Helmut Berger, acteur autrichien né le 29 mai 1944 à Bad Ischl et mort le 18 mai 2023 à Salzbourg, est resté l'acteur fétiche de Luchino Visconti, marqué à jamais par Les Damnés (1969) et Ludwig ou le Crépuscule des dieux (1972), incarnations sulfureuses qui ont fait sa légende cinématographique.
Né Helmut Steinberger dans une famille d'hôteliers autrichiens, il quitte tôt le foyer familial pour gagner Londres puis Pérouse, où il suit des cours d'art dramatique et étudie les langues. En 1964, il est remarqué par Luchino Visconti lors du tournage de Sandra à Volterra, en Toscane. Le cinéaste italien lui confie un petit rôle dans le sketch La Sorcière brûlée vive du film Les Sorcières (1967), aux côtés de Silvana Mangano. Visconti devient son amant et son mentor, et lui apprend le métier d'acteur. En 1969, travesti en Marlene Dietrich dans Les Damnés, Helmut Berger entre dans la légende du cinéma : il y incarne Martin von Essenbeck, héritier dépravé d'une dynastie industrielle allemande sous le nazisme, face à Ingrid Thulin et Dirk Bogarde. La performance lui vaut une nomination au Golden Globe du meilleur acteur révélation et une troisième place au prix du meilleur second rôle décerné par la New York Film Critics Circle.
En 1970, il tourne Le Jardin des Finzi-Contini de Vittorio De Sica, puis Le Portrait de Dorian Gray de Massimo Dallamano. En 1972, il atteint un sommet avec Ludwig ou le Crépuscule des dieux, où il prête ses traits à Louis II de Bavière face à Romy Schneider en Sissi et à Trevor Howard en Richard Wagner. Visconti lui confie ensuite Violence et Passion (1974), aux côtés de Burt Lancaster et Silvana Mangano. Parallèlement, il tourne Une Anglaise romantique de Joseph Losey (1975) avec Michael Caine et Glenda Jackson, puis Salon Kitty de Tinto Brass (1976). Après la mort de Visconti en mars 1976, sa carrière décline. Il enchaîne films d'exploitation européens, apparaît dans Le Parrain, 3e partie de Francis Ford Coppola (1990) en banquier vatican Frederick Keinszig, puis dans Saint Laurent de Bertrand Bonello (2014) en couturier vieillissant.
1944 : naissance le 29 mai à Bad Ischl, en Autriche
1964 : rencontre Luchino Visconti sur le tournage de Sandra
1967 : premier rôle dans Les Sorcières de Luchino Visconti
1969 : révélation internationale dans Les Damnés de Luchino Visconti
1970 : Le Jardin des Finzi-Contini de Vittorio De Sica
1972 : rôle-titre de Ludwig ou le Crépuscule des dieux face à Romy Schneider
1974 : Violence et Passion, dernier film avec Luchino Visconti
1976 : mort de Luchino Visconti, début d'une longue dépression
1977 : tentative de suicide à Los Angeles, le 14 mars
1983 : rejoint le casting de la série Dynastie dans le rôle de Peter De Vilbis
1990 : Le Parrain, 3e partie de Francis Ford Coppola
1998 : publication de son autobiographie Ich, die Autobiographie à Berlin
2007 : Teddy Award d'honneur à la Berlinale pour l'ensemble de sa carrière
2014 : dernière apparition marquante dans Saint Laurent de Bertrand Bonello
2023 : mort le 18 mai à Salzbourg, à 78 ans
Helmut Steinberger naît dans une famille d'hôteliers de Bad Ischl, station thermale autrichienne. Refusant de reprendre la chaîne d'hôtels parentale, il part adolescent à Londres pour suivre des cours d'art dramatique, financés par de petits emplois de serveur, puis poursuit ses études de langues à l'université de Pérouse, en Italie. Sa rencontre avec Luchino Visconti en 1964 fixe sa vie sentimentale pour douze années : leur liaison, publique dans le milieu cinématographique italien, dure jusqu'à la mort du cinéaste en 1976. En 1994, Helmut Berger épouse l'Italienne Francesca Guidato, lors d'une union dont le couple vit ensemble trois ans avant de se séparer sans divorcer. Aucun enfant n'est documenté.
Entre les deux, l'acteur entretient au début des années 1970 une liaison brève avec le mannequin américain Marisa Berenson, ainsi que des relations affichées avec les actrices Marisa Mell, Linda Blair, Ursula Andress et Britt Ekland. En 2015, à 71 ans, il épouse sur Ibiza le présentateur allemand Florian Wess, de 37 ans son cadet, lors d'une cérémonie sans valeur juridique en Autriche ; le couple se sépare neuf semaines plus tard. Berger est récompensé en 2007 par le Teddy Award d'honneur de la Berlinale pour sa contribution à la visibilité homosexuelle au cinéma. Il a longtemps entretenu une inimitié publique avec Alain Delon.
Helmut Berger meurt le 18 mai 2023 à Salzbourg, en Autriche, à 78 ans, onze jours avant son 79e anniversaire. Son agent Helmut Werner annonce le décès dans la matinée, précisant qu'il s'est éteint « paisiblement mais soudainement » dans sa ville natale, où il s'était retiré après la mort de sa mère. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Le corps est incinéré et les cendres remises à la famille. La disparition est annoncée le jour même de l'ouverture du 76e Festival de Cannes, où Helmut Berger avait foulé la Croisette en 2014 pour Saint Laurent de Bertrand Bonello. Des hommages sont publiés par la presse cinématographique française, italienne et autrichienne.
Helmut Berger ayant été incinéré et ses cendres remises à sa famille selon le communiqué de son agent, aucune sépulture publique n'a été rendue accessible aux visiteurs. Sa ville natale de Bad Ischl et celle de son décès, Salzbourg, demeurent les principaux ancrages géographiques associés à sa mémoire en Autriche.
1 - À l'issue du tournage de Ludwig, Helmut Berger a déclaré s'être lui-même fait interner dans un sanatorium pour se défaire du personnage de Louis II de Bavière, qui avait selon lui pris possession de sa personnalité réelle, propos rapportés par sa biographie IMDb.
2 - Le 14 mars 1977, un an après la mort de Luchino Visconti, Helmut Berger tente de se suicider à Los Angeles par absorption massive de somnifères, épisode qu'il évoquera publiquement par la suite et qui figure dans sa biographie officielle.
3 - En 1999, il apparaît dans le clip Tausend Tränen tief du groupe allemand Blumfeld, incursion musicale rare pour un acteur autrichien alors retiré des grands plateaux.
4 - En 2013, Helmut Berger participe à l'émission de téléréalité allemande Ich bin ein Star : Holt mich hier raus !, version germanique de Je suis une célébrité, sortez-moi de là !, qu'il abandonne au bout de deux jours.
5 - Lors d'un entretien à Libération en 2015, Helmut Berger raillait la beauté d'Alain Delon en lui opposant le David de Florence : « j'en connais d'autres, des beautés : le David à Florence, il est pas mal non plus ».
6 - Pour la télévision, il a incarné le rôle-titre du Fantômas de Claude Chabrol et Juan Luis Buñuel en 1980, coproduction franco-allemande dans laquelle il succède à Jean Marais et Louis de Funès dans le personnage.
- Métier(s) : acteur de cinéma et de télévision
- Résidence principale : Salzbourg, Autriche
- Relations de couple : Luchino Visconti (1964-1976), Francesca Guidato (mariage civil en 1994), Florian Wess (cérémonie de 2015 sans valeur juridique en Autriche)
- Enfants : aucun documenté
- Distinctions : Teddy Award d'honneur de la Berlinale en 2007, nomination au Golden Globe du meilleur acteur révélation 1970 pour Les Damnés
« J'ai vécu trois vies. Et en quatre langues ! Je ne regrette rien. »
— Communiqué de son agent rapportant ses propos, Agence France-Presse, 18 mai 2023
« Ma période ecstasy, LSD et cocaïne commença à Los Angeles quand le film-épopée Les Damnés fut nominé pour l'Oscar du meilleur film étranger. »
— Autobiographie Ich, die Autobiographie, 1998 (traduit de l'allemand)
« Saint Laurent de Bertrand Bonello, il est le nouveau Visconti pour moi. Son sens du détail et du raffinement sont exceptionnels. Je fus dans ses mains comme je le fus dans celles de Visconti. »
— Interview Le Mag Cinéma, Festival de Cannes 2014
« J'ai vécu trois vies. Et en quatre langues ! Je ne regrette rien. »
— Communiqué de son agent rapportant ses propos, Agence France-Presse, 18 mai 2023
« Ma période ecstasy, LSD et cocaïne commença à Los Angeles quand le film-épopée Les Damnés fut nominé pour l'Oscar du meilleur film étranger. »
— Autobiographie Ich, die Autobiographie, 1998 (traduit de l'allemand)
« Saint Laurent de Bertrand Bonello, il est le nouveau Visconti pour moi. Son sens du détail et du raffinement sont exceptionnels. Je fus dans ses mains comme je le fus dans celles de Visconti. »
— Interview Le Mag Cinéma, Festival de Cannes 2014