Acteur américain né le 13 novembre 1920 à Miami, en Arizona, Jack Elam a enchaîné les rôles de brutes dans le western hollywoodien, identifié à son oeil gauche déviant - séquelle d'une blessure d'enfance -, au cours d'une carrière de 73 films entre 1949 et 1995.
William Scott Elam naît le 13 novembre 1920 dans la ville minière de Miami, en Arizona. Son père, Millard Elam, occupe successivement des postes de charpentier, de scieur, de comptable puis d'enquêteur pour une société de prêts. Sa mère, Alice Amelia Kerby, décède en 1924 à Globe, en Arizona, où la famille avait déménagé. Après le remariage de Millard Elam avec Flossie Varney, institutrice originaire du Kansas, Elam achève sa scolarité à la Phoenix Union High School dans les années 1930. Il étudie ensuite la gestion comptable au Modesto Junior College puis au Santa Monica College, en Californie, avant d'occuper plusieurs postes dans la finance : auditeur à la Standard Oil Company dès l'âge de seize ans en 1936, teneur de livres à la Bank of America et gérant de l'Hotel Bel-Air à Los Angeles. Malgré la cécité partielle de son oeil gauche, consécutive à une blessure de 1931, il sert deux ans dans la U.S. Navy durant la Seconde Guerre mondiale comme officier d'approvisionnement.
De retour du service militaire, Elam travaille comme comptable pour les productions Hopalong Cassidy puis devient auditeur indépendant pour Samuel Goldwyn et d'autres sociétés hollywoodiennes. En 1947, un médecin lui signifie qu'une poursuite de cette activité risque de le rendre totalement aveugle. Il se reconvertit alors dans le métier d'acteur. Lors du tournage de Rawhide (1951) avec Tyrone Power, Elam envisage de faire corriger chirurgicalement son oeil déviant ; Darryl F. Zanuck, patron de la 20th Century Fox, l'en dissuade. Sa singularité physique attire les directeurs de casting tout au long des années 1950 et 1960, lui valant des dizaines de rôles de brutes dans westerns et films noirs aux côtés de Gary Cooper dans Vera Cruz (1954) et de James Stewart dans L'homme de Laramie (1955). En 1968, Sergio Leone lui confie le rôle de Snaky dans Il était une fois dans l'Ouest, face à Charles Bronson, dans une séquence d'ouverture fondée sur l'attente et le silence.
1920 : Naissance le 13 novembre à Miami, Arizona
1931 : Blessure à l'oeil gauche lors d'une bagarre à une réunion de scouts
1947 : Abandon de la comptabilité sur avis médical
1949 : Débuts à l'écran dans She Shoulda Said No!
1951 : Tournage de Rawhide avec Tyrone Power ; conseil de Darryl F. Zanuck de ne pas corriger son oeil
1961 : Décès de Jean Louise Hodgert d'un cancer du côlon ; mariage avec Margaret M. Jennison le 23 août
1963 : Rôle principal dans la série télévisée The Dakotas (ABC/Warner Bros., 19 épisodes)
1968 : Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone
1969 : Tueur malgré lui de Burt Kennedy, avec James Garner
1970 : Rio Lobo de Howard Hawks, avec John Wayne
1973 : Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah
1983 : Golden Boot Award lors de la 1re cérémonie de cette récompense
1987 : Installation à Ashland, Oregon ; documentaire I Am Not a Freak
1994 : Intronisation au Hall of Great Western Performers du National Cowboy and Western Heritage Museum, Oklahoma City
2003 : Décès le 20 octobre à Ashland, Oregon, d'une insuffisance cardiaque congestive
Jack Elam est le fils de Millard Elam et d'Alice Amelia Kerby, décédée à Globe, en Arizona, en 1924. Son père se remarie en 1928 avec Flossie Varney, institutrice originaire du Kansas. Il a une soeur aînée prénommée Mildred. Elam épouse Jean Louise Hodgert vers 1937 ; elle décède le 24 janvier 1961 d'un cancer du côlon. Le 23 août 1961, il se remarie avec Margaret M. Jennison, avec qui il vivra 42 ans jusqu'à sa mort. De ses deux unions naissent trois enfants : Jacqueline Elam, Jeri Elam et Scott Elam.
En 1987, Elam s'installe définitivement à Ashland, en Oregon, où il réside jusqu'à sa mort. Lors du tournage de The Aurora Encounter (1986) au Texas, il noue une amitié durable avec Mickey Hays, un garçon de onze ans atteint de progéria ; leur relation est documentée dans le film I Am Not a Freak (1987). Au fil de sa carrière, ses partenaires récurrents à l'écran incluent James Garner, avec qui il tourne deux westerns comiques consécutifs, et Loni Anderson, aux côtés de qui il joue dans 22 épisodes de la série Easy Street (1986). Le réalisateur Burt Kennedy le dirige au total quinze fois au cinéma et à la télévision.
Jack Elam décède le 20 octobre 2003 d'une insuffisance cardiaque congestive, à son domicile d'Ashland, en Oregon, à l'âge de 82 ans. Il résidait dans cette ville depuis 1987. Sa veuve, Margaret M. Jennison, et ses trois enfants - Jacqueline, Jeri et Scott Elam - lui survivent. L'Associated Press rapporte les témoignages d'amis et de proches soulignant son sens de l'humour et sa générosité. En 1994, Elam avait reçu de son vivant la reconnaissance formelle de ses pairs lors de son intronisation au Hall of Great Western Performers du National Cowboy and Western Heritage Museum d'Oklahoma City.
Le lieu de sépulture de Jack Elam n'a pas été rendu public par sa famille. La ville d'Ashland, en Oregon, où l'acteur vécut ses seize dernières années entre 1987 et 2003, lui consacre un article biographique dans l'Oregon Encyclopedia, publication académique de la Portland State University et de l'Oregon Historical Society.
1 - Dans le documentaire de tournage de Rio Lobo (1970), l'acteur David Huddleston illustre les cinq stades de la carrière d'un second rôle hollywoodien en citant Jack Elam pour chacun d'eux : de la consécration à l'oubli, puis au retour à l'oubli.
2 - En 1949, Elam obtient son premier rôle au cinéma en proposant ses services comptables en échange d'une apparition à l'écran ; une méthode qu'il appliquera de nouveau lorsqu'un réalisateur ami cherche des financements pour trois scénarios de westerns.
3 - Dans Il était une fois dans l'Ouest (1968) de Sergio Leone, Elam consacre une longue séquence à chasser une mouche agaçante, finissant par la capturer dans le canon de son revolver, dans une scène sans dialogue.
4 - En 1979, Elam incarne le monstre de Frankenstein dans la sitcom CBS Struck by Lightning, annulée après trois épisodes sur onze produits. Les huit épisodes non diffusés aux États-Unis seront néanmoins diffusés au Royaume-Uni l'année suivante.
5 - À seize ans, en 1936, Elam aurait menti sur son âge pour obtenir un poste d'auditeur à la Standard Oil Company de Los Angeles, suivant ainsi les traces de son père Millard, qui avait lui-même exercé comme comptable.
- Métier(s) : Acteur de cinéma et de télévision
- Résidence principale : Ashland, Oregon (de 1987 à sa mort en 2003)
- Relations de couple : Jean Louise Hodgert (v. 1937-1961), Margaret M. Jennison (1961-2003)
- Enfants : Trois enfants (Jacqueline Elam, Jeri Elam, Scott Elam)
- Distinctions : Golden Boot Award (1983) ; Hall of Great Western Performers, National Cowboy and Western Heritage Museum, Oklahoma City (1994)
« Je suis vieux. Écrivez juste que je suis vieux. »
— The Modesto Bee, 1993 (traduit de l'anglais)
« Je ne vois que d'un seul oeil et cet oeil-là n'arrêtait pas de se fermer. »
— The Baltimore Sun, 30 juillet 1974 (traduit de l'anglais)
« Zanuck m'a dit : 'Ne faites pas ça. C'est une part de votre mystique.' Je n'y suis jamais revenu et c'est devenu ma marque de fabrique, d'une certaine façon. »
— Entretien avec Percy Shain, The Boston Globe, 22 septembre 1974 (traduit de l'anglais)
« J'ai perdu mon oeil à onze ans lors d'une bagarre - vous y croyez ? - à une réunion de scouts. C'était une grande soirée d'initiation, mais je me suis bagarré avec ce gamin et il m'a enfoncé un crayon dans l'oeil. »
— Entretien avec Percy Shain, The Boston Globe, 22 septembre 1974 (traduit de l'anglais)