Chanteur, danseur, acteur et imitateur américain, Sammy Davis Jr. est l'une des figures centrales du Rat Pack aux côtés de Frank Sinatra et Dean Martin. Surnommé Mr. Entertainment, il s'impose comme l'un des premiers artistes afro-américains à briser la ségrégation des grands hôtels-casinos de Las Vegas.
Samuel George Davis Jr. naît le 8 décembre 1925 à Harlem, à Manhattan, de Sammy Davis Sr., danseur afro-américain, et d'Elvera Sanchez, danseuse de claquettes d'origine cubaine. Élevé dans l'univers du vaudeville, il monte sur scène dès trois ans avec son père et celui qu'il considère comme son oncle, Will Mastin, au sein du Will Mastin Trio. Il apprend les claquettes auprès de Bill « Bojangles » Robinson et fait ses débuts au cinéma à sept ans dans le court métrage Rufus Jones for President en 1933. Mobilisé dans l'armée américaine en 1943, il subit un racisme violent avant d'être affecté aux Special Services. De retour à la vie civile, le trio se produit au Capitol Theatre de New York en première partie de Frank Sinatra, ainsi qu'aux côtés de Mickey Rooney et d'Eddie Cantor, avant de connaître une consécration nationale après une soirée à Ciro's, à Hollywood, en mars 1951.
Il enregistre en 1954 chez Decca son premier album, Starring Sammy Davis Jr., suivi de Just for Lovers en 1955. Il fait ses débuts à Broadway en 1956 dans la comédie musicale Mr. Wonderful, conçue pour lui. En 1960, il intègre la distribution d'Ocean's Eleven de Lewis Milestone aux côtés de Frank Sinatra, Dean Martin, Peter Lawford et Joey Bishop, film qui cristallise le Rat Pack autour de leur résidence au Sands Hotel de Las Vegas. Il revient à Broadway en 1964 dans Golden Boy, où il est alors l'acteur le mieux payé de Broadway. Il enchaîne ensuite Robin and the Seven Hoods (1964), A Man Called Adam (1966) avec Louis Armstrong, Sweet Charity (1969) de Bob Fosse, puis triomphe en 1972 avec son enregistrement de The Candy Man, issu de Willy Wonka et la Chocolaterie, numéro un du Billboard Hot 100.
Le soutien public affiché de Sammy Davis Jr. au président Richard Nixon, marqué par une accolade très médiatisée lors de la convention nationale républicaine d'août 1972 à Miami Beach, lui vaut de vives critiques d'une partie de la communauté afro-américaine et de militants des droits civiques, déjà rebutés par sa nomination au President's Council on Youth Opportunity. Sa décision de se produire à Sun City, en Afrique du Sud, à la fin des années 1970, en pleine politique d'apartheid, déclenche une seconde polémique : il présente publiquement ses excuses et reverse ensuite ses cachets à des organisations caritatives. À la fin de sa vie, l'Internal Revenue Service réclame plusieurs millions de dollars d'arriérés d'impôts, déclenchant une vente aux enchères de ses biens après son décès et un long contentieux successoral impliquant sa veuve Altovise Davis.
1925 : naissance le 8 décembre à Harlem, New York
1933 : premier rôle au cinéma dans le court métrage Rufus Jones for President
1943 : incorporation dans l'armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale
1951 : révélation nationale après le passage du Will Mastin Trio à Ciro's, Hollywood
1954 : sortie du premier album Starring Sammy Davis Jr. et accident de voiture qui lui coûte l'œil gauche
1956 : débuts à Broadway dans Mr. Wonderful
1960 : sortie d'Ocean's Eleven et mariage le 13 novembre avec May Britt
1965 : publication de l'autobiographie Yes I Can co-écrite avec Burt et Jane Boyar
1968 : remise de la Spingarn Medal par la NAACP
1970 : mariage le 11 mai avec Altovise Gore
1972 : numéro un du Billboard avec The Candy Man
1987 : Kennedy Center Honors et tournée mondiale The Ultimate Event avec Frank Sinatra, Dean Martin puis Liza Minnelli
1989 : adoption de son fils Manny avec Altovise Davis
1990 : décès le 16 mai à Beverly Hills, en Californie
2001 : Grammy Lifetime Achievement Award à titre posthume
Sammy Davis Jr. grandit auprès de sa grand-mère paternelle Rosa B. « Mama » Davis, dans une famille de scène : son père Sammy Davis Sr. et sa mère Elvera Sanchez se séparent alors qu'il a trois ans. Privé d'école par les tournées du Will Mastin Trio, il apprend tardivement à lire grâce au sergent Williams pendant son service militaire. Il épouse brièvement la danseuse Loray White en 1958, dans des circonstances liées à sa relation avec l'actrice Kim Novak. Il se marie le 13 novembre 1960 avec l'actrice suédoise May Britt, dont il a une fille, Tracey Davis, en 1961, et avec qui il adopte deux fils, Mark et Jeff. Le couple divorce en 1968. Il épouse en 1970 la danseuse Altovise Gore, rencontrée sur la production de Golden Boy, avec qui il adopte un fils, Manny, en 1989.
Converti au judaïsme à la fin des années 1950 après l'accident qui lui coûte son œil gauche, Sammy Davis Jr. cultive des amitiés professionnelles durables avec Frank Sinatra, Dean Martin, Jerry Lewis, Eddie Cantor et le danseur Gregory Hines, dont il devient un mentor. Il marche aux côtés de Martin Luther King Jr. lors de manifestations pour les droits civiques, finance le mouvement et refuse de se produire dans les salles ségréguées. Sa participation en 1963 à la Marche sur Washington et son rôle dans la déségrégation effective du Sands Hotel de Las Vegas en 1960 lui valent la Spingarn Medal de la NAACP en 1968. Il est également un photographe amateur prolifique, dont les archives ont été redécouvertes après sa mort.
Gros fumeur, Sammy Davis Jr. est diagnostiqué d'un cancer de la gorge à l'automne 1989. Il refuse l'ablation des cordes vocales, qui aurait pu prolonger sa vie, préférant conserver sa voix. Traité par radiothérapie, il s'éteint à son domicile de Beverly Hills, en Californie, le 16 mai 1990, à l'âge de 64 ans, des suites de complications liées à la maladie. Les obsèques privées se tiennent à Forest Lawn Memorial Park de Glendale, en présence notamment de Frank Sinatra, Jesse Jackson et Gregory Hines, qui prononce un éloge funèbre remarqué. Le soir du 18 mai 1990, les enseignes lumineuses du Strip de Las Vegas sont éteintes pendant dix minutes en hommage, geste exceptionnel pour un artiste.
Sammy Davis Jr. est inhumé au Forest Lawn Memorial Park de Glendale, en Californie, dans la même sépulture que son père Sammy Davis Sr. et que Will Mastin. Sa veuve Altovise Davis y est inhumée à ses côtés après son décès en 2009. Une étoile à son nom figure sur le Hollywood Walk of Fame, sur Hollywood Boulevard.
1 - Lors de l'accident de voiture du 19 novembre 1954 sur la Route 66, à hauteur de San Bernardino, il perd l'œil gauche et porte ensuite un cache-œil. C'est Humphrey Bogart qui le convainc de cesser ce port et d'opter pour un œil prothétique.
2 - Sammy Davis Jr. partage l'intégralité de ses cachets en trois parts égales avec son père Sammy Davis Sr. et Will Mastin pendant toute leur carrière commune, même après être devenu seul tête d'affiche.
3 - Dans Ocean's Eleven de 1960, il interprète Josh Howard, un éboueur ancien lanceur de baseball, et chante Eee-O Eleven, dont le titre fait référence au pari « yo-eleven » du jeu de craps.
4 - Lors de son service militaire, il découvre Oscar Wilde et Shakespeare grâce au sergent Williams, qui lui apprend également à lire correctement à l'âge adulte.
5 - Lors de la convention nationale républicaine de 1972, il étreint publiquement Richard Nixon sur scène, image qui marque durablement sa carrière et le brouille avec une partie de la communauté afro-américaine.
6 - Photographe passionné, il a documenté des décennies de coulisses et de portraits de ses pairs ; trente clichés inédits ont été retrouvés en Californie après sa mort et exposés dans le cadre du documentaire American Masters de PBS.
- Métier(s) : Chanteur, danseur, acteur, imitateur, musicien
- Résidence principale : Beverly Hills, Californie, États-Unis
- Relations de couple : Loray White (1958-1959), May Britt (1960-1968), Altovise Gore Davis (1970-1990)
- Enfants : Tracey, Mark, Jeff, Manny
- Distinctions : Spingarn Medal de la NAACP (1968), Kennedy Center Honors (1987), Grammy Lifetime Achievement Award à titre posthume (2001)
« Vous croyez que vous l'avez dur ? Moi, je suis un petit Noir, borgne, laid et juif. Vous croyez que c'est facile ? »
— Réplique récurrente de scène citée par les biographies Boyar et IMDb (traduit de l'anglais)
« Être une star m'a permis d'être insulté dans des endroits où le Noir moyen ne pourrait jamais espérer être insulté. »
— Déclaration publique reprise par IMDb et la presse américaine (traduit de l'anglais)
« Mon talent était une arme, une force, un moyen de me défendre. C'était le seul moyen dont je disposais pour tenter de faire réfléchir la personne en face de moi. »
— Autobiographie Yes I Can, 1965 (traduit de l'anglais)
« Voici ce que je veux sur ma pierre tombale. Sammy Davis Jr., la date, et en dessous, un seul mot : "Entertainer". C'est tout, parce que c'est ce que je suis, mec. »
— Cité par Britannica et PBS American Masters (traduit de l'anglais)
« Vous croyez que vous l'avez dur ? Moi, je suis un petit Noir, borgne, laid et juif. Vous croyez que c'est facile ? »
— Réplique récurrente de scène citée par les biographies Boyar et IMDb (traduit de l'anglais)
« Être une star m'a permis d'être insulté dans des endroits où le Noir moyen ne pourrait jamais espérer être insulté. »
— Déclaration publique reprise par IMDb et la presse américaine (traduit de l'anglais)
« Mon talent était une arme, une force, un moyen de me défendre. C'était le seul moyen dont je disposais pour tenter de faire réfléchir la personne en face de moi. »
— Autobiographie Yes I Can, 1965 (traduit de l'anglais)
« Voici ce que je veux sur ma pierre tombale. Sammy Davis Jr., la date, et en dessous, un seul mot : "Entertainer". C'est tout, parce que c'est ce que je suis, mec. »
— Cité par Britannica et PBS American Masters (traduit de l'anglais)