Ann Blyth, actrice et soprano américaine née le 16 août 1927 à Mount Kisco (New York), nommée aux Oscars à seize ans pour Veda Pierce dans Le Roman de Mildred Pierce (1945) face à Joan Crawford, est décédée le 24 juin 2026, à 98 ans.
Née Anne Marie Blythe à Mount Kisco (New York) le 16 août 1927, Ann Blyth grandit dans un foyer modeste du Lower East Side de Manhattan après le départ de son père Harry Blyth. Sa mère, Nan Lynch, d'ascendance irlandaise, élève seule ses deux filles en prenant du travail de blanchisserie. Dès l'âge de six ans, Ann chante dans des émissions de radio pendant six années consécutives, et se forme à l'opéra au sein de la San Carlos Opera Company. Elle fréquente diverses écoles catholiques de New York, puis la Professional Children's School. En 1941, la dramaturge Lillian Hellman et le producteur Herman Shumlin la repèrent dans le bureau du proviseur de son école pour lui proposer un rôle dans Watch on the Rhine à Broadway, pièce antinaziste dans laquelle elle joue la fille de Paul Lukas. Le spectacle tourne ensuite aux États-Unis, et lors d'une représentation à Los Angeles, le réalisateur Henry Koster organise un bout d'essai qui lui vaut un contrat de sept ans avec Universal Pictures.
Prêtée à la Warner Bros. en 1945, Ann Blyth, alors âgée de seize ans, décroche le rôle de Veda Pierce, fille ingrate et manipulatrice de Joan Crawford dans Le Roman de Mildred Pierce, mis en scène par Michael Curtiz. Crawford en personne participe à son essai, geste rare pour une vedette de son rang. La performance de Blyth lui vaut une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Cinq jours après la fin du tournage, elle se brise le dos lors d'une descente en luge à Lake Arrowhead, portant un corset durant quatorze mois. Revenue à l'écran, elle alterne films noirs avec Jules Dassin et Burt Lancaster, comédies musicales à la MGM avec Mario Lanza et Howard Keel, et drames avec Gregory Peck, Robert Mitchum et Paul Newman. À la MGM, sa voix de soprano l'oppose à Kathryn Grayson dans les productions musicales. Son dernier film, Pour elle un seul homme (1957), réalisé de nouveau par Michael Curtiz, la voit incarner Helen Morgan aux côtés de Paul Newman.
1927 : naissance le 16 août à Mount Kisco, New York
1933 : débuts à la radio, chant et déclamation poétique dès l'âge de six ans
1941 : premier rôle à Broadway dans Watch on the Rhine de Lillian Hellman, aux côtés de Paul Lukas
1944 : débuts au cinéma sous contrat Universal dans Les Flirts des Corrigans et trois autres comédies musicales
1945 : nomination à l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Le Roman de Mildred Pierce (Michael Curtiz)
1945 : fracture du dos lors d'un accident de luge à Lake Arrowhead ; convalescence de quatorze mois
1947 : retour à l'écran dans Les Démons de la liberté de Jules Dassin, encore en fauteuil roulant
1951 : chante The Loveliest Night of the Year dans Le Grand Caruso aux côtés de Mario Lanza (MGM)
1953 : mariage avec le docteur James McNulty à Los Angeles
1957 : dernier film, Pour elle un seul homme (Michael Curtiz), avec Paul Newman
1960 : étoile sur le Hollywood Walk of Fame
1964 : apparition dans La Quatrième Dimension (épisode La Reine du Nil)
1985 : dernier rôle à la télévision dans Arabesque, aux côtés d'Angela Lansbury
1996 : Le Roman de Mildred Pierce est inscrit au registre national du film de la Bibliothèque du Congrès américain
2026 : décès le 24 juin à l'âge de 98 ans
Ann Blyth est la fille de Harry Blyth et de Nan Lynch, tous deux d'ascendance irlandaise. Son père quitte le foyer très tôt, laissant sa mère élever seule Ann et sa soeur aînée Dorothy. Formée dans des écoles catholiques new-yorkaises puis à la Professional Children's School, elle reçoit des cours de chant et d'art dramatique. En 1953, elle épouse le docteur James McNulty, obstétricien à Los Angeles et frère du chanteur Dennis Day. Le couple, catholique pratiquant, reçoit du cardinal Terence Cooke les titres de Dame et Chevalier de l'ordre du Saint-Sépulcre. Ils ont cinq enfants : Timothy Patrick (1954), Maureen Ann (1955), Kathleen Mary (1957), Terence Grady (1960) et Eileen Alana (1963). James McNulty décède le 13 mai 2007.
Dans les années 1950, Ann Blyth est membre du groupe humanitaire The Christophers, dont la mission est d'agir positivement dans les domaines politique, social et caritatif. Elle y côtoie Loretta Young, Irene Dunne, Ricardo Montalban, Don Ameche, James Cagney et Bob Hope. Connue pour répondre personnellement à son courrier de fans, sa famille indique qu'elle se consacrait à son jardin, au tricot et à la peinture à l'huile, offrant ses toiles à ses proches. Elle demeure en contact régulier avec des amies de l'époque Hollywood, notamment Jane Powell, Jane Withers et Joan Leslie. Ann Blyth laisse cinq enfants, dix petits-enfants et cinq arrière-petits-enfants.
Ann Blyth décède le 24 juin 2026 de causes naturelles, selon l'annonce faite par le journaliste George Pennacchio de la chaîne KABC-TV, qui précise qu'elle est partie paisiblement. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille au-delà de la mention générale. Le lieu du décès n'a pas été communiqué. Aucune cérémonie funèbre publique n'avait été annoncée au moment de la parution de cette fiche. Son décès survient moins de deux mois avant ce qui aurait été son 99e anniversaire. Reuters, The Hollywood Reporter et Variety ont couvert l'événement dès le 25 juin 2026.
Ann Blyth dispose d'une étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles, obtenue en 1960. Le lieu de sépulture n'a pas été rendu public par la famille au moment de la publication de cette fiche. Son rôle de Veda Pierce dans Le Roman de Mildred Pierce est préservé au registre national du film de la Bibliothèque du Congrès américain depuis 1996.
1 - Lors du tournage de Monsieur Peabody et la Sirène (1948), Ann Blyth portait une queue de sirène de plus d'un mètre vingt, ce qui contraignait son partenaire William Powell, âgé de cinquante-cinq ans, à la porter dans plusieurs scènes, sans qu'elle puisse prononcer un seul mot de dialogue.
2 - Convoquée depuis le bureau du proviseur de son école par la dramaturge Lillian Hellman et le producteur Herman Shumlin, Ann Blyth fut choisie pour Watch on the Rhine à Broadway en 1941 sans audition formelle, les deux artistes l'ayant simplement entendue déclamer de la poésie dans les couloirs.
3 - En 1945, elle assista à la cérémonie des Oscars portant un corset orthopédique dissimulé sous une robe de soirée conçue spécialement par Universal, cinq mois après s'être brisé le dos en luge à Lake Arrowhead, alors que les médecins craignaient qu'elle ne remarche jamais.
4 - Malgré une voix de soprano lyrique formée à l'opéra, la Warner Bros. fit doubler ses chansons dans Pour elle un seul homme (1957) par Gogi Grant, estimant sa voix trop classique pour le registre de la chanteuse Helen Morgan, une décision qu'elle reconnut publiquement comme difficile à accepter.
5 - Dans les années 1970, Ann Blyth, retirée du grand écran depuis plus d'une décennie, devint le visage télévisuel de la marque Hostess, apparaissant dans des publicités pour les Twinkies et les Ding Dongs, se rendant ainsi familière à toute une nouvelle génération d'Américains.
- Métier(s) : actrice, chanteuse (soprano)
- Résidence principale : Los Angeles
- Relations de couple : James McNulty (1953-2007, son décès)
- Enfants : Timothy Patrick (1954), Maureen Ann (1955), Kathleen Mary (1957), Terence Grady (1960), Eileen Alana (1963)
- Distinctions : nomination à l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle (1946, pour Le Roman de Mildred Pierce) ; étoile sur le Hollywood Walk of Fame (1960) ; Chevalière de l'ordre du Saint-Sépulcre
« Il avait une grande confiance en moi, ce qui m'a aidée à mon tour. »
— Los Angeles Times, 2013, à propos du réalisateur Michael Curtiz (traduit de l'anglais)
« J'ai toujours eu une imagination formidable et la capacité d'être quelqu'un d'autre. »
— Los Angeles Times, 2013 (traduit de l'anglais)
« J'étais la chanceuse parce que Joan Crawford a fait l'essai avec moi, et cela a tout changé. Les gens ne faisaient pas ça, pas des gens de son rang. »
— The Hollywood Reporter, interview Scott Feinberg, 2013 (traduit de l'anglais)
« La vie était une grande lutte à l'époque, mais ma mère réussissait à me garder à l'école paroissiale puis à l'école professionnelle. Elle me payait des leçons de chant et d'art dramatique en plus. »
— The New York Times, 1952 (traduit de l'anglais)
« En tant qu'actrice, j'ai toujours cru que le vrai défi, l'obligation plus profonde, commence après l'arrêt de la caméra. Mon rôle de femme dans ma communauté et dans mon foyer a toujours éclipsé l'excitation de n'importe quel rôle que j'ai joué sur scène ou à l'écran. »
— Life Magazine, 1958 (traduit de l'anglais)
« Il avait une grande confiance en moi, ce qui m'a aidée à mon tour. »
— Los Angeles Times, 2013, à propos du réalisateur Michael Curtiz (traduit de l'anglais)
« J'ai toujours eu une imagination formidable et la capacité d'être quelqu'un d'autre. »
— Los Angeles Times, 2013 (traduit de l'anglais)
« J'étais la chanceuse parce que Joan Crawford a fait l'essai avec moi, et cela a tout changé. Les gens ne faisaient pas ça, pas des gens de son rang. »
— The Hollywood Reporter, interview Scott Feinberg, 2013 (traduit de l'anglais)
« La vie était une grande lutte à l'époque, mais ma mère réussissait à me garder à l'école paroissiale puis à l'école professionnelle. Elle me payait des leçons de chant et d'art dramatique en plus. »
— The New York Times, 1952 (traduit de l'anglais)
« En tant qu'actrice, j'ai toujours cru que le vrai défi, l'obligation plus profonde, commence après l'arrêt de la caméra. Mon rôle de femme dans ma communauté et dans mon foyer a toujours éclipsé l'excitation de n'importe quel rôle que j'ai joué sur scène ou à l'écran. »
— Life Magazine, 1958 (traduit de l'anglais)