Jean-Claude Pascal, de son vrai nom Jean-Claude Roger Henri Villeminot, est un acteur, chanteur et écrivain français né le 24 octobre 1927 à Paris et mort le 5 mai 1992 à Clichy. Séducteur emblématique du cinéma des années 1950, il remporte l'Eurovision 1961 pour le Luxembourg avec Nous les amoureux.
Issu d'une famille de riches industriels du textile, Jean-Claude Villeminot débute après guerre comme modéliste-dessinateur chez Hermès, puis chez Christian Dior et Robert Piguet, où il pose également comme modèle. Lassé du stylisme, il dessine des costumes pour la pièce Dom Juan de Molière mise en scène par Louis Jouvet, s'inscrit en 1948 au cours Simon, et adopte un nom de scène à la demande de sa famille. Repéré par Edwige Feuillère, il fait ses débuts au théâtre en 1949 dans La Dame aux camélias aux côtés de Pierre Renoir. La même année, le réalisateur Raymond Bernard le distribue dans Le Jugement de Dieu, son premier film, où il incarne le prince Albert de Bavière. Son quatrième long métrage, Un grand patron d'Yves Ciampi (1951), avec Pierre Fresnay, lance véritablement sa carrière cinématographique.
Grand, élancé, le regard sombre, il devient l'archétype du séducteur romantique du cinéma français d'avant la Nouvelle Vague. Il enchaîne les costumes historiques : Axel de Fersen dans Si Versailles m'était conté… de Sacha Guitry (1953), Livio dans Un caprice de Caroline chérie face à Martine Carol (1952), Le Chevalier de la nuit sur des dialogues de Jean Anouilh (1953), Le Grand Jeu de Robert Siodmak (1954). Il croise au fil des tournages Brigitte Bardot, Gina Lollobrigida, Romy Schneider, Danielle Darrieux et Anouk Aimée. Encouragé par son ami Gilbert Bécaud, il entame en 1955 une carrière de chanteur de charme avec Je voudrais, signée Charles Aznavour. Sa filmographie marque le pas après 1968 ; Les Toits de Saint-Paul d'Alfred Weidenmann (1970) signe sa dernière apparition au cinéma.
1927 : naissance à Paris, dans le 7e arrondissement
1944 : engagement à 17 ans dans la 2e division blindée du général Leclerc
1945 : Croix de guerre pour son entrée dans Strasbourg
1949 : débuts au théâtre dans La Dame aux camélias et premier film, Le Jugement de Dieu
1953 : Si Versailles m'était conté… de Sacha Guitry et Le Rideau cramoisi d'Alexandre Astruc
1955 : début de carrière de chanteur avec Je voudrais, écrite par Charles Aznavour
1959 : prix Femina d'interprétation masculine pour Pêcheur d'Islande de Pierre Schoendoerffer
Mars 1961 : victoire au Concours Eurovision de la chanson, à Cannes, avec Nous les amoureux
1962 : prix de l'académie Charles-Cros
1967 : succès commercial en Allemagne avec sa reprise allemande des Neiges du Kilimandjaro de Pascal Danel
1981 : seconde participation à l'Eurovision pour le Luxembourg avec C'est peut-être pas l'Amérique, 11e place
1986 : publication de ses mémoires, Le Beau Masque
1988 : parution de La Reine maudite, biographie de Marie Stuart
1991 : publication de L'Amant du roi, consacré au duc de Luynes, favori de Louis XIII
1992 : mort le 5 mai à l'hôpital Beaujon de Clichy
Jean-Claude Pascal naît dans une famille de riches industriels du textile. Sa mère, Arlette Lemoine (1908-2009), est l'arrière-petite-fille du couturier Charles Frederick Worth, fondateur de la haute couture parisienne. Son père, Roger Villeminot, meurt l'année de sa naissance. Confié à ses grands-parents maternels Jacques Lemoine et Renée Worth, il grandit jusqu'à huit ans au manoir de Brion, à Dragey-Ronthon dans la Manche, ancien prieuré de l'abbaye du Mont-Saint-Michel. Il commence sa scolarité secondaire en 1938 au collège Annel de Compiègne, puis au lycée Janson-de-Sailly à Paris. Après la Libération, il étudie brièvement à la Sorbonne. Il restera célibataire et sans enfants.
Pascal assume avec discrétion son homosexualité, à la manière de Rock Hudson aux États-Unis, image publique de séducteur oblige. Sa chanson Nous les amoureux, écrite par Maurice Vidalin et composée par Jacques Datin, dénonce — sous couvert d'une ballade amoureuse — la répression des amours homosexuelles, ce qu'il reconnaîtra publiquement bien plus tard. Il fréquente le compositeur Léo Chauliac, l'écrivain Philippe Erlanger qui l'encourage vers les biographies historiques, et l'auteur Gilbert Sinoué qui rédige les textes de son dernier album. Il est également proche de l'acteur Jean Chevrier, époux de Marie Bell. Il possédait une villa dans la baie d'Hammamet, en Tunisie.
Jean-Claude Pascal meurt le 5 mai 1992 à l'hôpital Beaujon de Clichy-la-Garenne, à l'âge de 64 ans, des suites d'un cancer de l'estomac. Sa disparition intervient dans une relative indifférence médiatique, malgré la popularité considérable qu'il avait connue dans les années 1950 et 1960. Conformément à ses volontés, il est incinéré. Une partie de ses cendres est dispersée dans la baie du Mont-Saint-Michel, à proximité de Saint-Jean-le-Thomas, lieu de son enfance, et l'autre partie dans la baie d'Hammamet en Tunisie. Sa mère Arlette Lemoine fait apposer une plaque à son nom dans la chapelle du caveau familial au cimetière du Montparnasse, à Paris.
Une partie de ses cendres repose dans la chapelle du caveau familial au cimetière du Montparnasse, division 25, à Paris. Une plaque commémorative est apposée sur le mur extérieur de l'église Saint-Jean-Baptiste, dans le vieux cimetière de Saint-Jean-le-Thomas, dans la Manche.
1 - À 17 ans, engagé volontaire dans la 2e division blindée du général Leclerc, il est l'un des premiers soldats français à pénétrer dans Strasbourg en novembre 1944, alors que l'armée allemande évacue encore la ville, exploit qui lui vaut la Croix de guerre.
2 - Pour son premier film, Le Jugement de Dieu, le réalisateur Raymond Bernard l'oblige à se décolorer en blond afin d'incarner le prince Albert de Bavière, transformation racontée dans la biographie du cinéaste signée Éric Bonnefille.
3 - Polyglotte, il enregistre en 1967 une version allemande des Neiges du Kilimandjaro de Pascal Danel qui devient un grand succès commercial en Allemagne, exploit rare pour un chanteur français de l'époque.
4 - Il était le petit-cousin de Jean-René Gravereaux, fondateur du musée de la chemiserie d'Argenton-sur-Creuse, à qui il légua une grande partie de sa garde-robe, pièces signées des plus grands tailleurs et chemisiers parisiens des années 1950 à 1970.
5 - En 1981, vingt ans après sa victoire, il retourne à l'Eurovision pour représenter à nouveau le Luxembourg avec C'est peut-être pas l'Amérique, dont il co-signe les paroles avec Sophie Makhno ; il termine cette fois à la 11e place.
6 - Sur scène et à l'ORTF, il pratiquait l'imitation, reprenant les voix de Pierre Fresnay, Tino Rossi, Jean Marais, Jean Sablon ou Charles Trenet, talent peu connu du grand public.
- Métier(s) : acteur, chanteur, écrivain
- Résidence principale : Paris, avec une villa dans la baie d'Hammamet, en Tunisie
- Relations de couple : célibataire, homosexualité assumée avec discrétion
- Enfants : aucun
- Distinctions : Croix de guerre 1939-1945, Chevalier de la Légion d'honneur, Commandeur des Arts et des Lettres, prix Femina d'interprétation masculine 1959, Concours Eurovision de la chanson 1961, prix de l'académie Charles-Cros 1962