Cette année marque le 70ᵉ anniversaire de sa naissance.
Christine Boisson, née le 8 avril 1956 à Salon-de-Provence et morte le 21 octobre 2024 à Paris, est une actrice française. Révélée à 17 ans dans Emmanuelle (1974), elle construit une carrière exigeante entre cinéma d'auteur et théâtre, sous la direction de Michelangelo Antonioni, Claude Régy, Roger Planchon ou Harold Pinter. Biographie, parcours, vie personnelle et cause du décès.
Fille d'un instructeur de pilotes de chasse et d'une ancienne mannequin elle-même engagée dans l'armée, Christine Nelly Simone Boisson naît à Salon-de-Provence et grandit à Marrakech jusqu'à l'âge de 9 ans (Tout Le Monde En Parle, France 2, 18 novembre 2000). La famille s'installe ensuite à Villeurbanne, où la fillette fréquente l'école Jules-Guesde, de l'autre côté du périphérique, accessible par une passerelle qu'elle traverse dans le brouillard et le froid. Ses parents déménagent par la suite à Paris, où elle achève sa scolarité au lycée Paul-Valéry. Pour financer ses cours de théâtre, elle s'inscrit à l'agence de mannequins de Catherine Harlé. Le photographe et réalisateur Just Jaeckin l'y repère et lui confie le rôle de Marie-Ange dans Emmanuelle (1974). Elle n'a que 17 ans, ses parents signent une décharge pour autoriser le tournage. Le succès du film l'enferme dans des rôles exploitant son physique, notamment dans Le Jeu avec le feu d'Alain Robbe-Grillet et Le Mouton enragé de Michel Deville. Elle traverse alors une période difficile, marquée par la drogue et l'alcool, avant de rompre avec ce registre. En 1976, elle entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique (promotion 1977), dans les classes de Pierre Debauche et Antoine Vitez, pour se prouver, dit-elle, qu'elle est "autre chose qu'une apparence" (Vie privée vie publique, France 3, 6 juin 2007). Elle complète sa formation auprès de Blanche Salant à l'Atelier international de théâtre.
Sur les planches, Roger Planchon la dirige dans Périclès, prince de Tyr (1977) et Antoine et Cléopâtre (1978) au TNP de Villeurbanne. Elle travaille avec Claude Régy sur Trilogie du revoir de Botho Strauss (1980) et Par les villages de Peter Handke (1983). En 1992, elle joue C'était hier d'Harold Pinter sous la direction de Sami Frey au Théâtre Hébertot. En 1998, Pinter la dirige lui-même dans sa pièce Ashes to Ashes au Théâtre du Rond-Point. Au cinéma, sa carrière prend un tournant en 1980 avec Extérieur, nuit de Jacques Bral, aux côtés de Gérard Lanvin et André Dussollier, film sélectionné à Cannes dans la section Perspectives du cinéma français. En 1982, Michelangelo Antonioni la choisit pour Identification d'une femme. Elle reçoit alors une image d'actrice "intellectuelle" qui l'agace autant que l'étiquette érotique de ses débuts. "J'aime pas être enfermée, c'est tout", résume-t-elle (Tout Le Monde En Parle, France 2, 18 novembre 2000). En 1984, elle est la première lauréate du prix Romy-Schneider pour Rue barbare de Gilles Béhat, avec Bernard Giraudeau. Elle tourne ensuite avec Philippe Garrel (Liberté, la nuit), Yves Boisset (Radio Corbeau), Claude Lelouch (Il y a des jours et des lunes), Olivier Assayas (Une nouvelle vie), Élie Chouraqui (Les Marmottes), Tonie Marshall (Pas très catholique), Laetitia Masson (Love Me) et Jonathan Demme (La Vérité sur Charlie, 2002). En 2000, elle défend La Mécanique des femmes de Jérôme de Missolz, adapté du roman de Louis Calaferte, un texte qu'elle qualifie de "fort" et "moderne" (Tout Le Monde En Parle, France 2, 18 novembre 2000). En 2009, Maïwenn lui confie un rôle dans Le Bal des actrices.
Après 2010, Christine Boisson se fait rare sur les écrans et les planches.
Christine Boisson naît dans un milieu militaire : son père est instructeur de pilotes de chasse, sa mère ancienne mannequin et elle-même engagée dans l'armée. La famille vit à Marrakech durant l'enfance, puis à Villeurbanne et enfin à Paris. En 2013, dans un entretien accordé à Gala, elle révèle que son frère et elle ont été victimes de comportements incestueux de la part de leur mère, qui exerçait sur eux un chantage au suicide pour garantir leur silence. Elle confie que sa mère n'a cessé de lui répéter qu'elle avait failli mourir en accouchant d'elle, et qu'elle avait empoché l'intégralité de son cachet pour Emmanuelle tout en la rabaissant pour avoir tourné dans le film (Gala, janvier 2013). Au moment de l'interview, elle indique que sa mère est atteinte de dégénérescence sénile avec des crises paranoïaques aiguës, ajoutant : "Elle a toujours porté cette maladie en elle" (Gala, janvier 2013). Le rapport à son propre corps reste durablement marqué par cette relation : Christine Boisson confie ne s'être jamais trouvée jolie, l'image de la beauté étant pour elle celle de sa mère, blonde aux yeux verts et à la peau claire, à l'opposé de son propre physique brun. Elle ne se reconnaît belle qu'avec dix ou quinze ans de décalage, en regardant d'anciennes photos (Vie privée vie publique, France 3, 6 juin 2007). Sa fille, Juliette Kowski, est également comédienne. En novembre 2000, Christine Boisson mentionne à la télévision un "fiancé" aux côtés duquel elle cuisine pour sa fille (Tout Le Monde En Parle, France 2, 18 novembre 2000), mais la vie sentimentale de l'actrice reste peu documentée. En 2010, elle est hospitalisée après s'être accrochée au parapet de son appartement au cinquième étage. En 2013, elle revient sur cet épisode : "J'étais bien accrochée au parapet, je savais ce que je faisais, je n'ai jamais eu l'intention ou l'envie de mourir." Elle explique avoir voulu exercer un chantage affectif sur son compagnon de l'époque, alors sans emploi, reproduisant un schéma maternel qu'elle identifie elle-même (Gala, janvier 2013). Après cet événement, sa santé se dégrade et elle se retire progressivement de la vie professionnelle.
En mai 2019, Christine Boisson cosigne la tribune "Nous ne sommes pas dupes !" publiée dans Libération, en soutien au mouvement des Gilets jaunes. En décembre 2023, elle est signataire de la tribune "N'effacez pas Gérard Depardieu", défendant la présomption d'innocence de l'acteur alors visé par des accusations de violences sexuelles.
Christine Boisson meurt le 21 octobre 2024 dans le 18e arrondissement de Paris, à 68 ans. La cause est un syndrome pulmonaire, qualifié de "maladie du fumeur" par sa fille Juliette Kowski (AFP, 21 octobre 2024). L'actrice souffrait de cette affection depuis plusieurs années. Ses obsèques ont lieu le 31 octobre 2024 au crématorium du Père-Lachaise, dans la salle de la Coupole, où elle est incinérée. Sa fille a déclaré à l'AFP : "Je voudrais que l'on se souvienne d'elle avec grâce, car c'était une actrice gracieuse."
Née à Salon-de-Provence, ville de la Patrouille de France, Christine Boisson passe son enfance à Marrakech en raison de l'affectation militaire de son père. La famille s'installe ensuite à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon, avant de rejoindre Paris, où elle vit l'essentiel de sa vie adulte, dans le 18e arrondissement. Sa cérémonie funéraire se déroule le 31 octobre 2024 au crématorium du Père-Lachaise (salle de la Coupole). Le lieu de dispersion ou de conservation de ses cendres n'est pas connu publiquement.
Ses parents signent une décharge pour autoriser leur fille mineure à tourner dans Emmanuelle. Sa mère lui confisque l'intégralité du cachet du film (Gala, janvier 2013).
Arrivée enfant à Villeurbanne après avoir grandi à Marrakech, elle rejoint l'école Jules-Guesde en traversant une passerelle au-dessus du périphérique dans le brouillard, un souvenir qu'elle qualifie d'"horrible" (Tout Le Monde En Parle, France 2, 18 novembre 2000).
Au Conservatoire, dans un cours d'expression faciale dirigé par Andrei Serban, elle se prête à un exercice de comique facial filmé par l'émission Péplum en 1976 (INA).
Elle est la toute première actrice à recevoir le prix Romy-Schneider, en 1984, pour son rôle dans Rue barbare.
En novembre 2000, elle se présente sur le plateau de Tout Le Monde En Parle la main bandée, après s'être brûlée en faisant frire des éperlans pour sa fille et son compagnon (France 2, 18 novembre 2000).
Opposée à la chirurgie esthétique, elle estime qu'en modifiant la tension d'une peau, on risque de "perdre en charme terriblement", et note que le résultat ne tient pas plus de six à huit ans, créant selon elle une forme d'addiction (Vie privée vie publique, France 3, 6 juin 2007).