Cette année marque le 7ᵉ anniversaire de sa disparition.
Marie Laforêt, de son vrai nom Maïtena Marie Brigitte Douménach, est une chanteuse et actrice franco-suisse née le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer et décédée le 2 novembre 2019 à Genolier (Suisse). Elle a vendu plus de 35 millions d'albums et tourné dans 35 films en six décennies de carrière.
C'est par hasard que Marie Laforêt entre dans le monde du spectacle : en 1959, elle remplace au pied levé sa soeur Alexandra lors d'un télécrochet radiophonique, Naissance d'une étoile, qu'elle remporte. Repérée par le réalisateur Raymond Rouleau, elle suit des cours de théâtre avant de décrocher, dès 1960, le premier rôle féminin de Plein Soleil de René Clément, aux côtés d'Alain Delon. Le film est une adaptation du roman de Patricia Highsmith mettant en scène le personnage de Tom Ripley. Dans la foulée, elle tourne Saint-Tropez Blues (1961) de Marcel Moussy, puis La Fille aux yeux d'or (1961), réalisé par Jean-Gabriel Albicocco d'après la nouvelle de Balzac, qui remporte le Lion d'argent à la Mostra de Venise et lui vaut son surnom définitif. Au cours des années 1960, elle travaille notamment avec Édouard Molinaro (La Chasse à l'homme, 1964), Claude Chabrol (Marie-Chantal contre le docteur Kha, 1965) et Georges Lautner. Elle participe également à Flic ou voyou (1979) de Lautner, aux côtés de Jean-Paul Belmondo.
La carrière musicale de Marie Laforêt débute en 1963 avec le label Disques Festival et le single Les Vendanges de l'amour. Les succès s'enchaînent : Ivan, Boris et moi, Il a neigé sur Yesterday (hommage aux Beatles), Viens sur la montagne, Marie douceur, Marie colère (adaptation de Paint It Black des Rolling Stones) et Que calor la vida. Elle enregistre en français et en espagnol, puisant son inspiration dans les folklores américain et européen, et collabore avec des compositeurs et arrangeurs tels qu'André Popp et Pierre Cour. Dans les années 1970, elle travaille avec le musicien brésilien Egberto Gismonti et l'Argentin Jorge Milchberg. Revenue au cinéma dans les années 1980, elle obtient une nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Fucking Fernand (1987) de Gérard Mordillat, avec Thierry Lhermitte. Son dernier film, Les Bureaux de Dieu (2008) de Claire Simon, la réunit avec Jeanne Moreau. En parallèle, elle mène une carrière théâtrale d'une dizaine de productions entre 1969 et 2009, dont le rôle de Maria Callas dans Master Class de Terrence McNally, et se consacre à l'écriture.
En 2002, Marie Laforêt publie Panier de crabes : les vrais maîtres du monde, ouvrage dans lequel elle dénonce les milieux de la finance et de la politique. Le livre suscite des commentaires à la fois en raison de son contenu et des liens qu'il révèle avec son ex-mari Éric de Lavandeyra, dont la famille était liée à Didier Schuller, ancien directeur de l'office HLM des Hauts-de-Seine condamné dans une affaire de financement occulte. En 2004, une procédure judiciaire opposant Marie Laforêt à cet ex-mari est documentée par plusieurs médias suisses et français, sans qu'un jugement public détaillé ne soit confirmé.
1939 : naissance le 5 octobre à Soulac-sur-Mer (Gironde)
1959 : victoire au télécrochet Naissance d'une étoile en remplacement de sa soeur
1960 : premier grand rôle dans Plein Soleil de René Clément face à Alain Delon
1961 : mariage avec le réalisateur Jean-Gabriel Albicocco ; Lion d'argent à Venise pour La Fille aux yeux d'or
1963 : début de carrière discographique avec Les Vendanges de l'amour chez Disques Festival
1965 : mariage avec Judas Azuelos ; naissance de Lisa Azuelos en novembre
1967 : naissance de Jean-Mehdi-Abraham Azuelos
1971 : mariage avec Alain Kahn-Sriber
1974 : naissance d'Eve-Marie-Deborah Kahn-Sriber
1978 : installation à Genève ; ouverture d'une galerie d'art ; obtention de la nationalité suisse
1981 : publication de Contes et légendes de ma vie privée
1988 : nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Fucking Fernand
1990 : mariage avec l'agent de change Éric de Lavandeyra
1993 : dernier album, Reconnaissances, dont elle signe tous les textes
2019 : décès le 2 novembre à Genolier (Suisse) à l'âge de 80 ans
Marie Laforêt est née dans la villa Rithé-Rilou de Soulac-sur-Mer de Jean Douménach, industriel et chercheur scientifique, et de Marie-Louise Saint Guily. Sa soeur Alexandra partage son enfance. Après la libération de son père, prisonnier de guerre en Allemagne jusqu'en 1945, la famille s'installe finalement à Paris, où Marie Laforêt fréquente le lycée La Fontaine. Elle se marie cinq fois : avec le réalisateur Jean-Gabriel Albicocco (1961-1963), l'homme d'affaires Judas Azuelos (1965, séparation vers 1967), Alain Kahn-Sriber (1971-divorces), le médecin suisse Pierre Meyer (1981, un an), et l'agent de change Éric de Lavandeyra (1990-1995 environ). Elle a trois enfants : Lisa Azuelos (née en 1965, réalisatrice), Jean-Mehdi-Abraham Azuelos (né en 1967) et Eve-Marie-Deborah Kahn-Sriber (née en 1974).
Marie Laforêt s'installe à Genève en 1978 et y tient une galerie d'art, exerçant aussi comme commissaire-priseur après avoir été initiée au marché de l'art par Pierre Cornette de Saint-Cyr au début des années 1970. Chrétienne pratiquante, elle déclare que la mort ne l'effrayait pas en raison de sa foi. Elle entretient des relations complexes et fluctuantes avec ses trois enfants, lesquels ont grandi en pensionnat, selon les témoignages de Lisa Azuelos et Debora Kahn-Sriber. Engagée par l'écriture, elle publie plusieurs ouvrages dont Contes et légendes de ma vie privée (1981) et Panier de crabes (2002). Son dernier livre, Nous n'avons pas d'autre choix que de croire, est paru à titre posthume en octobre 2020.
Marie Laforêt décède le samedi 2 novembre 2019 à Genolier (canton de Vaud, Suisse), localité située entre Lausanne et Genève. La cause du décès, un cancer des os généralisé, est révélée un an plus tard par sa fille Debora Kahn-Sriber dans une interview au magazine Gala (octobre 2020). Ses obsèques ont lieu en l'église Saint-Eustache à Paris le 7 novembre 2019, suivies d'une inhumation privée dans le caveau familial. Le président de la République Emmanuel Macron publie le 5 novembre 2019 un hommage officiel sur le site de l'Élysée, soulignant son parcours artistique. Lisa Azuelos et Debora Kahn-Sriber témoignent publiquement de leurs derniers moments avec leur mère et prennent en charge la diffusion de son oeuvre posthume.
Marie Laforêt est inhumée dans le caveau familial à la suite de la cérémonie religieuse célébrée en l'église Saint-Eustache, Paris (1er arrondissement), le 7 novembre 2019. La localité de Genolier, en Suisse, où elle résidait depuis ses dernières années, demeure associée à sa mémoire.
1 - En 1959, Marie Laforêt participe au télécrochet Naissance d'une étoile pour remplacer au dernier moment sa soeur Alexandra, tombée malade. Elle remporte le concours et change le cours de sa vie.
2 - Louis Malle la repère après sa victoire au télécrochet et la recrute pour un projet finalement abandonné, Liberté ; c'est ainsi qu'elle se retrouve disponible pour Plein Soleil de René Clément en 1960.
3 - Après avoir été initiée au marché de l'art par le commissaire-priseur Pierre Cornette de Saint-Cyr au début des années 1970, Marie Laforêt obtient elle-même le statut de commissaire-priseur et dirige une galerie d'art à Genève de 1978 à 1981.
4 - Son prénom de naissance, Maïtena, est d'origine basque et signifie "l'aimée" ; son nom de famille, Douménach, est d'origine catalane. Ces sonorités exotiques ont alimenté pendant des années des rumeurs sur une origine arménienne de ses parents, que Marie Laforêt a toujours démenties, se définissant elle-même comme "ariégeoise".
5 - Son dernier livre, Nous n'avons pas d'autre choix que de croire, consacré aux civilisations, aux relations humaines et à la foi chrétienne, avait été commencé par elle-même en 2015 ; Marie Laforêt espérait encore le publier de son vivant avant que sa maladie ne s'aggrave.
6 - Marie Laforêt chante régulièrement sur scène une chanson inédite, Mon coeur se balance, composée sur une mélodie de Mendelssohn, qui n'a jamais été commercialisée.
- Métier(s) : chanteuse, actrice, autrice, commissaire-priseur
- Résidence principale : Genève (Suisse) à partir de 1978
- Relations de couple : Jean-Gabriel Albicocco (1961-1963), Judas Azuelos (1965-v.1967), Alain Kahn-Sriber (1971-séparation), Pierre Meyer (1981, environ un an), Éric de Lavandeyra (1990-1995 environ)
- Enfants : Lisa Azuelos (née le 6 novembre 1965), Jean-Mehdi-Abraham Azuelos (né en 1967), Eve-Marie-Deborah Kahn-Sriber (née en 1974)
- Distinctions : nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle (1988, pour Fucking Fernand)
« J'aime bien les gens qui ont une angoisse. »
— Déclaration rapportée par plusieurs médias (Le Temps, Radio Lac, Le 360), citée au moment de son décès, novembre 2019
« Elle pensait être encore de ce monde pour pouvoir le faire publier. »
— Debora Kahn-Sriber, à propos du dernier livre de Marie Laforêt, interview Gala n°1428, 22 octobre 2020
« Ma carrière est de bric et de broc mais ma vie est remplie du début à la fin. »
— Déclaration rapportée par plusieurs médias (Le Temps, La Libre Belgique, Radio Lac), citée au moment de son décès, novembre 2019
Le bonheur est un métier, il s'apprend.
Sans la tendresseL'amour ne serait rien.