2018
« En réalité, c'est une conversation avec mon éditrice qui revenait de Terezín et qui venait de voir une exposition sur l'oeuvre des enfants de Terezín, l'oeuvre de cette petite République de Skid. Elle a partagé ces documents avec moi et j'ai été absolument bouleversée. L'idée a germé, puisque c'est une maison d'édition de poésie et que la collection où j'ai sorti Ombre parmi les ombres relate la rencontre d'un poète français avec l'Histoire. On s'est dit qu'il fallait absolument que j'écrive quelque chose sur Desnos. »
— Interview Radio Prague International, 2018