Poète et écrivain belge de langue française, Maurice Carême est né le 12 mai 1899 à Wavre et mort le 13 janvier 1978 à Anderlecht. Auteur de plus de quatre-vingts recueils traduits en une quinzaine de langues, il a été élu Prince en poésie à Paris en 1972.
Fils de Joseph Carême, peintre en bâtiment et tapissier, et d'Henriette Art, épicière à Wavre, Maurice Carême parle exclusivement le wallon durant son enfance et n'apprend le français qu'à l'école. À quinze ans, il écrit ses premiers vers inspirés par une amie d'enfance, Bertha Detry. Boursier, il intègre l'École normale primaire de Tirlemont, où son professeur Julien Kuypers lui fait découvrir la poésie française du XXe siècle et les poètes flamands. Nommé instituteur à Anderlecht en septembre 1918, il s'installe en banlieue bruxelloise et fonde dès 1919 la revue littéraire Nos Jeunes, rebaptisée en 1920 La Revue indépendante. Il collabore ensuite à la revue Anthologie de Georges Linze, puis à La Revue sincère, où il croise Max Elskamp, Georges Simenon et Jean Tousseul.
Son premier recueil, 63 Illustrations pour un jeu de l'oie, paraît en décembre 1925. Entre 1925 et 1932, il est traversé par les courants surréaliste et futuriste, publiant Hôtel bourgeois en 1926, Chansons pour Caprine en 1930 et Reflets d'hélices en 1932. En 1930, la découverte de la poésie écrite par les enfants opère un tournant décisif : il revient à une langue simple et musicale. Il publie Poèmes de gosses en 1933 et Proses d'enfants en 1936. Avec Géo Norge, Pierre Bourgeois, Claire et Yvan Goll, André Salmon et Edmond Vandercammen, il cofonde en 1931 le Journal des Poètes. Son recueil Mère, paru en 1935, reçoit le Prix triennal de poésie en 1938 et inspire à Darius Milhaud sa Cantate de l'enfant et de la mère, créée à Bruxelles le 18 mai 1938.
1899 : naissance le 12 mai à Wavre, rue des Fontaines
1914 : premiers vers inspirés par Bertha Detry et entrée à l'École normale de Tirlemont
1918 : nomination comme instituteur à Anderlecht
1924 : mariage avec Andrée Gobron, surnommée Caprine
1925 : parution du premier recueil 63 Illustrations pour un jeu de l'oie
1933 : construction de la Maison blanche, avenue Nellie Melba à Anderlecht
1935 : publication de Mère, récompensé par le Prix triennal en 1938
1943 : abandon de l'enseignement et rencontre avec Jeannine Burny
1947 : parution de La Lanterne magique, qui contient Liberté
1954 : premier des dix-sept séjours à l'abbaye d'Orval
1965 : publication de La Bien-aimée, dédié à Jeannine Burny
1972 : élu Prince en poésie au Café Procope à Paris, le 9 mai
1975 : création le 4 décembre de la Fondation Maurice Carême
1976 : Prix européen à Trente pour l'ensemble de son œuvre
1978 : mort le 13 janvier à Anderlecht
Maurice Carême est l'aîné survivant d'une fratrie marquée par les deuils précoces : sa sœur Joséphine meurt un jour après sa naissance en 1898, son frère Marcel à huit mois en 1907. Restent Germaine, née en 1901, et Georges, né en 1904. Joseph Carême, son père, travaille comme peintre en bâtiment et tapissier, et rentre au foyer le samedi en rapportant des images d'Épinal ; sa mère, Henriette Art, tient une épicière dans le quartier. Le jeune Maurice fait ses études primaires et moyennes à Wavre, puis intègre l'École normale primaire de Tirlemont, où Julien Kuypers l'initie à la poésie. En 1924, il épouse Andrée Gobron, institutrice originaire de Dison et sœur du peintre Roger Gobron.
Le couple Carême reste sans enfants. En 1933, Carême obtient un Premier prix de déclamation au Conservatoire de Bruxelles, dans la classe de Madeleine Renaud-Thévenet, et fait construire la Maison blanche à Anderlecht. En 1943, il rencontre Jeannine Burny, alors très jeune, qui devient sa secrétaire pendant trente-cinq ans et inspire La Bien-aimée en 1965. Il entretient des liens d'amitié durables avec les peintres Paul Delvaux, Félix De Boeck, Henri-Victor Wolvens et Lismonde, et correspond avec Michel de Ghelderode, Paul Fort, Jules Supervielle et Gaston Bachelard. Lecteur des mystiques, de Teilhard de Chardin et de Rabindranath Tagore, il effectue dix-sept séjours à l'abbaye d'Orval entre 1954 et 1970.
Maurice Carême meurt le 13 janvier 1978 à Anderlecht, à l'âge de 78 ans, dans la Maison blanche où il vivait depuis 1933. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille ni par la Fondation Maurice Carême. Sa secrétaire et compagne d'écriture pendant trente-cinq ans, Jeannine Burny, prend la présidence de la Fondation qu'il avait créée en décembre 1975 et qu'elle dirigera jusqu'à sa propre mort fin 2020. La maison devient le Musée Maurice Carême la même année et conserve intact le cadre de travail du poète, ses archives, sa correspondance avec Francis Poulenc, Darius Milhaud, Arthur Honegger et Carl Orff, et sa collection de toiles dédicacées par ses amis peintres.
Le mausolée de Maurice Carême se trouve à côté du cimetière de Wavre, sa ville natale qu'il a chantée dans Brabant. Son épouse Andrée Gobron, dite Caprine, l'y rejoint à sa mort à Ostende en 1990. La Maison blanche d'Anderlecht, avenue Nellie Melba, abrite le Musée Maurice Carême et la Fondation. Plusieurs écoles belges et françaises, ainsi que l'Athénée royal Maurice Carême de Wavre, portent son nom.
1 - Jusqu'à la mort de ses parents, Maurice Carême ne parle jamais le français à la maison ni dans la cour de récréation : sa langue quotidienne d'enfance et de jeunesse demeure le wallon, appris avant l'école.
2 - Parallèlement à son œuvre, il décroche en 1933 un Premier prix de déclamation au Conservatoire de Bruxelles, après quatre années d'études dans la classe de Madeleine Renaud-Thévenet, considérant la poésie comme fille de l'oralité.
3 - Carême publie ses livres à compte d'auteur, refusant les circuits commerciaux ordinaires, ce qui ne l'empêche pas de voir son œuvre mise en musique par plus de trois cents compositeurs, dont Francis Poulenc, Darius Milhaud, Carl Orff et Jean Absil.
4 - Entre 1954 et 1970, il effectue dix-sept séjours à l'abbaye trappiste d'Orval, où il étudie les mystiques, la philosophie indienne et chinoise, et le bouddhisme zen, ce qui nourrit notamment le recueil Heure de grâce, paru en 1957.
5 - Carl Orff, compositeur de Carmina Burana, a mis en musique La Litanie des écoliers, et la Maison blanche conserve des lettres et partitions autographes ou dédicacées de ce dernier ainsi que d'Arthur Honegger.
6 - En 1958, Carême accorde sa toute première interview télévisée à Jacques Antoine dans l'émission belge Le Temps et les Œuvres, à près de 59 ans.
- Métier(s) : poète, écrivain, instituteur jusqu'en 1943, traducteur de poètes néerlandophones
- Résidence principale : Anderlecht, à la Maison blanche, avenue Nellie Melba
- Relations de couple : marié en 1924 à Andrée Gobron (Caprine), institutrice de Dison ; lien étroit et durable avec sa secrétaire Jeannine Burny à partir de 1943
- Enfants : aucun enfant connu
- Distinctions : Prix Verhaeren (1927), Prix triennal de poésie (1938), Prix Victor Rossel (1948), Prix de l'Académie française (1949 et 1954), Prix international Syracuse (1950), Prix Félix Denayer (1957), Prix de la poésie religieuse (1958), Prix du Président de la République française (1961), Grand Prix international de poésie (1968), Prince en poésie (1972), Prix européen à Trente (1976)
13 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
On vendit le chien, et la chaîne, et la vache, et le vieux buffet, mais on ne vendit pas la peine des paysans que l'on chassait.
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