René de Obaldia, dramaturge, romancier et poète français né à Hong Kong le 22 octobre 1918, mort à Paris le 27 janvier 2022 à 103 ans. Doyen de l'Académie française, connu notamment pour Du vent dans les branches de sassafras, pièce traduite en trente langues.
Né le 22 octobre 1918 à Hong Kong, au couvent Saint-Paul, René de Obaldia est le fils de José Clemente de Obaldia, consul du Panama dans cette ancienne colonie britannique, et de Madeleine Peuvrel, femme d'origine picarde. Son père, arrière-petit-fils de José Domingo de Obaldía, deuxième président du Panama, disparaît alors que la famille voyage en Chine ; René n'apprend son devenir que par voie de presse. Élevé par sa grand-mère maternelle à Amiens puis à Paris au lycée Condorcet, il est mobilisé en 1940 et transféré au Stalag VIII C à Sagan (Silésie), où il reste jusqu'en 1944. De retour en France, il exerce comme parolier pour le chanteur Luis Mariano avant de publier Midi (1949), recueil de poèmes couronné du prix Louis Parrot. Les Richesses naturelles (1952) et le roman Tamerlan des coeurs (1955) suivent, puis Fugue à Waterloo (1956), qui vaut à l'auteur le Grand Prix de l'Humour noir.
Secrétaire général du centre culturel de Royaumont, Obaldia rédige pour se distraire une série de courtes pièces rassemblées sous le titre Impromptus à loisir (1961) ; ce recueil devient l'un des textes dramatiques français les plus fréquemment montés à l'étranger. La même année, Jean Vilar crée Génousie au Théâtre national populaire, pièce dans laquelle l'auteur remplace le français par une langue fantaisiste baptisée «génousien». En 1963, André Barsacq monte Le Satyre de la Villette au théâtre de l'Atelier, plaçant Obaldia dans la filiation de Jacques Audiberti, d'Eugène Ionesco et de Samuel Beckett. Du vent dans les branches de sassafras (1965), western parodique dans lequel Michel Simon livre l'une de ses dernières grandes compositions au théâtre, connaît un retentissement international. Élu le 24 juin 1999 à l'Académie française au fauteuil 22, en succession de Julien Green, il en devient le doyen jusqu'à sa mort. Ses mémoires, Exobiographie (1993), reçoivent le prix Marcel Proust et le prix Novembre.
1918 : naissance le 22 octobre à Hong Kong, au couvent Saint-Paul
1940 : mobilisé, fait prisonnier et envoyé au Stalag VIII C à Sagan (Silésie)
1944 : rapatrié en France après quatre années de captivité
1949 : publication de Midi, premier recueil de poèmes ; prix Louis Parrot
1956 : Grand Prix de l'Humour noir pour Fugue à Waterloo
1961 : création de Génousie au TNP par Jean Vilar ; publication des Impromptus à loisir
1965 : succès international de Du vent dans les branches de sassafras avec Michel Simon
1975 : création de Monsieur Klebs et Rozalie
1985 : Grand Prix du Théâtre de l'Académie française
1993 : Exobiographie reçoit le prix Marcel Proust et le prix Novembre ; Molière du meilleur auteur et Molière d'honneur
1999 : élection à l'Académie française (fauteuil 22, succession de Julien Green) ; Grand Prix de littérature de la Ville de Paris
2017 : publication de Perles de vie, dernier ouvrage
2018 : Commandeur de la Légion d'honneur
2022 : décès le 27 janvier à Paris à 103 ans ; inhumé au cimetière du Montparnasse (division 14)
René de Obaldia est le fils de José Clemente de Obaldia, diplomate panaméen, et de Madeleine Peuvrel, d'origine picarde, cousine de l'actrice Michèle Morgan. Son père disparaît alors que la famille se trouve en Chine, et René est élevé par sa grand-mère maternelle dans la Somme avant de poursuivre ses études à Paris au lycée Condorcet. Il épouse Diane de Obaldia, qui décède avant lui dans le 6e arrondissement de Paris à l'âge de 80 ans. L'existence d'enfants est mentionnée dans l'hommage de l'Académie française à sa mort, sans que leurs prénoms n'aient été rendus publics.
Ami de Clara Malraux, d'Alain Robbe-Grillet, de Roland Barthes et du peintre Jean-Michel Atlan, René de Obaldia fréquente les cercles littéraires d'avant-garde sans s'y affilier formellement. Il est membre de l'Académie Alphonse Allais, association française dédiée à l'humour littéraire. Son goût des aphorismes se traduit dans la compilation de recueils de citations, dont Perles de vie (2017), son dernier ouvrage publié chez Grasset. Passionné par ses racines panaméennes, il effectue plusieurs voyages au Panama et séjourne notamment sur l'île de Contadora chez son ami le collectionneur José Félix Llopis.
René de Obaldia décède le 27 janvier 2022 à Paris à l'âge de 103 ans. La cause précise de sa mort n'a pas été rendue publique par la famille ; l'Académie française indique qu'il est mort paisiblement. Aucun lieu médicalisé ni modalité de cérémonie n'a été précisé. Le décès est annoncé le jour même par la Secrétaire perpétuelle Hélène Carrère d'Encausse. Le président de la République Emmanuel Macron rend hommage à l'écrivain. La ministre de la Culture Roselyne Bachelot-Narquin publie un communiqué officiel. L'écrivain Philippe Labro salue publiquement la finesse et la sagesse de l'académicien.
René de Obaldia est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la division 14, aux côtés de son épouse Diane de Obaldia. L'abbaye de Royaumont, dans le Val-d'Oise, lieu lié à la genèse des Impromptus à loisir, représente un repère fort de sa mémoire littéraire.
1 - Pendant sa captivité au Stalag VIII C en Silésie, Obaldia organise des courses de poux pour maintenir le moral de ses compagnons. Cette pratique au sein d'un camp de travail nazi illustre sa conviction que l'humour peut coexister avec la plus grande adversité.
2 - Avant de se tourner vers la littérature, Obaldia exerce comme parolier, notamment pour le chanteur Luis Mariano. Cette activité d'écriture de chansons, exercée dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale, précède son premier recueil de poèmes et sa carrière de romancier.
3 - Les Impromptus à loisir, textes devenus le corpus dramatique d'Obaldia le plus fréquemment représenté à l'étranger, n'ont pas été rédigés pour la scène : il les composa pour se distraire pendant ses fonctions de secrétaire général du centre culturel de Royaumont.
4 - La mère d'Obaldia, Madeleine Peuvrel, est cousine de l'actrice Michèle Morgan, première lauréate du Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1946. Ce lien de parenté entre René de Obaldia et l'actrice française est attesté dans les sources biographiques de référence.
5 - Arrière-petit-fils de José Domingo de Obaldía, deuxième président du Panama, Obaldia voyage à 91 ans sur les traces de ses racines dans le cadre d'un documentaire de 52 minutes, C'est tuant d'être immortel, réalisé pour France 5 par Stéphane Haskell.
- Métier(s) : Dramaturge, romancier, poète
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Époux de Diane de Obaldia (décédée avant lui)
- Enfants : Non documentés publiquement
- Distinctions : Commandeur de la Légion d'honneur (2018) ; Officier de l'ordre national du Mérite ; Commandeur des Arts et des Lettres ; Académie française, fauteuil 22 (1999-2022) ; Molière du meilleur auteur et Molière d'honneur (1993) ; Grand Prix du Théâtre de l'Académie française (1985)
L'humour, c'est une surabondance de gravité.
— Propos rapportés dans le communiqué de l'Élysée, 27 janvier 2022
J'ai toujours eu en moi ce côté dérisoire, qui m'a permis de mettre certaines choses à distance.
— L'Express, 2009
La chose la plus invraisemblable qui soit au monde, c'est d'être, ce n'est pas la mort ! La mort est une chose commune je dirais, qui est réservée à tous.
— Sud Radio, émission "Bercoff dans tous ses états", 31 mai 2019