Résumé biographique

Chanteuse française de répertoire réaliste, Georgette Lemaire s’impose dans les années 1960-1980 par une diction très théâtrale et des chansons d’auteurs. Née Georgette Kibleur à Paris, elle passe des puces de Saint-Ouen aux scènes de Bobino et de l’Olympia.


Parcours

Née le 15 février 1943 dans le 20e arrondissement de Paris, Georgette Kibleur grandit à Belleville. Elle se fait d’abord connaître en chantant chez Louisette, aux puces de Saint-Ouen, où elle reprend le répertoire réaliste. En novembre 1965, encouragée par sa mère Léone, elle participe à l’émission Le Jeu de la chance puis signe avec Philips. Le compositeur Charles Dumont lui confie des titres comme À faire l’amour sans amour et Le Cœur désaccordé. En 1966, Et si c’était vrai devient son premier tube et son premier 33 tours paraît la même année. En 1967, elle se produit à Bobino dans un spectacle de Georges Brassens et tourne notamment avec Alain Barrière. En 1968, elle passe à l’Olympia en vedette américaine d’Enrico Macias et enregistre Vous étiez belle, madame, appelé à devenir son plus grand succès. La même période la voit invitée dans des émissions de variétés comme Discorama et Télé Dimanche.

Après un premier mariage, elle épouse en secondes noces son pianiste Bob Sellers. Leur fils Tony naît en 1969 à Joinville-le-Pont. Le 27 avril 1972, elle obtient le grand prix de la chanson populaire française et enregistre Demain sera différent pour le film Le Professeur. En 1973, un Musicorama à l’Olympia, salué par 17 rappels, lui vaut dix soirées en vedette. Elle change de label en 1975, puis poursuit sa carrière sur scène et au disque ; en 1976, elle est invitée d’honneur du spectacle de Julio Iglesias à l’Olympia. En 1980, Charles Aznavour lui écrit un album, Pour Aznavour. Elle est nommée chevalière des Arts et des Lettres en 1986 et membre du Conseil économique et social en 1989. Après Intime (1997), elle publie Inoubliable (2009), son autobiographie À m’en déchirer le cœur (2010) et son dernier album, Paris Jazz (2014).


Controverse

En 1989, Georgette Lemaire est nommée membre du Conseil économique et social au titre des personnalités qualifiées, après une intervention de François Mitterrand. Cette désignation déclenche une polémique politique : à l’automne 1989, un député critique publiquement la présence d’une chanteuse au sein de l’institution lors des débats budgétaires. L’épisode alimente durablement les commentaires sur les nominations et sur la place accordée aux figures culturelles dans les instances consultatives.


Repères chronologiques

1943 : naissance le 15 février à Paris (20e)
1965 : participation à Le Jeu de la chance (novembre) et signature avec Philips
1966 : succès de Et si c’était vrai et parution de Mon premier 33 tours
1967 : passage à Bobino dans un spectacle de Georges Brassens
1968 : vedette américaine à l’Olympia et enregistrement de Vous étiez belle, madame
1969 : mariage avec Bob Sellers ; naissance de Tony à Joinville-le-Pont
1972 : grand prix de la chanson populaire française ; chanson Demain sera différent pour Le Professeur
1973 : Musicorama à l’Olympia puis dix soirées en vedette (mai-juin)
1980 : album Pour Aznavour écrit par Charles Aznavour
1986 : nomination comme chevalière des Arts et des Lettres
1989 : nomination au Conseil économique et social
2010 : tournée Âge tendre et Têtes de bois ; publication de À m’en déchirer le cœur
2014 : sortie de l’album Paris Jazz
2025 : décès à la Maison des artistes de Nogent-sur-Marne


Vie personnelle et engagements

Issue d’une famille modeste, elle évoque une enfance à Paris et l’appui de sa mère, Léone, au moment de ses débuts. Elle se marie à 17 ans avec un garçon de café prénommé Daniel et devient mère de deux fils. Après son divorce, elle épouse son pianiste Bob Sellers ; un troisième enfant, Tony, naît en 1969. À partir des années 2000, sa situation matérielle fait l’objet de mentions régulières, avec des difficultés financières et des menaces d’expulsion rapportées par la presse. Lors de son décès, l’un de ses fils, Antoine Blanc-Sellers, annonce publiquement la nouvelle.


Son parcours public la conduit aussi vers des formes de reconnaissance institutionnelle. Nommée chevalière des Arts et des Lettres en 1986, elle est ensuite désignée en 1989 comme membre du Conseil économique et social, au titre des personnalités qualifiées. Cette fonction, exercée dans un cadre officiel, s’inscrit dans une période où elle cherche à stabiliser sa situation. Plus tard, elle revient au contact du public en rejoignant la tournée Âge tendre et Têtes de bois en 2010, tout en publiant une autobiographie. Ses prises de parole restent centrées sur son métier, ses chansons et les conditions de vie des artistes.


Lieux de référence

À Paris, son histoire se rattache au quartier de Belleville, où elle grandit, et aux puces de Saint-Ouen, où elle chante chez Louisette avant la notoriété. Ses grands repères scéniques restent Bobino et l’Olympia, où elle est régulièrement programmée entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1970. À Nogent-sur-Marne, la Maison des artistes marque la fin de son parcours.


Contexte du décès

Georgette Lemaire s’éteint à l’âge de 82 ans à la Maison des artistes de Nogent-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. L’annonce de sa mort est rendue publique par son fils Antoine Blanc-Sellers. Les hommages rappellent une trajectoire faite de succès populaires, de passages sur les grandes scènes parisiennes et d’un répertoire marqué par les textes d’auteurs. Elle laisse l’image d’une interprète attachée à la chanson réaliste, dont les enregistrements restent associés aux années 1960-1980. Sa disparition intervient peu avant les fêtes de fin d’année, suscitant de nombreuses réactions dans le monde de la variété.


Où se recueillir ?

À Nogent-sur-Marne, un recueillement symbolique peut se faire à proximité de la Maison des artistes, lieu où elle est décédée. À Paris, les admirateurs associent aussi sa mémoire aux puces de Saint-Ouen, chez Louisette, et aux façades de l’Olympia et de Bobino, où sa carrière a pris forme. Ces lieux résument ses débuts et ses grandes heures de scène.


Anecdotes

1 - En novembre 1965, elle participe trois fois à Le Jeu de la chance avec des chansons d’Édith Piaf. Arrivée ex æquo avec Mireille Mathieu, elle se désiste et signe déjà un contrat discographique, épisode qui alimente durablement la comparaison entre les deux artistes.
2 - Avant les studios et la télévision, elle se forge une réputation le dimanche aux puces de Saint-Ouen, chez Louisette. Ce café-concert, fréquenté pour ses chansons populaires, sert de tremplin à une interprète qui revendique alors un style réaliste, loin de la pop naissante.
3 - En 1973, son passage en vedette lors d’un Musicorama à l’Olympia est marqué par 17 rappels. Bruno Coquatrix l’engage aussitôt pour dix soirées consécutives, un indicateur rare de popularité pour une chanteuse identifiée au répertoire dramatique.
4 - L’un de ses titres phares, Des millions d’amoureux, est choisi par Steven Spielberg pour figurer dans Munich. Cette réutilisation internationale rappelle la longévité de son catalogue, même lorsque ses sorties récentes se font sur des labels plus modestes.


Points clés

- Métier(s) : chanteuse
- Résidence principale : Paris (Belleville), puis Nogent-sur-Marne (Maison des artistes)
- Relations : Daniel (premier mari) ; Bob Sellers (second mari)
- Enfants : Antoine Blanc-Sellers ; Tony (né en 1969)
- Distinctions : grand prix de la chanson populaire française (1972) ; chevalière des Arts et des Lettres (1986) ; membre du Conseil économique et social (1989)