Acteur, chanteur et écrivain français né le 24 octobre 1927 à Paris et mort en 1992, Jean-Claude Pascal remporte l'Eurovision 1961 pour le Luxembourg avec Nous les amoureux, chanson aux paroles romantiques dissimulant en réalité une dénonciation de la répression des amours homosexuelles.
Jean-Claude Pascal naît dans une famille de riches industriels du textile. Sa mère, Arlette Lemoine (1908-2009), est l'arrière-petite-fille du couturier Charles Frederick Worth. Son père, Roger Villeminot, meurt l'année de sa naissance. Après sa scolarité au collège Annel de Compiègne et au lycée Janson-de-Sailly à Paris, il s'engage en 1944, à 17 ans, dans la 2e Division blindée du général Philippe Leclerc. Premier soldat français à pénétrer dans Strasbourg en novembre 1944, alors que l'armée allemande évacuait encore la ville, il reçoit la Croix de guerre en 1945. Après la Libération, il étudie brièvement à la Sorbonne avant de travailler comme modéliste-dessinateur chez Hermès, puis chez Christian Dior et Robert Piguet. Lassé du stylisme, il dessine des costumes pour Dom Juan de Molière dans une mise en scène de Louis Jouvet, puis s'inscrit au cours Simon en 1948, adoptant son nom de scène à la demande de sa famille.
Repéré par le réalisateur Raymond Bernard, il débute au cinéma en 1949 dans Le Jugement de Dieu et au théâtre dans La Dame aux camélias, aux côtés de Pierre Renoir et d'Edwige Feuillère. Les années 1950 lui permettent d'incarner séducteurs et aristocrates dans des films tels que Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry (1953) et Pêcheur d'Islande de Pierre Schoendoerffer (1959), pour lequel il obtient le prix Femina d'interprétation masculine. En 1955, il entame une carrière de chanteur avec Je voudrais, écrite par Charles Aznavour. Le 18 mars 1961, il remporte l'Eurovision à Cannes pour le Luxembourg avec Nous les amoureux, chanson de Maurice Vidalin et Jacques Datin, et reçoit l'année suivante le prix de l'académie Charles-Cros. En 1981, il représente à nouveau le Luxembourg et termine onzième avec C'est peut-être pas l'Amérique. À partir de 1983, il se consacre à l'écriture, publiant romans policiers et biographies historiques, dont La Reine maudite consacrée à Marie Stuart (1988) et L'Amant du roi sur le duc de Luynes (1991).
1927 : naissance à Paris (7e arrondissement) ; père Roger Villeminot décède dans l'année
1944 : engagement à 17 ans dans la 2e Division blindée du général Philippe Leclerc ; premier soldat français à pénétrer dans Strasbourg en novembre 1944
1945 : réception de la Croix de guerre
1948 : inscription au cours Simon ; adoption du nom de scène Jean-Claude Pascal
1949 : débuts au théâtre dans La Dame aux camélias et au cinéma dans Le Jugement de Dieu
1953 : rôle d'Axel de Fersen dans Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry
1955 : début de carrière musicale avec Je voudrais, de Charles Aznavour
1959 : prix Femina d'interprétation masculine pour Pêcheur d'Islande de Pierre Schoendoerffer
1961 : victoire au Concours Eurovision de la chanson à Cannes avec Nous les amoureux, pour le Luxembourg (31 points)
1962 : prix de l'académie Charles-Cros
1981 : deuxième participation à l'Eurovision pour le Luxembourg (C'est peut-être pas l'Amérique, 11e place sur 20)
1986 : publication de Le Beau Masque (mémoires partielles)
1988 : La Reine maudite, biographie de Marie Stuart
1991 : L'Amant du roi, biographie du duc de Luynes, favori de Louis XIII
1992 : décès à l'hôpital Beaujon de Clichy-la-Garenne, des suites d'un cancer de l'estomac
Jean-Claude Pascal est le fils de Roger Villeminot, industriel du textile décédé l'année de sa naissance, et d'Arlette Lemoine (1908-2009), arrière-petite-fille du couturier Charles Frederick Worth. Orphelin de père dès la naissance, il grandit dans un milieu aisé. Il suit sa scolarité secondaire au collège Annel de Compiègne à partir de 1938, puis au lycée Janson-de-Sailly à Paris. Après la guerre, il étudie brièvement à la Sorbonne. Célibataire toute sa vie, il n'a pas d'enfant. Il assume avec discrétion son homosexualité, à la manière de Rock Hudson aux États-Unis, que son image publique de séducteur tenait à l'écart des regards.
Jean-Claude Pascal est ami intime de l'acteur Jean Chevrier, époux de Marie Bell. Il possède une villa dans la baie d'Hammamet, en Tunisie, et réside à Paris. Élu plusieurs années de suite homme le plus élégant de France, sa garde-robe est exposée en 2004 au Musée de la chemiserie et de l'élégance masculine d'Argenton-sur-Creuse. Pour son dernier album en 1983, il collabore avec l'écrivain Gilbert Sinoué pour les textes. Son intérêt pour l'histoire le conduit à rédiger deux biographies sous l'impulsion de Philippe Erlanger : une biographie de Marie Stuart (1988) et une autre consacrée au duc de Luynes, favori de Louis XIII (1991).
Jean-Claude Pascal décède le 5 mai 1992 à l'hôpital Beaujon de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), des suites d'un cancer de l'estomac, à l'âge de 64 ans. Il est incinéré conformément à ses dernières volontés ; aucune cérémonie publique documentée ne figure dans les sources consultées. Le journal Libération publie une nécrologie le lendemain, le 6 mai 1992. Aucun hommage officiel de personnalités nommément identifiées n'est documenté dans les sources disponibles. Sa mère, Arlette Lemoine (1908-2009), lui survit de dix-sept ans et veille au maintien d'une plaque mémorielle.
Incinéré conformément à ses volontés, Jean-Claude Pascal n'a pas de sépulture unique. Une partie de ses cendres est dispersée dans la baie du mont Saint-Michel et dans la baie d'Hammamet, en Tunisie, où il possédait une villa. Une autre partie est inhumée au cimetière du Montparnasse (division 25), dans la chapelle du caveau familial, où sa mère, Arlette Lemoine, fit apposer une plaque à son nom.
1 - Pour son premier film, Le Jugement de Dieu (1949), le réalisateur Raymond Bernard l'oblige à se décolorer les cheveux en blond pour incarner le prince Albert de Bavière, transformation racontée dans la biographie du cinéaste par Éric Bonnefille.
2 - En 1967, il enregistre en allemand une reprise des Neiges du Kilimandjaro de Pascal Danel, obtenant un large succès commercial en Allemagne, exploit rare pour un chanteur de variétés français de l'époque.
3 - Lors de ses spectacles et à l'ORTF, il pratiquait l'imitation à un niveau professionnel, reproduisant les voix de Pierre Fresnay, Tino Rossi, Jean Marais, Jean Sablon et Charles Trenet, talent peu relayé dans les récits consacrés à sa carrière principale.
4 - À son premier récital à Bobino en 1961, il interprète des chansons signées de jeunes auteurs encore peu connus : Jean Ferrat, Serge Gainsbourg et Bernard Dimey, dont les carrières étaient alors en train de s'affirmer.
5 - En 1984, il enregistre un album consacré aux textes de l'homme politique et académicien Edgar Faure, collaboration atypique associant chanson de variétés et oeuvre littéraire d'un acteur majeur de la IVe République.
- Métier(s) : acteur, chanteur, écrivain
- Résidence principale : Paris (villa secondaire à Hammamet, Tunisie)
- Relations de couple : célibataire
- Enfants : aucun
- Distinctions : Croix de guerre 1939-1945, prix Femina d'interprétation masculine 1959, vainqueur du Concours Eurovision de la chanson 1961, prix de l'académie Charles-Cros 1962