Cette année marque le 16ᵉ anniversaire de sa disparition.
Historien du droit et homme politique français, Georges Frêche a été maire de Montpellier de 1977 à 2004, puis président de la région Languedoc-Roussillon de 2004 à 2010. Ses déclarations jugées racistes lui valurent une exclusion du Parti socialiste en janvier 2007.
Né le 9 juillet 1938 à Puylaurens (Tarn), Georges Frêche est le fils unique de Joseph Frêche, officier résistant ayant dirigé des maquis du Tarn au sein des Corps Francs Pommiès, et de Marie-Jeanne Commenges, institutrice et directrice d'école. Après le collège Stanislas et le lycée Saint-Louis à Paris, il réussit le concours d'entrée d'HEC Paris en 1958. Il poursuit en parallèle des études à l'École pratique des hautes études, à la Sorbonne et à la Faculté de droit d'Assas. Il soutient une thèse de doctorat en histoire en 1968, puis une seconde en droit en 1969, année où il est reçu deuxième à l'agrégation d'histoire du droit. Nommé professeur à la Faculté de droit de Montpellier la même année, il adhère à la SFIO, alors peu structurée localement. Il avait auparavant milité, de 1964 à 1965, au sein d'une organisation maoïste, la Fédération des cercles marxistes-léninistes, sous le pseudonyme de Georges Lierre.
Candidat aux élections municipales de 1971 à Montpellier, Frêche se pose en opposition face au maire sortant François Delmas, qui conserve son siège, mais entre néanmoins au conseil municipal. Élu député de la 1re circonscription de l'Hérault en mars 1973, il est reconduit plusieurs fois jusqu'en 2002. En mars 1977, il emporte la mairie de Montpellier à la tête d'une liste d'union de la gauche, battant François Delmas. Sous vingt-sept années de mandat, la ville connaît d'importants projets urbains : création du quartier Antigone par l'architecte Ricardo Bofill à la fin des années 1970, construction du Corum, inauguration de la première ligne de tramway dans les années 1990, puis du pôle commercial Odysseum au début des années 2000. Élu en 2004 à la présidence du conseil régional de Languedoc-Roussillon, Frêche cède la mairie à sa dauphine désignée, Hélène Mandroux, tout en conservant la présidence de la communauté d'agglomération. Son adversaire de longue date au niveau régional avait été Jacques Blanc (UMP), qui présida la région de 1986 à 2004.
À partir de 2006, plusieurs déclarations publiques de Georges Frêche font l'objet de procédures et de sanctions politiques. Le 11 février 2006, lors d'une cérémonie en présence de Jack Lang, il traite publiquement des harkis de « sous-hommes ». Abdelkader Chebaïki, représentant de l'Association pour la justice, l'information et la réparation des harkis (AJIR 34), dépose plainte le 17 février. François Hollande, premier secrétaire du PS, suspend Frêche des instances nationales du parti. Mis en examen pour injures à caractère racial, il est relaxé en appel en 2009, la cour estimant que ses propos ne visaient pas la communauté harkie dans son ensemble. En novembre 2006, ses déclarations sur la composition raciale de l'équipe de France de football entraînent son exclusion définitive du Parti socialiste le 27 janvier 2007, par la commission nationale des conflits, qui juge ses propos incompatibles avec les valeurs d'égalité du parti. En janvier 2010, ses commentaires à l'égard de Laurent Fabius, dont une expression perçue comme antisémite, suscitent une nouvelle polémique nationale, conduisant Martine Aubry à constituer une liste rivale pour les élections régionales de mars 2010.
1938 : Naissance à Puylaurens (Tarn), le 9 juillet.
1958 : Admis au concours d'entrée d'HEC Paris ; entame en parallèle des études de droit et d'histoire à Paris.
1969 : Soutient deux thèses (histoire et droit) ; reçu 2e à l'agrégation d'histoire du droit ; nommé professeur à la Faculté de droit de Montpellier.
1973 : Élu pour la première fois député de la 1re circonscription de l'Hérault.
1974 : Publication de Toulouse et la région Midi-Pyrénées au siècle des Lumières vers 1670-1789.
1976 : Prix Broquette-Gonin de l'Académie française.
1977 : Élu maire de Montpellier, battant le maire sortant François Delmas.
1990 : Publication de La France ligotée, critique de la politique de François Mitterrand.
2003 : Publication des Éléphants se trompent énormément, critique des dirigeants du Parti socialiste.
2004 : Élu président du conseil régional de Languedoc-Roussillon ; Hélène Mandroux lui succède à la mairie de Montpellier.
2006 : Propos sur les harkis (11 février) et sur l'équipe de France de football (novembre) ; suspension des instances nationales du PS.
2007 : Exclusion du Parti socialiste, décision de la commission nationale des conflits (27 janvier).
2010 : Réélu président de région avec 54,19 % des voix (21 mars) ; décède d'une crise cardiaque à Montpellier (24 octobre).
Georges Frêche est le fils unique de Joseph Frêche, officier résistant originaire de Bethmale (Ariège) ayant dirigé des maquis du Tarn au sein des Corps Francs Pommiès, et de Marie-Jeanne Commenges, institutrice et directrice d'école laïque à Puylaurens. Il a contracté deux mariages. De sa première union avec Geneviève Fauré, qui cosigna son premier ouvrage académique publié en 1967, sont nées trois filles : Nathalie, Agnès et Catherine. De son second mariage avec Claudine sont nées deux autres filles : Julie et Marion. Georges Frêche a résidé à Montpellier tout au long de sa vie publique.
Parmi ses proches figuraient l'acteur Gérard Depardieu, qui lut un texte lors de ses obsèques, et Louis Nicollin, président du Montpellier Hérault Sport Club, tous deux présents à Montpellier en octobre 2010. Sur le plan politique, Gérard Collomb, sénateur et maire de Lyon qu'il considérait comme un « frère », lui apporta un soutien public lors de la campagne régionale de 2010. Auteur de plusieurs ouvrages d'histoire régionale et de polémique politique, Frêche fut professeur honoraire de l'université Montpellier 1 jusqu'à sa mort. En 2010, il reçut le prix spécial du jury du Prix de l'humour politique pour une déclaration tenue devant une assemblée d'étudiants.
Georges Frêche est décédé le 24 octobre 2010 d'une crise cardiaque dans son appartement de fonction à l'Hôtel de Région de Montpellier. Il revenait d'une mission économique de trois semaines en Bulgarie, en Crimée et en Chine. Ses obsèques furent célébrées le 27 octobre 2010 à la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier, en présence d'environ 5 000 personnes. François Hollande rendit hommage à « un caractère, un homme qui avait une vision ». Martine Aubry évoqua « un homme courageux et engagé ». Gérard Collomb et l'ancien rival Jacques Blanc figuraient parmi les élus présents, ainsi qu'Alain Rousset et Martin Malvy. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) salua son engagement en faveur de la coopération franco-israélienne.
Georges Frêche fut inhumé dans le caveau familial du cimetière de Puylaurens (Tarn), sa commune natale, dans la plus stricte intimité, après ses obsèques publiques à Montpellier. Son successeur à la présidence du conseil régional, Christian Bourquin, fit ériger en 2012 une statue de bronze de 80 000 euros à son effigie, placée à l'entrée du lycée hôtelier Georges-Frêche dans le quartier Odysseum à Montpellier.
1 - Lors d'une tentative d'occupation de la Faculté de droit de Paris, Frêche et ses camarades anticolonialistes sont pris à partie par des étudiants pro-OAS dans la cour d'honneur, puis interpellés par la police et retenus quelques heures au commissariat du 5e arrondissement.
2 - En 1964, Frêche adhère à la Fédération des cercles marxistes-léninistes et signe ses articles sous le pseudonyme de Georges Lierre. Il en est exclu dès l'automne 1965 pour avoir tenté de « fomenter une dissidence » contre l'appareil de l'organisation.
3 - Frêche tente dès 2004 de rebaptiser la région Languedoc-Roussillon en « Septimanie ». Face au rejet populaire, il transforme le projet en marque commerciale « Septimanie, la griffe du soleil » avant d'y renoncer définitivement en septembre 2005.
4 - En 2008, Frêche annonce son projet d'ériger une statue de Lénine à Montpellier. En septembre 2010, il inaugure place du XXe-Siècle des statues de Lénine, Charles de Gaulle, Winston Churchill, Franklin Delano Roosevelt et Jean Jaurès, financées à hauteur de 1 810 000 euros.
5 - Dans ses discours, Frêche décrivait son père comme un paysan « allant pieds nus, portant ses sabots dans son dos ». Ses biographes ont relevé qu'il évoquait lui-même par ailleurs un ancêtre paternel ayant vendu un terrain à l'État pour 30 000 francs en louis d'or en 1914.
- Métier(s) : homme politique, historien du droit, professeur des universités
- Résidence principale : Montpellier
- Relations de couple : Geneviève Fauré (1re épouse), Claudine (2e épouse)
- Enfants : cinq filles (Nathalie, Agnès, Catherine, Julie, Marion)
- Distinctions : Prix Broquette-Gonin de l'Académie française (1976) ; prix spécial du jury du Prix de l'humour politique (2010)
12 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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Je suis né socialiste, je mourrai socialiste.
— Déclaration lors de sa réélection à la présidence du conseil régional de Languedoc-Roussillon, mars 2010 (rapporté par Slate.fr)
N'est-ce pas le B-A-BA de la politique ? Deux ans d'impopularité, deux ans de calme, deux ans favorables avec des fleurs et des petits oiseaux, et vous êtes réélu : tout cela est d'une facilité déconcertante.
— Entretien avec Le Point, 23 février 2006
Dans ma carrière, j'ai fait trois campagnes intelligentes où je parlais aux gens d'emploi, d'économie, d'investissements, et je les ai perdues. Et j'ai fait vingt-sept campagnes rigolotes, à raconter des blagues de cul, et je les ai toutes gagnées.
— Documentaire Le Président, réalisé par Yves Jeuland, 2010