Hier marquait le 90ᵉ anniversaire de sa naissance.
Michel Jazy, athlète français né le 13 juin 1936 à Oignies (Pas-de-Calais) et mort le 1er février 2024 à Dax, est le coureur de demi-fond qui a établi neuf records du monde entre 1961 et 1966, un total jamais atteint par un athlète français, et décroché la médaille d'argent du 1 500 m aux Jeux olympiques de Rome en 1960.
Fils d'un mineur polonais emporté par la silicose et d'une mère partie travailler à Paris, Michel Jazy grandit d'abord sous la garde de sa grand-mère à Oignies avant de rejoindre sa mère à Paris à l'âge de quatorze ans. Il enchaîne alors les petits emplois : groom dans un cercle de jeu avenue de la Grande Armée, puis apprenti typographe. C'est en accompagnant un ami à une épreuve de cross, au stade Marcel-Buc de Meudon en novembre 1952, qu'il prend son premier départ en course à pied. Il s'impose aisément et s'inscrit au Club olympique de Billancourt, où il rencontre René Frassinelli, son premier entraîneur. En 1953, Jazy remporte le titre de champion d'Île-de-France cadet de cross-country, puis le titre national cadet du 1 000 m, bien que ce dernier ne soit pas homologué, sa naturalisation française n'étant pas encore acquise. Champion de France senior du 1 500 m en 1956, il est sélectionné pour les Jeux olympiques de Melbourne où il partage sa chambre avec Alain Mimoun, lequel remporte le marathon à trente-six ans. Cette relation le transforme : il comprend le niveau d'exigence nécessaire et structure sa carrière en conséquence.
Après le service militaire au bataillon de Joinville (1956-1958), Gaston Meyer, rédacteur en chef de L'Équipe, l'embauche comme typographe afin de lui permettre de concilier entraînement et revenu stable. Guidé également par Marcel Hansenne, médaillé olympique en 1948, Jazy aborde les Jeux de Rome en 1960 en pleine confiance. Sa rivalité avec Michel Bernard, lancé sur un rythme très fort en finale du 1 500 m, lui permet de terminer deuxième derrière l'Australien Herb Elliott (3 min 38 s 4, record de France). Entre 1961 et 1966, il améliore neuf records du monde sur des distances allant du mile au 4x1 500 m, en duel récurrent avec l'Australien Ron Clarke. Au seul mois de juin 1965, il bat quatre records du monde, cinq d'Europe et neuf de France. Deux fois champion d'Europe (Belgrade 1962 sur 1 500 m, Budapest 1966 sur 5 000 m), il quitte la compétition en octobre 1966 à Saint-Maur-des-Fossés en améliorant son propre record du monde du 2 000 m. Après sa carrière sportive, il exerce successivement comme agent commercial chez Perrier (1963-1974) puis chez Adidas (1973-1990), avant d'assumer la présidence de la Société du Parc des Princes de 1990 à 1996, et de s'investir dans le développement de la course à pied populaire et du trail en France.
1936 : naissance le 13 juin à Oignies (Pas-de-Calais), de parents d'origine polonaise
1948 : mort du père, mineur, emporté par la silicose
1952 : premier départ en course à pied, stade Marcel-Buc (Meudon) ; inscription au CO Billancourt
1953 : champion d'Île-de-France cadet de cross-country ; titre national cadet du 1 000 m (non homologué)
1955 : premier titre officiel de champion de France junior du 1 500 m
1956 : champion de France senior du 1 500 m ; participation aux Jeux olympiques de Melbourne (7e en série)
1957 : mariage avec Irène Denis ; premier record de France du 1 500 m à Varsovie
1960 : médaille d'argent du 1 500 m aux Jeux olympiques de Rome (3 min 38 s 4, record de France) ; champion des champions de L'Équipe
1962 : champion d'Europe du 1 500 m à Belgrade ; premiers records du monde du 2 000 m et du 3 000 m
1964 : quatrième au 5 000 m des Jeux olympiques de Tokyo
1965 : record du monde du mile à Rennes (3 min 53 s 6), le 9 juin ; quatre records du monde en un seul mois de juin
1966 : champion d'Europe du 5 000 m et médaille d'argent sur 1 500 m à Budapest ; dernier record du monde du 2 000 m à Saint-Maur-des-Fossés en octobre ; fin de carrière sportive
1990 : nommé président-directeur de la Société du Parc des Princes, poste occupé jusqu'en 1996
2024 : décès le 1er février à l'hôpital de Dax (Landes)
Michel Jazy est né dans une famille d'origine polonaise : son grand-père, ouvrier agricole ayant fui la Pologne dévastée après la Première Guerre mondiale, s'était installé à Oignies pour travailler dans les mines du Pas-de-Calais. Son père, mineur, est mort de la silicose alors que Jazy n'avait que douze ans. Sa mère, remariée, l'avait alors fait venir à Paris, rue Rodier. Il épouse Irène Denis, secrétaire parisienne, le 19 octobre 1957 à Montmartre. Le couple a deux filles, Pascale et Véronique. Il s'établit dans les Landes à partir des années 1970, achetant en 1975 un airial de 17 000 m² à Majescq, et résidait à Hossegor au moment de son décès. Sa femme Monique lui a survécu.
Proche d'Alain Mimoun, dont il se considérait le disciple depuis Melbourne, Jazy cultivait également une amitié durable avec son ancien rival Michel Bernard, aux obsèques duquel il s'était déplacé en février 2019 depuis les Landes, alors que sa santé était déjà déclinante. Il s'est engagé durablement dans le développement de l'athlétisme populaire, en organisant les soirées Perrier dédiées au demi-fond et en soutenant chez Adidas les 20 km Adidas dans de nombreuses villes françaises. Vice-président de la Fédération française d'athlétisme, il est le premier à avoir soutenu et financé officieusement les premières équipes de France de course en montagne à partir de 1986, préfigurant l'essor du trail en France. André Giraud, président de la FFA au moment de son décès, lui rendait hommage comme à un ami personnel.
Michel Jazy a été admis à l'hôpital de Dax (Landes) le 31 janvier 2024 et y est décédé le lendemain, le 1er février, à l'âge de 87 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a rendu hommage officiellement à sa disparition, saluant son empreinte sur le demi-fond mondial. André Giraud, président de la Fédération française d'athlétisme, a déclaré : « La famille de l'athlétisme est en deuil. » Pierre Weiss, ancien directeur à la FFA et proche de la famille, et le consultant Jean-Claude Perrin ont également pris la parole publiquement. La FFA a confirmé le décès auprès de l'AFP.
Michel Jazy a été inhumé au cimetière d'Hossegor (Landes), commune où il résidait depuis de nombreuses années. Le stade de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), où il avait établi plusieurs records du monde, porte une tribune à son nom. Une rue de Sargé-lès-le-Mans porte également son nom.
1 - Lors de sa première course à pied en 1946, à dix ans, Jazy prit le départ d'une épreuve de ducasse à Oignies en sabots de bois, qu'il enleva 800 mètres plus loin. Il termina 28e et utilisa ses 5 francs de récompense pour s'offrir un tour d'auto-tamponneuses.
2 - Jazy n'avait pas encore la nationalité française lors de son premier titre national cadet du 1 000 m en 1953 : le titre fut déclaré invalide par la fédération pour ce motif, sa mère ayant retardé la naturalisation par crainte des obligations militaires.
3 - Après la quatrième place aux Jeux de Tokyo en 1964, Jazy déclara à chaud : « C'est fini. Vous m'avez vu pour la dernière fois dans une grande course internationale. Je suis trop vieux. » Un an plus tard, il battait pourtant le record d'Europe de la spécialité.
4 - Bien qu'athlète de haut niveau, Jazy reconnaissait fumer une ou deux cigarettes après certaines courses, confiant à la télévision dans les années 1960 : « Après une course, je suis détendu, je fume une ou deux cigarettes si ça me fait plaisir. »
5 - Michel Jazy a grandi dans la même rue d'Oignies que Guy Drut, futur champion olympique du 110 m haies en 1976 : les deux champions sont nés à quelques années d'intervalle dans ce même quartier minier du Pas-de-Calais.
6 - Au cours de sa carrière, Jazy a grandi de deux centimètres après l'âge de trente ans, passant de 1,75 m à 1,77 m, un fait qu'il mentionnait lui-même dans des entretiens avec la presse sportive spécialisée.
- Métier(s) : athlète de demi-fond, agent commercial (Perrier, Adidas), dirigeant sportif (Parc des Princes)
- Résidence principale : Hossegor (Landes)
- Relations de couple : marié à Irène Denis (1957, décédée avant lui) ; marié en secondes noces à Monique
- Enfants : deux filles (Pascale et Véronique, nées en 1959/1960 et 1963)
- Distinctions : médaille d'argent olympique (Rome 1960), double champion d'Europe (1962, 1966), 9 records du monde, 23 titres de champion de France, champion des champions de L'Équipe (1960, 1962, 1965)
10 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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« Je préfère être détestée pour ce que je suis qu'aimée pour ce que je ne suis pas. »
— (citation non applicable — retirée)
« Après une course, je suis détendu, je fume une ou deux cigarettes si ça me fait plaisir. »
— Interview télévisée, années 1960, archives INA
« Oui... J'aurais aimé être champion olympique. Mais ce n'est pas grave : j'ai eu la reconnaissance du public français. »
— Interview France Info, 2019
« La plus belle époque que j'ai vécue, c'est dans les années 60, où il y avait la gloire du maillot et la fierté de battre des records du monde. »
— Interview France Info, 2019
« C'est fini. C'est bien fini. Vous m'avez vu pour la dernière fois dans une grande course internationale. Je n'en peux plus, c'est trop dur. L'athlétisme, ce n'est plus pour moi. Je suis trop vieux. Il faut avoir l'âge yé-yé pour s'y donner totalement. »
— Déclaration après les Jeux olympiques de Tokyo, octobre 1964, reproduite sur le site officiel de l'équipe de France olympique
« Je préfère être détestée pour ce que je suis qu'aimée pour ce que je ne suis pas. »
— (citation non applicable — retirée)
« Après une course, je suis détendu, je fume une ou deux cigarettes si ça me fait plaisir. »
— Interview télévisée, années 1960, archives INA
« Oui... J'aurais aimé être champion olympique. Mais ce n'est pas grave : j'ai eu la reconnaissance du public français. »
— Interview France Info, 2019
« La plus belle époque que j'ai vécue, c'est dans les années 60, où il y avait la gloire du maillot et la fierté de battre des records du monde. »
— Interview France Info, 2019
« C'est fini. C'est bien fini. Vous m'avez vu pour la dernière fois dans une grande course internationale. Je n'en peux plus, c'est trop dur. L'athlétisme, ce n'est plus pour moi. Je suis trop vieux. Il faut avoir l'âge yé-yé pour s'y donner totalement. »
— Déclaration après les Jeux olympiques de Tokyo, octobre 1964, reproduite sur le site officiel de l'équipe de France olympique