Cette année marque le centenaire de sa naissance.
Harry Dean Stanton, acteur américain né le 14 juillet 1926 dans le Kentucky, a accumulé plus de deux cents rôles en soixante ans de carrière, avant d'obtenir à 57 ans le rôle principal de Paris, Texas de Wim Wenders, Palme d'or à Cannes en 1984.
Né à West Irvine, dans le comté d'Estill au Kentucky, Harry Dean Stanton est le fils de Sheridan Harry Stanton, cultivateur de tabac et coiffeur, et d'Ersel, née Moberly, cuisinière. Ses parents divorcent pendant ses années de lycée et se remarient chacun de leur côté. Il a deux frères cadets, Archie et Ralph, et un demi-frère, Stanley McKnight. Après le lycée Lafayette de Lexington, il entre à l'université du Kentucky, où il joue au Guignol Theatre sous la direction de Wallace Briggs, et étudie le journalisme et la radio. Briggs l'encourage à quitter l'université. Stanton rejoint le Pasadena Playhouse en Californie, aux côtés de Tyler MacDuff et Dana Andrews. Entre-temps, il sert dans la marine américaine comme cuisinier à bord de l'USS LST-970 lors de la bataille d'Okinawa en 1945. Démobilisé, il débute à la télévision en 1954 dans la série Inner Sanctum, puis au cinéma en 1957 avec Tomahawk Trail. Craignant la confusion avec l'acteur Harry Stanton, il se crédite d'abord sous le nom de Dean Stanton.
Tout au long des années 1960 et 1970, Stanton enchaîne les seconds rôles dans westerns et films de genre, pour Sam Peckinpah dans Pat Garrett et Billy le Kid (1973), pour Francis Ford Coppola dans Le Parrain II (1974), et pour Ridley Scott dans Alien (1979), avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Yaphet Kotto, Ian Holm et John Hurt. La consécration vient en 1984 : Sam Shepard, rencontré lors d'un festival à Santa Fe, lui propose le rôle de Travis dans Paris, Texas de Wim Wenders, Palme d'or à Cannes. Alex Cox lui donne la même année le rôle principal de Repo Man. Malgré cette visibilité, Stanton continue les seconds rôles : Martin Scorsese dans La Dernière Tentation du Christ (1988), David Lynch dans Sailor et Lula (1990), Twin Peaks: Fire Walk with Me (1992) et Inland Empire (2006). De 2006 à 2010, il incarne Roman Grant dans la série HBO Big Love. En 2017, à 91 ans, il tient le rôle-titre de Lucky, premier film de John Carroll Lynch.
1926 : naissance le 14 juillet à West Irvine, Kentucky
1945 : service dans la marine américaine lors de la bataille d'Okinawa, à bord de l'USS LST-970
1954 : première apparition télévisée dans la série Inner Sanctum
1957 : débuts au cinéma dans le western Tomahawk Trail
1962 : apparition dans La Conquête de l'Ouest de John Ford, Henry Hathaway et George Marshall ; garçon d'honneur au mariage de Jack Nicholson
1967 : rôle dans Luke la main froide de Stuart Rosenberg, aux côtés de Paul Newman
1973 : Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah
1974 : Le Parrain II de Francis Ford Coppola
1979 : Alien de Ridley Scott
1981 : New York 1997 de John Carpenter, avec Kurt Russell
1984 : rôle principal dans Paris, Texas de Wim Wenders (Palme d'or, Festival de Cannes) ; Repo Man d'Alex Cox
1986 : Rose bonbon de Howard Deutch, avec Molly Ringwald
1988 : La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese
2006-2010 : rôle de Roman Grant dans la série HBO Big Love (39 épisodes)
2017 : Lucky de John Carroll Lynch ; décès le 15 septembre à Los Angeles, à 91 ans
Fils aîné d'une famille ouvrière du Kentucky, Harry Dean Stanton a deux frères, Archie et Ralph, et un demi-frère, Stanley McKnight. Il ne s'est jamais marié. Il entretient une relation durable avec l'actrice Rebecca De Mornay, de trente-cinq ans sa cadette, laquelle le choisit ensuite pour jouer à ses côtés dans le thriller Excès de confiance (1996) dont elle est la productrice. Stanton déclare régulièrement que De Mornay l'a quitté pour Tom Cruise. Il évoque par ailleurs la possibilité d'avoir eu deux ou trois enfants hors mariage, sans descendance officiellement documentée. Pendant des décennies, il réside dans une petite maison surplombant la vallée de San Fernando, à Los Angeles.
Ami proche de Jack Nicholson depuis les années 1960 - il est le garçon d'honneur à son mariage en 1962 -, Stanton côtoie également Kris Kristofferson, Bob Dylan et Francis Ford Coppola. Musicien confirmé, il se produit au Mint, club de West Hollywood, en chanteur et guitariste, avec un répertoire mêlant country, rock et musique mexicaine. Il joue de l'harmonica sur l'album Let the Day Begin du groupe The Call (1989) et enregistre avec Bob Dylan et Art Garfunkel. En 2005, il prend part aux funérailles du journaliste Hunter S. Thompson, organisées et financées par Johnny Depp.
Harry Dean Stanton décède le 15 septembre 2017 d'insuffisance cardiaque, à l'âge de 91 ans, au Cedars-Sinai Medical Center de Los Angeles. Aucun détail supplémentaire n'est communiqué par son agent, John S. Kelly, au-delà du constat de causes naturelles. La cérémonie funèbre est privée. David Lynch, dans une déclaration officielle publiée par la chaîne Showtime, rend hommage à son collaborateur de longue date. L'annonce de la mort de Stanton est communiquée le jour même par son agent via l'Associated Press. Stanton était alors en cours de post-production de Lucky, son dernier film, qui sort quelques jours après son décès.
Harry Dean Stanton est inhumé au Blue Grass Memorial Gardens and Mausoleum, dans l'État du Kentucky. Depuis 2011, la ville de Lexington, dans son Kentucky natal, accueille le Harry Dean Stanton Fest, festival annuel dédié à sa filmographie et à ses racines locales.
1 - Stanton aurait déclaré publiquement : "Je ne mange que pour pouvoir fumer et rester en vie." Fumeur invétéré durant toute son existence, il atteignit néanmoins l'âge de 91 ans, décédant de causes naturelles en septembre 2017.
2 - Le critique Roger Ebert formula la "règle Stanton-Walsh" : aucun film avec Harry Dean Stanton ou M. Emmet Walsh dans un second rôle ne peut être entièrement mauvais. Ebert admit lui-même une exception en 1989 avec Dream a Little Dream, dans lequel Stanton figurait pourtant.
3 - C'est Jack Nicholson qui, lors du tournage de L'Ouragan de la vengeance (1966) de Monte Hellman, conseille à Stanton de ne rien jouer : "Laisse le costume faire le personnage, joue-toi toi-même." Stanton en fera le socle de toute son approche du jeu.
4 - Pour Paris, Texas, le réalisateur Wim Wenders révèle en 2016 que Stanton était anxieux à cause de l'écart d'âge de près de 35 ans avec Nastassja Kinski. L'assistant chargé de le rassurer avant le départ pour Cannes était un tout jeune Sean Penn.
5 - Stanton tient cinq films inscrits au National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américain, reconnus comme oeuvres d'importance culturelle ou historique : La Conquête de l'Ouest (1962), Luke la main froide (1967), Macadam à deux voies (1971), Le Parrain II (1974) et Alien (1979).
6 - En 1996, Stanton est victime d'un cambriolage à son domicile de Los Angeles : deux individus le ligotent et le frappent avant de partir avec sa voiture. Il est retrouvé sans blessures graves ; les deux auteurs sont arrêtés grâce au dispositif de géolocalisation du véhicule et condamnés à des peines de prison.
- Métier(s) : acteur, chanteur, guitariste
- Résidence principale : Los Angeles (vallée de San Fernando), Californie
- Relations de couple : Rebecca De Mornay (relation non maritale)
- Enfants : aucun enfant officiellement documenté
- Distinctions : Palme d'or (Cannes 1984, collectif pour Paris, Texas) ; cinq films au National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américain
« Je joue tout le temps moi-même, devant et derrière la caméra. Que puis-je faire d'autre ? »
— Interview HBO Big Love, site officiel HBO, circa 2006 (traduit de l'anglais)
« Je suis une fleur tardive. C'est simplement une question de rythme d'évolution. Plus on vieillit, plus on espère grandir. »
— Interview HBO Big Love, site officiel HBO, circa 2006 (traduit de l'anglais)
« Paris, Texas est le premier film auquel j'ai vraiment tenu, le premier que j'aie vraiment voulu faire - et cela après vingt-sept ans que je considérais comme ma peine de prison. »
— Interview Magazine, 1985 (traduit de l'anglais)
« J'ai toujours été un chercheur, un chasseur. On dit que les acteurs ne devraient pas être politiques, mais on ne peut pas se séparer du monde. On ne peut se déconnecter de rien. »
— Interview Magazine, republication "New Again", 2016 (traduit de l'anglais)